Rencontre avec Alexandre Robert, lauréat du 6e Prix du polar de la Gendarmerie nationale

  • Par Antoine Faure
  • Publié le 19 avril 2026
© GEND/SIRPA/ADJ C. HAUTIER

Lundi 16 mars 2026, lors d’une cérémonie organisée au siège du commandement de la Garde républicaine, à Paris, Alexandre Robert a reçu le Prix du Polar de la Gendarmerie nationale pour son roman Ceux d’en bas. Rencontre avec un auteur qui est aussi un scientifique et un pianiste qui préfère les guitaristes.

Biologiste et professeur d’écologie au Muséum national d’histoire naturelle, Alexandre Robert est spécialisé dans les espèces menacées. « Pourquoi et comment elles s’éteignent, et ce qu’il faudrait faire pour l’éviter », résume-t-il. S’il n’avait été scientifique, il aurait voulu être rock star. « Je joue du piano, mais j’ai une admiration pour les guitaristes. L’énergie qu’on peut recevoir en écoutant un solo de guitare, que ce soit dans le blues, le rock, le hard rock, me fascine. Quand j’écoute de la musique, je ne fais que ça. Ce n’est pas une ambiance. Et quand j’écris, c’est toujours en silence. »

Alexandre a commencé à écrire lorsqu’il était en thèse de doctorat. « Je jetais des idées sur un petit cahier pour ne pas les oublier, et puis un jour, j’ai entamé quelque chose qui a grossi, que je n’ai jamais réellement terminé, le premier tome d’une trilogie, voire d’une tétralogie. Un projet immense que j’étais incapable de finir en tout cas. Il y a 6 ou 7 ans, je me suis dit qu’il fallait passer à autre chose, un texte plus court, moins ambitieux, pour essayer de le publier et faire en sorte que des gens le lisent ! »

En 2023, il sort un premier livre jeunesse, L’Altus, thriller fantastique dont les héros sont quatre adolescents, puis s’attelle à l’écriture du suivant, intitulé Ceux d’en bas. L’intrigue se déroule dans un petit village isolé en montagne, au fond d’une vallée. Un riche industriel est sauvagement assassiné. On suit alors deux enquêtes parallèles, celle de deux gendarmes obstinés et celle de deux enfants, la fille de la victime et le fils du principal suspect. « Je l’avais imaginé au départ comme un livre jeunesse, mais mon éditeur m’a dit que c’était plutôt un polar pour adultes. Je me suis donc tourné vers d’autres éditeurs. »

« Un Prix qui n’a pas de prix ! »

Les Éditions Plon le contactent pour lui annoncer que le manuscrit allait être inscrit au concours du Prix du polar de la Gendarmerie nationale, qui récompense un roman dans lequel la Gendarmerie nationale joue un rôle prépondérant. « Je ne suis pas sûr que ce soit réellement un polar, même s’il est vrai que je voulais écrire une intrigue avec une mécanique de polar, note-t-il. Mais j’étais évidemment très heureux de savoir que le livre allait être lu par un jury composé d’auteurs, de journalistes, de gendarmes… Quand j’ai commencé l’écriture, je ne connaissais pas bien la gendarmerie. Ce qui m’intéressait surtout, c’était que les enquêteurs fassent partie de cette communauté un peu isolée, rurale. Je me suis beaucoup documenté sur la gendarmerie de l’après-guerre, puisque l’histoire se déroule quelques années après la fin de la deuxième Guerre mondiale. Je me suis renseigné sur les tenues, les équipements, les moyens de communication, les techniques d’enquête avant les empreintes digitales et les prélèvements ADN. »

Si Alexandre, en sa qualité de chercheur, lit évidemment beaucoup de publications à caractère scientifique, ses goûts éclectiques comprennent également des biographies, d’explorateurs, de musiciens, mais aussi des romans de tous les genres. « Je suis passionné par les récits qui m’emmènent dans des zones que je n’imaginais pas au début de l’histoire. J’aime Zola, Hugo, Steinbeck, King, mais aussi Pagnol. Les deux enfants ont la part belle dans Ceux d’en bas, et la manière d’écrire à hauteur d’enfant de Pagnol dans ses souvenirs de jeunesse, le regard que les enfants posent sur les actes des adultes, m’a beaucoup influencé. »

Lundi 16 mars 2026, lors d’une cérémonie organisée au siège du commandement de la Garde républicaine, à Paris, le général d’armée Hubert Bonneau, Directeur général de la Gendarmerie nationale, lui a remis le Prix du polar de la Gendarmerie nationale, en présence de Jean-Luc Barré, président des Éditions Plon qui publient donc le livre. « Cela m’a fait très plaisir évidement, c’est une belle reconnaissance, et j’étais très impressionné ! Le plus beau cadeau qu’on peut faire à un auteur inconnu comme moi, c’est de le publier. C’est un Prix qui n’a pas de prix ! Et cette récompense, c’est aussi un moyen de faire parler du livre. C’est un atout formidable. »

Alexandre est déjà tourné vers la suite. « J’ai commencé un autre roman avec les mêmes personnages, y compris les deux gendarmes, mais qui se déroule ni avant, ni pendant, ni après, décrit-il de manière un peu énigmatique. Et à plus long terme, j’aimerais terminer ma trilogie ! »

SIRPA-G / Lucas LE BORGNE

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