14 juillet : le colonel Éric Espinal défilera aux commandes d’un hélicoptère EC145

  • Par Hélène THIN
  • Publié le 10 juillet 2025
© SIRPA-G / GND Romain CULPIN

Comme chaque année, à l’occasion de la Fête nationale, les hommes et les femmes qui œuvrent au service de la France et de leurs concitoyens seront mis à l’honneur lors du défilé militaire du 14 juillet. Parmi les 700 gendarmes qui prendront part à la parade, au sol comme dans les airs, le colonel Éric Espinal représentera les Forces aériennes de la gendarmerie nationale (FAGN) aux commandes d’un EC145. Portrait d’un militaire au parcours de haute volée.

Ce lundi 14 juillet 2025, à 11h22, débutera le défilé des hélicoptères dans le ciel parisien, sous le commandement du général de division aérienne Xavier Buisson, commandant en second du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA). Aux commandes de l’un des trois appareils des Forces aériennes de la gendarmerie nationale (FAGN) engagés sur cette séquence, se trouvera le colonel Éric Espinal, commandant en second cette unité. Moment hautement symbolique pour ce militaire, à l’heure où le pays célèbre son unité autour des valeurs fondamentales de la République. « C’est une très grande fierté !, déclare le colonel Espinal. C’est un honneur particulier que de vivre ce défilé dans la troisième dimension. C’est également l’opportunité de présenter la composante aéronautique de la gendarmerie nationale, aussi bien aux Français qu’à l’ensemble des gendarmes qui constituent l’Arme. » 

Créées en 1953, les Forces aériennes de la gendarmerie nationale réalisent chaque jour des missions essentielles à la sécurité nationale. Projection de forces d’intervention, sécurisation d’événements majeurs, recherche et observation, coopération internationale, assistance aux personnes en détresse, notamment en milieu périlleux… Ainsi engagés aux quatre coins du territoire, les 500 militaires et 56 hélicoptères qui composent les FAGN sont répartis sur trente bases métropolitaines et ultramarines.

De l’armée de Terre à la gendarmerie nationale

Originaire du sud-ouest de la France, le colonel Eric Espinal intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr à Coëtquidan (56) en 1994 (promotion commandant Morin). À sa sortie, il rejoint l’Aviation légère de l'armée de Terre (ALAT). Il devient alors pilote d’hélicoptère sur Puma, appareil employé à l’appui de nombreuses missions (transport tactique, soutien logistique ou aux populations, évacuations sanitaires…). 

En 2001, il choisit de rejoindre la Gendarmerie nationale, avec le souhait de servir l’Institution en tant qu’officier, ainsi que de valoriser ses compétences acquises par le passé.
Il prend dans un premier temps la tête de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR) de l’Aude (11), avant de rejoindre, en 2003, les Forces aériennes de la gendarmerie nationale (FAGN), autrefois nommées Formations aériennes de la gendarmerie nationale. « J’ai ainsi commandé durant trois ans la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Lyon, puis celle de Fort-de-France, pour une durée similaire. J’ai par la suite intégré le cycle d’enseignement supérieur scientifique et technique ISAÉ-SUPAERO, où j’ai suivi pendant un an un mastère spécialisé en ingénierie des hélicoptères. » 

À l’issue de cette formation, le colonel Espinal intègre l’État-major des FAGN, où il sert pendant quatre ans comme officier de programme. « J’avais notamment pour mission la réception des EC135, les nouveaux hélicoptères de l’époque. C’était il y a quinze ans. » Il prend ensuite le commandement de l’unité opérationnelle de Villacoublay. Une expérience marquée par la participation de son unité à la traque des deux assaillants de Charlie Hebdo, les frères Chérif et Saïd Kouachi. 

Cap ensuite sur le Groupement Nord de la Gendarmerie des transports aériens (GTA), sur l’aéroport Roissy - Charles de Gaulle, dont il prend le commandement. Après cette nouvelle expérience, qui étend son activité à l’aviation civile et commerciale, le colonel Espinal rejoint en 2018 l’Hexagone Balard, où il occupe un poste interarmées. En 2021, il est nommé commandant en second des FAGN.

