Ancien rugbyman de légende, devenu artiste de renommée internationale, Jean-Pierre Rives crée une sculpture en hommage aux blessés de la gendarmerie nationale
- Par Hélène THIN
- Publié le 22 novembre 2024

Ce mardi 19 novembre 2024, une sculpture en hommage aux blessés de l’Arme, signée Jean-Pierre Rives, était inaugurée à l’École de gendarmerie de Dijon (Côte-d’Or). Portrait d’un artiste patriote et généreux.
C’est un homme authentique et chaleureux qui nous a reçus, le 17 octobre 2024, dans sa demeure varoise, située sur la commune de Grimaud (83). C’est ici, au cœur du golfe de Saint-Tropez, que réside et crée Jean-Pierre Rives.
Ancien joueur de rugby de renommée internationale, il est aujourd’hui peintre et sculpteur de talent, dont les œuvres s’exposent aux quatre coins du monde.
Né le 31 décembre 1952, à Toulouse, en Haute-Garonne (31), Jean-Pierre Rives embrasse une carrière de joueur de rugby à XV alors qu’il entre dans l’âge adulte. Il fait ses débuts au TOEC (Toulouse Olympique Employés Club) en 1975, avant de rallier le Stade toulousain, en 1984. Il remporte alors deux titres de champion de France, en 1985, puis 1986. Promu capitaine de l'équipe de France de rugby à XV en 1981, il participe à trois coupes du Monde. Au cours de sa carrière sportive, il remporte également deux grands chelems (1977 et 1981).
Élu meilleur joueur de rugby français à trois reprises (1977, 1979 et 1981), il fait aussi preuve de qualités fédératrices et d’un courage hors normes sur le terrain. Véritable meneur d’hommes, arborant une imposante chevelure blonde, il est ainsi surnommé « casque d’or » par le journaliste et commentateur d’Antenne 2 Roger Couderc. Après une dizaine d’années, et cinquante-neuf sélections internationales, Jean-Pierre Rives raccroche les crampons. Une nouvelle page de sa vie s’ouvre alors.
Un artiste engagé
Mû par sa passion pour l’art, qui l’habite depuis son plus jeune âge, l’ancien rugbyman se tourne vers la sculpture. Il fait alors une rencontre décisive. Celle avec le sculpteur français Albert Féraud. « Cette rencontre a été pour moi une révélation. Je suis né une deuxième fois ce jour-là, confie-t-il. Albert a été un maître fantastique. Il m’a tout appris, je lui dois tout. »
La reconversion de Jean-Pierre Rives sera bientôt couronnée de succès. Tour à tour peintre et sculpteur, il se révèle aux yeux de tous comme un artiste à part entière. Il réinterprète alors les motifs, les styles, les éléments et les idées de la culture populaire des années cinquante, passant du brutalisme – style architectural inspiré du mouvement moderne, dont la popularité culmine entre 1950 et 1970 – à l’abstraction géométrique. Il se passionne pour les sculptures monumentales en IPN (poutrelles en acier laminées à chaud), qui lui permettent d’exprimer son génie artistique. Ses œuvres, aussi originales qu’énigmatiques, faites de courbures et d’entrelacs d’acier, s’exposent à travers le monde. Du Stade de France aux jardins du Luxembourg, à Paris, en passant par New-York (Central Park), Sydney ou encore Dubaï, ses sculptures originales contribuent au rayonnement de la France par-delà les frontières. Présentes dans des musées comme dans l’espace public, elles se dévoilent ainsi au plus grand nombre. Se destinant aux amateurs et aux collectionneurs d’art, autant qu’à un public plus populaire, les œuvres de Jean-Pierre Rives balayent un spectre hétéroclite.
Au-delà du peintre et du sculpteur mondialement reconnus, Jean-Pierre Rives est profondément habité par des valeurs patriotiques, ainsi qu’en témoigne une partie de son œuvre, célébrant la grandeur de la France et l’héroïsme des soldats tombés sur le champ de bataille.
« En tant que fils de militaire, je suis fortement imprégné par les valeurs de l’Armée. La militarité fait en quelque sorte partie de mon identité », estime-t-il.
