Hubert Landes, Juste parmi les Nations
- Par Brigadier-chef Cyprien Gandillon, Département de la valorisation, Service des archives et de la mémoire
- Publié le 01 mars 2026
Né en 1905, Hubert Landes devient gendarme en 1929. Pendant la Seconde guerre mondiale, il est affecté à la brigade de Vabre, dans le Tarn. Ce village, situé dans les monts de Lacaune, développe un réseau favorisant l’accueil de familles juives. Membre du réseau, Hubert Landes sauve ces dernières d’une rafle en septembre 1943.
Hubert Louis Landes naît le 4 octobre 1905 à Carmaux, ville minière du Tarn. Après avoir effectué son service militaire en 1925, Hubert Landes épouse Odyle Viguer le 28 avril 1928. Au mois de septembre suivant, il entre en gendarmerie et devient gendarme en mai 1929.
Son affection à l’issue de sa formation n’est pas connue en l’état. Cependant, au 1er septembre 1939, Hubert Landes sert à la 16e légion de gendarmerie départementale qui couvre les départements de l’Aveyron, de la Lozère et de l’Hérault.
Lors de la Drôle guerre, Hubert Landes fait partie des nombreux gendarmes ayant rejoint une prévôté. Après avoir servi dans la prévôté d’une division d’infanterie nord-africaine, il rejoint celle du Levant.
De retour en métropole, Hubert Landes est, en juin 1941, gendarme à la brigade territoriale de Cadalen, compagnie de gendarmerie du Tarn.
Vabre, une région d’accueil
Le mois suivant, il est promu maréchal des logis-chef et prend le commandement de la brigade territoriale de Vabre, à une trentaine de kilomètres de Castres. C’est à Vabre que naît sa fille Simone, le 10 novembre 1942.
Marquée par son identité protestante, qui implique une certaine défiance à l’égard des autorités en raison des persécutions consécutives à la révocation de l’édit de Nantes, la région de Vabre présente, avec les monts de Lacaune, un relief montagneux favorisant l’implantation de maquis. C’est ainsi que voit le jour le maquis de Vabre. Ce contexte local fait de Vabre un lieu d’accueil pour les Juifs.
Le réseau de Vabre et les adolescentes des Éclaireurs israélites de France
Au printemps 1942, le mouvement des Éclaireurs israélites de France accueille à Beaulieu, en Corrèze, une vingtaine de jeunes Allemandes de confession juive. Auparavant internées dans les camps de Gurs, dans les Pyrénées-Atlantique, et de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, elles parviennent à en sortir clandestinement grâce à l’Œuvre de secours aux enfants.
Les rafles de l’été 1942 accroissent l’insécurité : les adolescentes ne peuvent plus rester à Beaulieu.
Au même moment, Hubert Landes est le témoin des rafles qui touchent le village de Lacaune, à une trentaine de kilomètres de Vabre.
Marqué par ce drame, il aide alors le pasteur de Vabre, Robert Cook – nommé Juste parmi les Nations en 1990 – et Hélène Rulland, cadre des Éclaireuses unionistes, à cacher les jeunes filles de Beaulieu dans une ferme isolée. Elles y demeurent un mois en sécurité avant de pouvoir gagner la Suisse.
Cet épisode illustre bien les particularités de Vabre, qui vont servir à nouveau : isolement montagneux, soutien de la gendarmerie à travers Hubert Landes, personnes sûres.
Les familles Goldberger, Gutkind et Lazar à Vabre
Ce réseau local se montre important dans l’accueil de familles juives. Le maquis, Hubert Landes et Robert Cook cachent ainsi plusieurs d’entre elles :
- à Vabre, la famille Gutkind, originaire de Belgique : Albert et Hélène Gutkind et leurs filles Ilse et Marlyse, ainsi que leur tante Frida Weinstein ;
- à Saint-Pierre-de-Trivisy, la famille Goldberger, Emeric et Edith Golberger et leur jeune fille Yvette (lire son témoignage) ;
- et à Ferrières, la famille Lazar, Joseph et Marie Lazar et leur fils Henri.
Alors qu’une rafle est annoncée dans la nuit du 8 au 9 septembre 1943, Hubert Landes et ses hommes – les gendarmes Balmier, Bassès, Dalbin, Segonne et Toulze – vont prévenir les trois familles, ce qui les sauve de la déportation.
Hubert Landes honoré
En janvier 1945, Hubert Landes est promu adjudant et rejoint à brigade territoriale de Saint-Sulpice, dans le Tarn. Rayé des contrôles de la gendarmerie en février 1955, Hubert Landes s’installe à Saint-Sulpice. Il décède à Toulouse le 11 mars 1982.
Nommé Juste parmi les Nations en 2020, une cérémonie est organisée en son hommage à Vabre, en septembre 2021, en présence de nombreuses autorités.
La mémoire d’Hubert Landes a été honorée par la 4e compagnie – 64e promotion de l’école de gendarmerie de Tulle, sortie d’école au printemps 2025.
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