La Division des opérations, centre de gravité et bras armé de l’UNPJ

  • Par Antoine Faure
  • Publié le 14 janvier 2026
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L’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) anime, coordonne et pilote la lutte contre la criminalité organisée, grâce notamment à sa Division des opérations (D.O.), véritable centre de gravité installé au sein de la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). Présentation par son commandant, le colonel Patrick Pégeot.

Bras armé de l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) et de son commandant, la Division des opérations (D.O.) est notamment en charge de l’appui des Échelons territoriaux de commandement (ETC) dans la lutte contre la criminalité organisée, ainsi que de l’animation et de la coordination de la police judiciaire au niveau national. Elle comprend quatre départements.

Proposer des capacités supplémentaires

Le Département de l’information et des opérations (DIO) est pleinement connecté avec le Centre national des opérations (CNO) de la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) (lire encadré). « Deux personnels sont en charge de la remontée événementielle au sein même du CNO, précise le colonel Patrick Pégeot, commandant de la D.O. Les autres ont pour rôle d’évaluer les besoins des unités de recherches : ont-elles besoin d’un renfort d’enquêteurs de l’Unité nationale d’investigation (UNI, lire page 27) ? Ont-elles besoin d’experts de l’Institut de recherche criminelle (IRCGN), du Service central de renseignement criminel (SCRC) ou de l’Unité nationale cyber (UNC) ? Le commandant d’unité peut solliciter le DIO pour demander ces appuis, mais s’il ne le fait pas, c’est peut-être le DIO qui va le contacter pour lui proposer ces capacités supplémentaires auxquelles il n’a pas forcément pensé. » Le DIO va notamment s’appuyer sur les retours d’expérience (retex) réalisés dans des dossiers précédents pour déterminer ce dont les unités de recherches pourraient avoir besoin. « Auparavant, les commandants de Section de recherches (S.R.) échangeaient entre eux de manière informelle, pour partager leurs expériences, note le colonel Pégeot. Désormais, il y aura une vraie animation et coordination au niveau central. »

Déterminer des objectifs prioritaires

Le deuxième département est celui des enquêtes et objectifs prioritaires (DEOP), qui va notamment créer et animer les cellules nationales d’enquête, à la demande des Régions de gendarmerie. « L’innovation, c’est que nous ne voulons plus seulement partir des faits, mais déterminer des objectifs prioritaires. Plus de la majorité des délits sont commis par 5 à 10 % des délinquants. Plutôt que de s’intéresser à un fait commis, nous allons travailler sur ces cibles prioritaires avant qu’elles ne passent à l’acte. » Le DEOP établit la liste des principaux objectifs de niveau national et appuie les ETC dans l’identification de leurs objectifs de niveau régional ou départemental.

Appuyer les enquêtes à l’international

Le Département international (D.I.) aide les unités de recherches dans le cadre d’investigations à l’international, en les conseillant dans l’utilisation des canaux et des outils de coopération. Il traite les demandes de financements européens et de déplacements à l’étranger. Il est le point de contact des agences européennes et internationales, ainsi que des partenaires étrangers.

Intensifier les échanges entre les services de renseignement

Le dernier département est celui des informateurs et de la coordination des opérations (DICO). « Il a pour rôle de superviser les opérations complexes, comme les coups d’achat, les techniques spéciales d’enquête, et de développer le recours aux sources humaines de renseignement, décrit le chef de la D.O. L’idée derrière cette nouvelle organisation, c’est de rapprocher le renseignement et la police judiciaire, ainsi que de développer une meilleure collaboration entre les services de renseignement que sont la Sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO), qui produit un renseignement d’ordre administratif, en matière d’ordre public notamment, le SCRC et donc le DICO. Nous souhaitons intensifier les échanges entre ces services. En mettant tout le monde ensemble, sous l’autorité d’un même chef, cela favorisera cette synergie « rens / PJ ». Le but de l’UNPJ, c’est donc aussi de développer des process avec la SDAO, ainsi qu’avec le GIGN, pour mieux coordonner notre action. »

Ainsi organisée, la D.O. sera en mesure de proposer une approche globale, fondée sur les expertises et les compétences d’enquêteurs spécialisés, au sein des offices centraux, ou généralistes, au sein de l’UNI, afin de mieux lutter contre une criminalité de plus en plus protéiforme. Cette adaptation opérationnelle de la Gendarmerie nationale accompagne celle de la justice et permettra de proposer aux magistrats des stratégies d’enquête ainsi qu’un angle d’attaque ciblant le talon d’Achille des structures criminelles, comme le blanchiment des revenus issus des trafics.

Le DIO, au cœur du CNO

L’organisation du CNO, au sein de la DGGN, est calquée sur la structure type d’un état-major de l’OTAN, avec neuf bureaux (de J1 à J9). Le DIO de la D.O. est positionné au sein du CNO.

  • En lien avec le bureau J1 (effectifs), le DIO assure la génération de forces en matière de police judiciaire.
  • En lien avec le bureau J2 (renseignement), le DIO contribue aux plans de recherche de la SDAO et du SCRC ; recueille l’information judiciaire, en étant en mesure de proposer en conduite des appuis et des stratégies d’enquête ; contribue au rapprochement des faits, à la détection des phénomènes, à la judiciarisation des renseignements d’ordre public et à l’exploitation en ordre public du renseignement criminel ; diffuse l’information judiciaire.
  • En lien avec le bureau J3 (opérations), le DIO participe à la conduite des opérations en s’assurant des moyens engagés, notamment en observation-surveillance, en proposant aux ETC des appuis, en les conseillant dans la prise en compte des enquêtes complexes, en appuyant, sous l’autorité du Directeur des opérations et de l’emploi (DOE), la manœuvre PJ des ETC dans la gestion de crise et lors d’opérations importantes, et en prenant en compte les alertes-enlèvements.
  • En lien avec le bureau J5 (planification), le DIO contribue à la planification des opérations en insérant la composante P.J. dans chaque opération de la Gendarmerie nationale, par l’élaboration de directives opérationnelles, en veillant à l’exploitation du renseignement issu des procédures dans une finalité d’ordre public, en veillant à l’utilisation des techniques de renseignement administratif dans une logique pré‑judiciaire, en coordonnant l’emploi de l’observation-surveillance.

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