Provence-Alpes-Côte d’Azur : un contrôle routier de l’EDCF du Vaucluse conduit au démantèlement d'un réseau de fraude sociale et de blanchiment
- Par la rédaction du site Gendinfo
- Publié le 11 février 2026
Une opération d'envergure menée le lundi 9 février 2026 par les gendarmes de la Région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d’Azur (RGPACA), sous la direction du parquet de Draguignan, a permis le démantèlement d’un réseau de fraude sociale et de blanchiment d'argent. Le préjudice global causé aux services fiscaux, à l’URSSAF et à la CAF est estimé à près de 1,8 million d’euros.
Le 14 juin 2025, sur l'autoroute A7 à hauteur d’Avignon, l’Équipe rapide d’intervention (ERI) de l’Escadron départemental de contrôle des flux (EDCF) du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) du Vaucluse intercepte une Ferrari Portofino circulant à 247 km/h. Le conducteur, sans domicile fixe, prétend initialement que le véhicule d'une valeur de 210 000 euros appartient à sa mère. Son permis lui est aussitôt retiré et le véhicule mis en fourrière.
Le parquet d’Avignon confie l’enquête en co-saisine à l’EDCF du Vaucluse et à l’URSSAF de Provence-alpes-Côte d’Azur, qui vont travailler en partenariat avec la Direction générale des finances publiques (DGFiP) du Vaucluse. Les vérifications révèlent que le véhicule appartient en réalité à une SCI familiale, gérée par l’auteur de l’excès de vitesse et associant sa mère, son frère et sa sœur, tous domiciliés dans le Var. Cette découverte déclenche une enquête approfondie sur le train de vie et les revenus de cette famille.
Le parquet d’Avignon se dessaisit au profit de celui de Draguignan qui confie la poursuite de l’enquête en co-saisine à la Section de recherches détachement (SRD) de Fréjus, à l’EDCF du Vaucluse et à l’URSSAF. Celle-ci révèle un montage financier sophistiqué. L’analyse des comptes bancaires permet de constater des flux financiers considérables liés à une activité commerciale de couverture non déclarée : plus de 1 600 000 euros de revenus perçus sur plusieurs années.
Le train de vie des protagonistes, marqué par des achats dans des enseignes de luxe et des voyages dans des lieux huppés, contrastait fortement avec leurs situations administrative et fiscale déclarées.
Sur réquisition du Parquet, les Juges de la détention et des libertés du tribunal de Draguignan autorisaient la mise en place de techniques spéciales d’enquête et la saisie d’éléments du patrimoine des mis en cause.
Quatre individus interpelés dans le Var et en Seine-Saint-Denis
Le 9 février 2026 au matin, 50 militaires de la section de recherches PACA, des compagnies de Draguignan, Gassin Saint-Tropez et Hyères, ainsi que de l’EDCF du Vaucluse, appuyés par les services de l'URSSAF, ont été mobilisés sur les communes de Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, mais également à Montfermeil (93), où des gendarmes de l’EDCF du Vaucluse, appuyés par un Peloton d’intervention de l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 26/1 de Maisons-Alfort et une équipe du Groupe d’investigations cynophile (GIC) de Melun, ont procédé à une interpellation.
Cette opération a conduit à l’interpellation des quatre principaux mis en cause lesquels ont été placés en garde à vue pour travail dissimulé, blanchiment aggravé, abus de biens sociaux et escroqueries à la CAF. À l’issue de cette mesure, ils ont fait l’objet de poursuites devant le tribunal correctionnel de Draguignan, devant lequel ils sont convoqués le 27 octobre 2026, soit seulement 14 mois après le contrôle routier, cela illustrant la célérité des phases d’enquête comme de poursuites et l’excellente coopération entre la gendarmerie, la CAF, l’URSSAF, la DGFiP et le parquet développée au sein du Comité départemental anti-fraude du Var (CODAF 83).
Les perquisitions ont permis de découvrir et de saisir : près de 13 000 euros en espèces, trois véhicules d'une valeur totale de 65 000 euros, près de 67 000 euros sur des comptes bancaires, des objets et produits de luxe (bijoux, montres, chaussures, maroquinerie) représentant une valeur estimée à plus de 170 000 euros, des biens immobiliers estimés à plus de 600 000 euros, une carabine 22 LR et un fusil à pompe avec munitions.
Cette affaire montre toute l’importance de la mission de contrôle des flux par les gendarmes spécialisés dans ce domaine, qui conduit de plus en plus fréquemment à des enquêtes liées à du trafic de stupéfiants, de la fraude, du blanchiment, voire à de la criminalité organisée.
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