5e Prix du Roman de la Gendarmerie nationale : le jury a délibéré !

  • Par Antoine Faure
  • Publié le 15 novembre 2024
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Le jury de la 5e édition du Prix du Roman de la Gendarmerie nationale s’est réuni, ce jeudi 14 novembre 2024, au siège de l’état-major de la Garde républicaine, quartier des Célestins, à Paris, pour désigner le lauréat qui sera rendu public en mars 2025. Rencontre avec plusieurs membres juste avant l’heure du choix.

Les membres du jury du Prix du Roman de la Gendarmerie nationale se sont réunis, jeudi 14 novembre 2024, au quartier des Célestins, à Paris. Leur mission ? Choisir le lauréat de la 5e édition, qui aura l’honneur de voir son ouvrage publié par les Éditions Plon, partenaire de la Gendarmerie depuis le lancement de ce Prix, qui s’inscrit chaque année davantage dans le paysage littéraire.

Deux manuscrits, sélectionnés par Plon, étaient en lice : deux textes de fiction – deux polars en l’occurrence – qui, comme il est de rigueur pour participer, mettent en scène des gendarmes et qui ont été lus par le jury « à l’aveugle », sans que personne en connaisse les auteurs.

Le jury était co-présidé par le général d’armée Bruno Jockers, Inspecteur général des armées – Gendarmerie (IGAG), qui représentait le Directeur général de la gendarmerie nationale, et par le Directeur éditorial de Plon, Grégory Berthier-Saudrais. « J’aime cette idée d’associer gendarmerie et roman, remarque le général Jockers, car cela rappelle que notre métier de gendarme est un vrai roman ! Il est fait d’inattendu et de rencontres, tourné vers la population et la société. La Gendarmerie est la force de sécurité inscrite dans le patrimoine et la culture de notre pays, et le roman est un magnifique vecteur pour la faire connaître. »

Quelques minutes avant que les membres du jury ne s’enferment pendant deux heures dans la salle Napoléon pour faire leur choix, nous avons pu échanger avec certains d’entre eux.

« Des textes très documentés dans lesquels on sent le réel, le quotidien »

Présent depuis le début de l’aventure, le romancier Maxime Chattam, auteur de thrillers à succès, est devenu au fil des ans l’un des meilleurs porte-parole de ce Prix. « J’ai le sentiment de faire quelque chose de légitime en venant ainsi parler de littérature au sein de la gendarmerie, mettre en valeur ce que j’aime et ce que je sais faire, à savoir lire et écrire, et ce, au service d’une institution qui fait sens pour moi, étant donné ce que j’écris et mes valeurs personnelles. »

Le Prix du Roman de la Gendarmerie, en offrant la chance à un auteur d’être publié pour la première fois, lui met le pied à l’étrier, expression de circonstance dans les écuries des Célestins, où les réponses de Maxime Chattam à nos questions sont ponctuées d’ébrouements. « J’aide du mieux que je peux. La concurrence est rude aujourd’hui pour la lecture, qui demande une concentration plus profonde que les écrans. Ce n’est pas facile d’être édité, encore plus pour l’auteur d’un premier roman. Alors, pour un romancier déjà installé comme moi, qui a eu cette chance, c’est un rôle essentiel que de pouvoir contribuer à faire connaître un auteur. Il ne faut pas croire que les écrivains sont en concurrence entre eux, bien au contraire. Il y a de la place pour tout le monde ! »

Ce Prix est aussi, bien sûr, un moyen pour la Gendarmerie de communiquer sur ses missions, ses métiers, son savoir-faire éprouvé en matière de police judiciaire, son expertise reconnue dans le domaine cyber. « Quand j’ai mis mon nez, il y a une quinzaine d’années, dans ce qu’était la Gendarmerie, j’ai été surpris par le décalage entre l’image que j’en avais et le panel de métiers et de services qui constituait la réalité, poursuit l’auteur. C’est aussi cette richesse que j’ai voulu faire découvrir dans mes romans, et ce Prix peut y contribuer également. »

L’écrivain a beaucoup aimé les deux textes soumis à son jugement. « Deux enquêtes du point de vue d’un gendarme, des textes très documentés dans lesquels on sent le réel, le quotidien. Je ne serais pas étonné si j’apprenais que les auteurs sont ou ont été gendarmes ! J’ai des convictions quand il s’agit de littérature et je ne souhaite pas transiger, parce que ce Prix doit être qualitatif, pour sa valeur et sa pérennité. Je défendrai ma position ardemment pendant les délibérations, mais j’ai le sens du collectif ! »

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  • Délibérations du jury du Prix du roman de la gendarmerie nationale, jeudi 14 novembre 2024.
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  • Délibérations du jury du Prix du roman de la gendarmerie nationale, jeudi 14 novembre 2024.
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« On entre vraiment dans la psyché et l’humanité des gendarmes »

Autre pilier du Prix depuis le début, l’essayiste et expert en sécurité intérieure Éric Delbecque a, lui aussi, apprécié ses lectures. « Je les ai lus vite, ce qui est déjà un gage de qualité ! Les conditions du Prix permettent de découvrir des histoires proches de la vérité du terrain, qui explorent des territoires et mettent en avant le travail des gendarmes. »

Ce label de réalisme, qui fait aussi la valeur du Prix du Roman, est également dû à la présence dans le jury de plusieurs gendarmes de grades différents. Sur le pont pour la seconde année, la lieutenante-colonelle Marie Sachot, commandante de la Compagnie de gendarmerie départementale (CGD) de Chambéry, fait partie de ce contingent. « Je suis une grande lectrice, notamment de polars. Parfois, je prends des notes quand je lis une incongruité dans le domaine que je connais le mieux. Les deux ouvrages sont des polars assez classiques, mais de très bonne qualité, qui sont crédibles sur notre organisation et nos méthodes. Je donnerai mon avis, j’expliquerai mon choix avec des arguments. Il y a aussi dans ce jury des professionnels de l’édition qui ont forcément un regard aguerri pour apprécier la qualité d’une œuvre littéraire. »

Présente pour la troisième année consécutive, la sociologue Amélie Myriam Chelly, spécialiste de l’Iran et de l’islamisme, affirme avoir trouvé les textes « excellents, et qui donnent une image de la Gendarmerie très différente des actualités. On entre vraiment dans la psyché et l’humanité des gendarmes. C’est l’année où je suis la plus enthousiaste ! »

Nouveau venu dans le jury, l’écrivain Christian Authier reconnaît avoir été « surpris par la qualité d’écriture et de construction des manuscrits, qui auraient vocation à être publiés tous les deux. C’était un plaisir de les découvrir sans aucun a priori sur l’auteur, son parcours professionnel ou son passé littéraire. »

L’essayiste Nicolas Arpagian, spécialiste de cybersécurité, confirme : « Nous sommes un peu comme des œnologues qui font une dégustation à l’aveugle ! C’est une découverte très stimulante. Chacun a forcément une préférence, parce qu’à un moment on entre davantage dans une des histoires, on s’attache un peu plus à tel ou tel personnage. Je prends beaucoup de notes, j’arrive ici avec des arguments… Nous remplissons ce rôle très sérieusement, parce que nous savons qu’écrire un roman, c’est un engagement, c’est du temps que l’on prend sur autre chose, sur ses loisirs, ses amis, sa famille, son travail… Ces deux manuscrits sont très aboutis et méritent toute notre considération. »

Le jury s’est séparé sur les coups de 14 heures, après avoir désigné le futur lauréat. Le suspense prendra fin en mars 2025.


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