Rencontre avec le maréchal des logis Théo, suppléant maître de chien à la Garde républicaine

  • Par Colombe Delons
  • Publié le 02 juillet 2025
Portrait de Théo et Naskya.jpg

À tout juste 22 ans, le maréchal des logis Théo est déjà un visage familier au sein du Groupe d’intervention cynophile (GIC 75) de la Garde républicaine. Suppléant maître de chien depuis janvier 2024, ce jeune gendarme incarne l’engagement, la curiosité et la volonté d’apprendre, dans un univers où l’humain avance au rythme de son binôme canin.

Passionné d’histoire, notamment de la Seconde Guerre mondiale, Théo entre en gendarmerie à 18 ans, poussé par le goût de l’engagement et du service. Détenteur du galop 6, il se tourne d’abord vers la cavalerie, avec en tête l’idée de rejoindre les rangs équestres de la Garde. Après une sortie d’école en 2022 à Châteaulin, il est affecté à la caserne Carnot, mais son projet d’obtenir le CAPEG (Certificat aptitude de la pratique équestre en gendarmerie) n’aboutit pas. Il se réoriente alors vers l’infanterie au sein du quartier Kellermann, avant de bifurquer vers la cynotechnie.

« Ce n’était mon choix initial, confie-t-il, mais j’ai retrouvé avec les chiens ce lien que j’aimais avec les chevaux : une complicité, un échange. » Curieux, il se rapproche des équipes cynophiles pour mieux comprendre ce métier. Séduit, il suit la formation de suppléant maître de chien à Gramat en janvier 2024. Un mois intense mêlant cours théoriques, évaluations et mises en situation pratiques (conduite en laisse, pose du collier, mise en condition du binôme).

Un travail en trinôme

Aujourd’hui, Théo est suppléant de la gendarme Sandra, maître de Naskya, une malinoise de quatre ans recueillie par la gendarmerie à l’âge d’un an auprès d’une association. Spécialisée dans la recherche d’explosifs traditionnels et en Recherche d’explosifs sur personne en mouvement (REXPEMO), cette équipe est affectée au GIC 75, rattaché à la 6e compagnie du 2e régiment d’infanterie de la Garde.

Ecusson du GIC 75.jpg

Le rôle de suppléant demande rigueur, anticipation et discrétion. « Naskya est très intelligente, il faut sans cesse la surprendre et la stimuler. Ça me pousse à me remettre en question constamment. Au début, ce n’était pas simple. Il faut apprendre à lire le chien, à prédire ses réactions. » 

En mission, Théo assure la sécurité du binôme : il peut gérer Naskya seul quand le maître-chien doit, par exemple, recueillir des renseignements sur le terrain. Il sécurise également les lieux en amont du passage de Naskya, par exemple en s'assurant qu'il n'y ait pas d'objets dangereux dans une voiture.

À l’entraînement, il élabore les cachettes. « Le plus difficile, c’est de bien les préparer, note Théo. Il faut se mettre à la place du chien, anticiper sa réaction. » Puis, pendant les séances il devient observateur, guide le maître-chien, ajuste les méthodes et apporte un retour constructif.

Mais son travail ne s’arrête pas là. Entre deux interventions ou entraînements, Théo veille au bien-être de Naskya : sorties quotidiennes, surveillance de son état de santé, exercices physiques indispensables à son équilibre.

Naskya récompensée par sa maitresse en fin d'exercice (1).jpg

Des missions hors normes

L’été 2024 restera un moment fort dans la carrière de Théo, marqué par deux missions d'envergure.
D’abord, Roland-Garros, où il intervient sur le stade, les vestiaires, les gradins, les loges VIP et participe au déminage du village du tournoi. « Étant issu d’une famille passionnée de tennis, sécuriser cet immense stade en tant que gendarme a été inoubliable », confie-t-il.

Quelques semaines plus tard, place aux Jeux olympiques, avec une mission au village olympique, au Trocadéro et sur d’autres sites emblématiques. « J’ai eu la chance de voir les appartements des athlètes, d’avoir un accès privilégié aux coulisses de l’événement. C’était extraordinaire. » 

Admis au concours de sous-officier, Théo est en attente de convocation en école. Son souhait pour la suite ? Rejoindre dans un premier temps un Escadron de gendarmerie mobile (EGM), avant de revenir vers la cynotechnie, cette fois en tant que maître de chien. « Le poste de suppléant m’a permis de découvrir cette spécialité de l’intérieur. Ça m’a donné envie d’aller plus loin. »


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