En témoigne son amitié avec le lieutenant-colonel de gendarmerie Jean-Pierre Maurat, ancien de l’Arme aujourd’hui chargé de la gestion de sa carrière artistique.
Artiste mémoriel, Jean-Pierre Rives est également un homme engagé. En 2023, il soutient ainsi la Fondation Albert Ferrasse, œuvrant en faveur des grands blessés du rugby, ainsi que Le colosse aux pieds d’argile, association d’aide aux victimes de violences sexuelles et de harcèlement en milieu sportif.
Soucieux de transmettre des messages au travers de son art, il choisit naturellement de faire don de l’une de ses œuvres à la Fondation maison de la gendarmerie (FMG), en hommage aux blessés de l’Arme.
« Un signal pour rappeler au plus grand nombre que des gens ont souffert pour protéger la Nation »
Imposante sculpture de style abstrait, l’œuvre signée Jean-Pierre Rives a été installée à l’École de gendarmerie de Dijon, dans un espace mémoriel de 200 m², spécialement aménagé à cet effet.
Offert par la Fondation maison de la gendarmerie (FMG), à l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire, ce monument dédié aux blessés de la gendarmerie, baptisé « Reconnaissance et résilience », est le premier en France.
Son inauguration s’est déroulée ce mardi 19 novembre 2024, à l’occasion d’une cérémonie présidée par le Major général de la gendarmerie nationale (MGGN), le général de corps d’armée André Petillot, en présence de nombreuses autorités civiles et militaires, ainsi que de vingt-sept gendarmes blessés ayant pris part à l’événement.
« Je suis très fier et honoré d’offrir cette œuvre mémorielle, construite à la gloire des blessés de la gendarmerie. C’est un signal, pour rappeler au plus grand nombre que des gens ont souffert pour protéger la Nation », a déclaré l’artiste.
Chaque année, plus de 9 600 gendarmes engagés au service de la sécurité du pays et de leurs concitoyens sont ainsi blessés en service, dont 4 500 au cours d’opérations. Pour ces militaires, touchés dans leur chair ou dans leur âme, le chemin est parfois long et sinueux. Présente à leurs côtés tout au long du parcours, la gendarmerie, appuyée par la FMG, s’emploie à protéger ceux qui protègent, grâce à un dispositif et à une organisation éprouvés.
Fabriquée à Cogolin (83), dans l’atelier de Jean-Pierre Rives, la sculpture révèle une imposante forme hexagonale et tortueuse, faite de rubans métalliques enchevêtrés. Deux d’entre eux s’échappent pour s’élancer vers le ciel. « La flamme institutionnelle ainsi schématisée représente la gendarmerie dans son ensemble, disposant en son sein de parcours multiples, parfois ralentis ou stoppés par la blessure », observent les membres du Groupe de marque. Acteur clé de ce projet, lancé en 2022 à l’initiative de la FMG, ce groupe se compose de blessés rattachés à l’école de gendarmerie de Dijon, de représentants de la Direction générale de la gendarmerie nationale, ainsi que de la Fondation maison de la gendarmerie.
Cette sculpture témoigne également de l’inclusion et du soutien pérennes des victimes au sein de l’Institution. « C’est la flamme de la solidarité qui permet au blessé de rester debout après s’être relevé », a exprimé l’un des blessés face à cette œuvre.
Construite dans un métal solide et rouillé, cette œuvre a été pensée pour traverser les années, s’adressant ainsi à plusieurs générations de gendarmes.
« La patine rouillée est aussi un symbole, a déclaré un autre blessé. Un monument trop rutilant est trop visible. Le blessé ne l’est pas et ne veut pas l’être aux yeux des autres. La rouille me fait penser à mon vieux corps rouillé par les séquelles. »
Et l’un de ses camarades, présent lors de la cérémonie d’inauguration, d’ajouter « qu’il est important que la mémoire des blessés soit enfin reconnue, au même titre que celle des militaires morts pour la Nation. »
Côte-d’Or : inauguration du premier monument national en hommage aux blessés de la gendarmerie
Ce mardi 19 novembre 2024, une sculpture érigée en hommage aux blessés de l’Arme, signée Jean-Pierre Rives, était inaugurée à l’école...
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