Un gendarme s’engage pour ouvrir une nouvelle voie sur l’Everest

  • Par Maylis de Tarlé - BCOM RGPACA
  • Publié le 20 mars 2026
© D.R.

À l’automne prochain, l’adjudant Rémi, gendarme au sein du Peloton de gendarmerie de haute montage (PGHM) de Saint-Sauveur-sur-Tinée (Alpes-Maritimes), réalisera une expédition exceptionnelle : participer avec l’alpiniste et peintre Marc Batard, ainsi qu’une vingtaine d’autres personnes (cordistes, vidéastes, médecin…) à l’ouverture d’une nouvelle voie d’ascension de l’Everest par le versant népalais. 

Il y a maintenant une trentaine d’années, l’alpiniste et peintre Marc Batard réalisait l’ascension de  l’Everest en solitaire, sans oxygène et en moins de 24 heures. Récemment sollicité par les médias pour devenir le premier Français de plus de 70 ans à rééditer cet exploit, il décline alors la proposition, mais imagine un tout autre projet : monter une expédition et concevoir une voie plus sûre, tracée sur les pentes du Nupste, une crête rocheuse et glaciaire de l’Everest. L’idée se concrétise alors dès 2023 par trois expéditions successives de repérage, menées jusqu’en 2025 avec une équipe d’alpinistes, de cordistes et le cinéaste indépendant, Théo Livet.

Pour un Everest plus sûr

Pour l’adjudant Rémi, tout commence par un bref message, reçu lors d’une compétition d’escalade avec son fils dans la vallée de la Vésubie. Stéphane Benoît, guide de haute montagne, recherche alors un secouriste expérimenté pour les accompagner. Béarnais de naissance et montagnard dans l’âme, le militaire répond à l’appel sans hésiter. 

Car le défi est ambitieux. Câbles, barreaux, cordes fixes, spits (ou piton à expansion), perforateurs : tout le matériel nécessaire doit être acheminé à pied et par hélicoptère jusqu’au camp de base. L’objectif de l’automne 2026 est d’ouvrir la section glaciaire sommitale depuis la vallée du Khumbu, à 5 300 mètres d’altitude, jusqu’au passage situé à 6 200 mètres, pour permettre de relier le camp 1 de la voie normale. Une étape clé pour sécuriser durablement l'itinéraire.

Entré en gendarmerie en 2008, Rémi a forgé son expérience au fil des années en brigade puis au sein du Peloton de gendarmerie de haute montage (PGHM) de Saint-Sauveur-sur-Tinée , qu’il intègre en 2013. C’est précisément cet engagement, allié aux compétences d’alpiniste et de sauveteur du gendarme, qui conduit Marc Batard à le choisir pour cette mission. Quatre semaines de permissions posées, un sommet en ligne de mire et une ambition chevillée au corps : rendre l’Everest plus sûr, afin de lutter contre le risque d’accident mortel pour ceux qui, après, se lanceront à l’assaut du Toit du Monde.

Portée par l’association Montagne et Humanisme, l’expédition est également soutenue par le département des Alpes-Maritimes, ainsi que les gouvernements monégasque et népalais.

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