Plusieurs millions d’euros d’avoirs criminels saisis par la S.R. de Montpellier dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée
- Par la rédaction Gendinfo
- Publié le 15 juin 2026
Dans le cadre d’une enquête confiée à la Section de recherches (S.R.) de Montpellier, la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Marseille a ordonné, le 9 juin 2026, le déclenchement d’une opération judiciaire visant à démanteler un réseau de blanchiment en bande organisée. Sur treize interpellations réalisées, cinq individus ont été mis en examen à l’issue des garde-à-vue, et d’importantes saisies ont eu lieu lors des perquisitions.
Au printemps 2024, un contrôle fiscal était mené par la direction spécialisée de contrôle fiscal (DIRCOFI) de l’Occitanie sur une entreprise dont le siège social était situé en périphérie de Narbonne (11). Lors de ce contrôle, les agents découvraient de fausses factures de prestation et de vente, ainsi que des déclarations minorées de la TVA et de l’impôt sur les sociétés et l’émission de fausses factures de prestations et de ventes.
Informé des faits, le parquet de Narbonne a ouvert une enquête préliminaire le 25 mars 2025 et saisi la S.R. de Montpellier. Les premières investigations ont permis de rapprocher cette enquête d’une autre procédure de blanchiment d’argent initiée par la JIRS de Marseille. Les deux dossiers ont alors été fusionnés. Le 12 décembre 2025, une information judiciaire est ouverte et un groupe de travail est constitué avec les gendarmes de la S.R. de Montpellier ainsi que ceux des groupements de gendarmerie départementale de l’Hérault (34), de l’Aude (11) et des Pyrénées-Orientales (66).
À l’issue d’un travail d’investigation approfondi, les enquêteurs ont mis au jour une organisation complexe de blanchiment d’argent, structurée autour de plusieurs sociétés du bâtiment et travaux publics (BTP) disposant d’une activité économique réelle et générant un chiffre d’affaires conséquent. Ces sociétés exerçaient principalement dans les secteurs de Perpignan, Narbonne et Béziers. Les investigations ont également démontré que ces sociétés étaient connectées à 7 sociétés dites « taxi », gérées par des prête-noms. Ces structures, créées puis rapidement fermées ou abandonnées, avaient pour vocation de faire transiter des fonds afin d’en masquer l’origine et la destination par l’émission de fausses factures, de virements sans véritables prestations avant de redistribuer l’argent vers d’autres comptes.
Les flux financiers transitant par ces sociétés provenaient à la fois des revenus licites générés par l’activité du BTP et de fonds d’origine frauduleuse issus du trafic de stupéfiants, du travail dissimulé et du trafic de véhicules. Les sommes ainsi blanchies étaient ensuite réinvesties dans l’acquisition de biens immobiliers et mobiliers ou transférées à l’étranger.
Le 9 juin 2026, la JIRS de Marseille a ordonné le déclenchement d’une opération de police judiciaire visant à démanteler ce réseau de blanchiment. Treize individus ont été interpellés et placés en garde à vue. Les perquisitions réalisées ont permis la saisie, à ce stade, de près de 2.7 millions d’euros sur des comptes bancaires, de 14 véhicules haut de gamme, d’un bateau, d’or et de bijoux. Déférés le 12 juin 2026 devant un juge d’instruction, cinq individus ont été mis en examen des chefs notamment de blanchiment en bande organisée, abus de biens sociaux et recel d’abus de biens sociaux. Ils étaient placés sous contrôle judiciaire. Le parquet, qui avait sollicité le placement en détention provisoire, interjetait appel pour deux d’entre eux.
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