Jean-Claude Duris, adjudant-chef et gardien de mémoire

  • Par Lorenza Radici-Blactot (RC)
  • Publié le 25 mai 2025
Différents objets (uniformes, moto, etc.)  datant de la Seconde Guerre mondiale.
© D.R.

Depuis plus de quarante ans, l’adjudant-chef Jean-Claude Duris, aujourd’hui à la tête de la brigade de proximité de Sainte-Sévère-sur-Indre, s’évertue à préserver les traces des années 1939-1945, marquées par la Libération, les combats, les choix difficiles et les élans de courage. Un véritable devoir de mémoire !

Commandant la brigade de proximité de Sainte-Sévère-sur-Indre (36), l’adjudant-chef Jean-Claude Duris ne se contente pas d’assurer la sécurité de ses concitoyens. Depuis plus de quarante ans, il s’emploie aussi à préserver un pan essentiel de notre histoire collective : celle des années 1939-1945, marquées par la Libération, les combats, les choix difficiles et les élans de courage.

Sa vocation de collectionneur est née très tôt. À l’adolescence, il découvre un casque de la Seconde Guerre mondiale dans le grenier de ses grands-parents. Ce simple objet fait naître chez lui une passion durable pour les vestiges militaires du conflit. Aujourd’hui, il possède près de 300 casques, mais aussi des uniformes, des documents originaux, des pièces mécaniques rares et des témoignages humains inestimables.

L'ADC Duris en vareuse aux côtés d'autorités civiles et militaires lors d'une cérémonie commémorative.
© D.R

Un gendarme au service de l’Histoire

Pour Jean-Claude Duris, cette collection n’a rien d’un simple loisir. Elle s’inscrit dans un véritable devoir de mémoire. Elle est aussi, souvent, le fruit d’enquêtes et de rencontres nouées dans l’exercice de son métier. C’est ainsi qu’il a récupéré une motocyclette Terrot de 1933, autrefois en dotation à la brigade de La Châtre. Découverte lors d’une intervention chez un particulier, elle a été restaurée avec minutie par des artisans locaux. Le gendarme ne cache pas son attachement personnel : « Je me suis marié dessus. »

Un regard lucide sur la complexité de la guerre

Certains de ces objets invitent aussi à nuancer notre lecture de l’Histoire. Comme cet uniforme allemand porté par un prisonnier soviétique enrôlé dans la Wehrmacht pour échapper à la faim. Ou encore cette lettre écrite par une habitante dénonçant ses voisins pour faits de résistance, interceptée in extremis par un facteur vigilant. Autant d’objets qui rappellent que la guerre n’était pas faite que de héros, mais aussi de décisions tragiques, d’ombres et de zones grises.

Différents objets (uniformes, moto, etc.)  datant de la Seconde Guerre mondiale.
© D.R.

Une exposition pour transmettre

Toutes ces pièces, et bien d’autres, ont fait l’objet d’une exposition à Sainte-Sévère, à l’occasion du 80anniversaire de la Victoire. L’exposition, sobrement intitulée « Sainte-Sévère se souvient des années 44 et 45 », a également bénéficié de la participation des élèves du regroupement pédagogique intercommunal, qui ont réalisé l’affiche de l’événement.

Au final, environ 300 visiteurs et 280 élèves, de la maternelle à la 3e, se sont rendus sur place. Certains visiteurs, sensibles à la démarche de mémoire, ont spontanément confié des objets ou documents familiaux. Parmi ces dons récents : un couteau des Chantiers de jeunesse, des papiers des FFI et, dans un registre plus ancien, une peinture autoportrait envoyée depuis les Dardanelles par un soldat à sa mère domiciliée à La Berthenoux (36), un petit village de la circonscription. 

une peinture autoportrait envoyée depuis les Dardanelles par un soldat à sa mère domiciliée à La Berthenoux (36).
© D.R.

Des gestes précieux qui témoignent de la confiance accordée au travail de préservation engagé par l’adjudant-chef Duris. « Un hommage appuyé à tous les Berrichons (hommes et femmes), soldats et résistants, qui se sont battus courageusement, jusqu’au sacrifice ultime pour certains, contre l’oppression, pour notre liberté et pour notre drapeau ! », souligne le chef d'escadron Guillaume Fleury, commandant de la compagnie de gendarmerie départementale de La Châtre, dans l'Indre.


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