La qualité des intervenants, élément clé de la formation des enquêteurs

  • Par la capitaine Pénélope Grondel
  • Publié le 19 janvier 2026
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A gauche : Fédérica, carabinière affectée au CNFRI pour un an ; à droite : maître Victor Billebault, avocat en droit pénal des affaires et droit des affaires près le barreau de Paris et réserviste de la gendarmerie.

La réussite des différentes formations proposées par le Centre national de formation au renseignement et à l’investigation (CNFRI) pour aider à la lutte contre la criminalité organisée repose sur un point commun : la qualité des formateurs et des intervenants extérieurs. Les équipes pédagogiques sont composées d’instructeurs militaires issus du terrain, qui apportent leur expérience et leur volonté de transmettre leur savoir. Pour compléter les apports de la gendarmerie, le CNFRI fait appel à des experts issus du monde civil ou d’autres pays afin d’ouvrir l’horizon des stagiaires et de les sensibiliser aux différents milieux ou phénomènes qu’ils peuvent rencontrer lors de leurs enquêtes.

Maître Victor Billebault, avocat en droit pénal des affaires et droit des affaires près le barreau de Paris et réserviste de la gendarmerie, intervient dans les stages DEFI 2 et 3

Maître Billebault apporte son concours à la formation des enquêteurs de la gendarmerie depuis 2015. En 2019, il a montré son attachement à l’institution en devenant réserviste et en intégrant la task force DEFI, créée la même année par la Sous-direction de la police judiciaire (SDPJ). Les stagiaires du CNFRI peuvent faire appel aux experts de la task force dans le cadre d’enquêtes complexes pour lesquelles il leur manque des éléments de compréhension sur une matière ou sur le fonctionnement d’un milieu. Les interventions de maître Billebault pendant la formation « enquêtes complexes » ont pour objectif de donner des réflexes juridiques aux enquêteurs. Le contenu de ses cours se nourrit de ses expériences de terrain via la task force afin de s’adapter aux besoins actuels des stagiaires. Expert dans son domaine, maître Billebault contribue à renforcer la qualité des formations. Ils sont ainsi une quinzaine de réservistes spécialistes à la disposition des enquêteurs, dans des domaines comme la banque, les assurances, la fiscalité ou encore la comptabilité.

Fédérica, carabinière affectée au CNFRI pour un an, dispense un cours d’ouverture sur le phénomène des mafias italiennes pendant le stage « enquêtes complexes »

C’est la quatrième année que le CNFRI accueille un carabinier dans son équipe. À l’origine, ces derniers viennent pour se former et assister aux stages. Depuis deux ans, l’Arme des Carabiniers est mise à contribution pour expliquer aux stagiaires les fondements et l’organisation des mafias italiennes. Bien plus qu’une information, cette ouverture permet aux enquêteurs de mieux comprendre certaines mutations des réseaux criminels et même les liens entre des réseaux français et la mafia italienne, notamment à Marseille. Lutter contre la criminalité organisée, c’est connaître les phénomènes existants mais également s’ouvrir aux phénomènes voisins susceptibles de s’importer. C’est toute la richesse de l’intervention de la carabinière pendant le stage « enquêtes complexes ». C’est dans ce même objectif que l’OCLDI intervient pour présenter les mafias russophones, et que le commandant du CNFRI souhaite une ouverture également sur les cartels sud-américains. Connaître son adversaire réel et potentiel permet de ne pas se laisser surprendre et d’anticiper ses méfaits.


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