Sens du service public et passion

« Intense et extrêmement exigeante, la fonction de commandant en second des FAGN implique un engagement total. J’ai ainsi pour mission d’accompagner le général Emmanuel Josse, commandant du Commandement des forces aériennes de la gendarmerie nationale (COMFAG) sur l’ensemble des dossiers dont il a la charge, décrit le colonel Espinal. Le commandant en second tient un rôle transverse, fortement tourné vers les ressources humaines, et sur lequel repose la bonne marche globale du COMFAG. Il a pour autre mission de représenter son chef, sur tout type d’engagement, lorsque ce dernier est absent. Plein et entier, cet engagement ne se vit pas à moitié, et donne de grandes satisfactions. » 

Parmi les engagements récents du COMFAG, l’un a été en tous points remarquable et déterminant. « Fortement impacté par la crise ayant secoué la Nouvelle-Calédonie, en 2024, l’État-major des forces aériennes et le Centre national de maintenance aéronautique de la gendarmerie (CNAMAG) sont parvenus à déployer les moyens aériens alors nécessaires, dans un délai très court et un environnement particulièrement complexe, à près de 17 000 kilomètres de la métropole, note le colonel Espinal. Cette mission illustre de belle manière le professionnalisme, l’expertise et l’engagement de nos pilotes et de nos mécaniciens. » 

Après vingt-quatre ans au sein de la Gendarmerie nationale, au service de diverses unités, le colonel Espinal retient trois choses essentielles. « Le sens du service public, auquel je suis profondément attaché, représente une valeur cardinale, commune à l’ensemble des gendarmes, souligne-t-il. La gendarmerie m’a aussi permis, en tant qu’officier, d’occuper des fonctions de commandement, auxquelles j’aspirais lorsque j’ai rejoint l’Institution. La passion, enfin, qui réunit toutes celles et ceux qui exercent un métier dans l’aéronautique. Une petite flamme brûle en chacun de nous. La force et la richesse de mon engagement résident dans ces trois fondements. »

Une chorégraphie complexe et millimétrée

C’est aux commandes de l’EC145 que le colonel Espinal représentera l’Institution lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale. Un hélicoptère polyvalent, principalement employé pour des missions de projection, notamment en montagne et en outre-mer. Ayant déjà participé par le passé au défilé du 14 juillet, aussi bien au sol (en tant que jeune officier), qu’à bord d’un hélicoptère, le colonel Espinal connaît toute la complexité de l’exercice. « Au sol ou en vol, le défilé est une grande chorégraphie, réalisée suivant un timing extrêmement précis, nécessitant une longue préparation et une intense concentration, précise-t-il. C’est un ensemble composé d’aéronefs très différents les uns des autres, se présentant à un point de passage précis, à un horaire précis et une vitesse précise. C’est ce qui donne toute l’harmonie et l’unité au défilé. L’opération est d’autant plus complexe que nous volons en patrouille serrée. »

À ses côtés se tiendra le commandant de bord, le colonel Stéphane Suire, commandant du Centre national d'instruction des forces aériennes de la gendarmerie (CNIFAG). Ce dernier sera plus spécifiquement chargé de la gestion du timing, ainsi que de la coordination avec les autres aéronefs, tandis que le pilote assurera la trajectoire, la vitesse, et la tenue de l’altitude de l’appareil.

« Nous défilerons sous l’autorité de l’armée de l’Air et de l’Espace, véritable chef d’orchestre de ce grand ensemble. C’est une grande fierté, qui se mérite ! » Le colonel Espinal se dit honoré de représenter les FAGN, « cet outil au service des autres ».  Et de conclure : « Cette très belle maison ne serait rien sans les personnels qui la composent. Leur engagement, leur sens aigu de la mission et des responsabilités sont la clé de notre réussite ».


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