Gendarme et Résistant dans le Rhône pendant la Seconde Guerre mondiale, Louis Gueusquin a été fait Juste parmi les Nations en 2011
- Par le BRI Cyprien Gandillon, Département de la valorisation, Service des archives et de la mémoire
- Publié le 20 juillet 2025

Né en 1902 dans la Meuse, Louis Gueusquin entre en gendarmerie en 1925. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il commande la brigade de Saint-Genis-Laval, où il participe à la protection des familles Honigbaum et Szeskin. Il quitte l’Institution en 1956 au grade d’adjudant-chef. Décédé le 7 septembre 1977, Louis Gueusquin est fait Juste parmi les Nations en 2011.
Louis Marie Georges Gueusquin naît le 20 avril 1902 à Bouquemont, dans la Meuse. Cultivateur à Monthieux, dans l’Ain, il effectue son service militaire au 163e Régiment d’artillerie à pied jusqu’à la fin de l’année 1923. Au mois d’octobre de l’année suivante, il épouse Louise Valençot, à Monthieux.
Après avoir été formé à l’école de gendarmerie de Strasbourg, qu’il intègre en janvier 1925, Louis Gueusquin est affecté à la 14e Légion de gendarmerie départementale, qui couvre les départements de la Drôme, de l’Isère et du Rhône. En novembre 1932, il est promu maréchal des logis-chef.
À la fin des années 1930, Louis Gueusquin sert dans la compagnie du Rhône. Lors de la Drôle de guerre, il rejoint la prévôté du 14e Corps d’armée et recevra la médaille militaire à la fin de l’année 1940.
À la tête de la brigade de Saint-Genis-Laval, il s’engage dans la Résistance
En juin 1941, il est affecté à la brigade territoriale de Neuville-sur-Saône, dans le Rhône, en zone libre, mais il n’y restera pas longtemps. En effet, au printemps de l’année suivante, Louis Gueusquin, promu adjudant, prend le commandement de la brigade territoriale de Saint-Genis-Laval, dans les environs de Lyon.
À l’automne 1943, les familles Szeskin et Honigbaum, originaires de Paris, arrivent dans la région lyonnaise après de nombreuses péripéties : les Honigbaum à Saint-Genis-Laval et les Szeskin à Brignais.
Engagé dans la Résistance, l’adjudant Gueusquin les prévient des rafles : il fait passer l’information au couple Bouchard, boulangers à Saint-Genis-Laval, qui avertit M. Honigbaum. Ce dernier prévient alors les autres familles. L’adjudant Gueusquin leur procure des faux papiers et des actes de baptême falsifiés.
À la fin de l’année 1943, les enfants des familles sont cachés dans un couvent tandis que les parents Szeskin gagnent Lyon. Mais en mars 1944, ils doivent quitter la ville : Louis Gueusquin leur procure un refuge sûr jusqu’en juin.
Le 20 août 1944, Saint-Genis-Laval est le théâtre d’un crime de guerre : près de 120 détenus de la prison de Montluc, à Lyon, sont menés au fort de Côte Lorette, où ils sont sauvagement exécutés. Les témoignages indiquent que l’adjudant Louis Gueusquin s’est déplacé à Lyon pour rendre compte à sa hiérarchie, puis se serait rendu sur les lieux, accompagné du maire.
En mai 1948, Louis Gueusquin est muté à la brigade territoriale de Lyon-Sala en tant qu’adjudant-chef. Le militaire prendra sa retraite en 1956.
Louis Gueusquin est fait Juste parmi les Nations en 2011
Le 30 novembre 1963, il épouse Joséphine Rivaud à Sathonay-Camp. Décédé le 7 septembre 1977, Louis Gueusquin est fait Juste parmi les Nations en 2011.
Sa mémoire a été honorée à deux reprises : la promotion 2023-2024 des Cadets du Rhône porte son nom et en décembre 2024, la caserne de Saint-Genis-Laval a été baptisée « Adjudant-chef Gueusquin ».
Biographie réalisée grâce au dossier constitué par l’Institut Yad Vashem et les éléments fournis par la Section direction et information du département Gendarmerie nationale du Service historique de la Défense.
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