Les gendarmes de Polynésie française mettent fin à de graves atteintes à l'environnement dans la vallée de la Punaru'u
- Par la rédaction du site Gendinfo
- Publié le 22 janvier 2026
Les 14 et 15 janvier 2026, une opération judiciaire d'envergure, déclenchée sur instruction du parquet de Papeete, a permis aux enquêteurs de l'antenne de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) et du Groupe interministériel de recherches (GIR) gendarmerie de Papeete, appuyés par les militaires de la Compagnie de gendarmerie départementale (CGD) des Îles du Vent-Faaa et de la Brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA) de Tahiti-Faaa, d'interpeller et de placer en garde à vue huit personnes, dans le cadre d’un dossier de traitement illicite de déchets dans la vallée de la Punaru'u.
Après la réception de plaintes et de signalements dénonçant des atteintes graves à l'environnement susceptibles d’être commises dans la vallée de la Punaru'u, en Polynésie française, le parquet de Papeete avait ouvert, en octobre 2023, une enquête judiciaire confiée en co-saisine à l’antenne de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) et au Groupe interministériel de recherches (GIR) gendarmerie de Papeete.
Dans une première phase de l'enquête, deux personnes avaient été identifiées comme ayant exploité un centre d'enfouissement de déchets sans autorisation administrative et dans des conditions entraînant des pollutions significatives du milieu naturel.
Le 27 mars 2024, une première opération judiciaire avait été menée, et les deux mis en cause placés en garde à vue. Les auditions et les investigations avaient permis d'identifier formellement 684 clients de cette décharge illicite et polluante, pour l'essentiel des entreprises du BTP, de tracer 101 413 m3 de déchets enfouis de toutes catégories (soit l'équivalent de 40 piscines olympiques), ainsi que 124 véhicules hors d'usage enfouis sans mesure de protection, et d’évaluer a minima à 260 millions de francs pacifiques, soit 2 180 110 euros, le bénéfice tiré de l'exploitation de ces sites.
Une seconde phase d'enquête a permis d'identifier les six entreprises clientes les plus impliquées, susceptibles d’avoir utilisé, en connaissance de cause, cette filière de traitement illicite, et de chiffrer de façon précise le bénéfice tiré de son utilisation au détriment des filières autorisées plus onéreuses.
197 millions de francs pacifiques saisis
Les 14 et 15 janvier 2026, une seconde opération judiciaire d'envergure a été déclenchée sur instruction du parquet de Papeete. Cette opération a permis aux enquêteurs de l'antenne
OCLAESP et du GIR gendarmerie, appuyés par les militaires de la Compagnie de gendarmerie départementale des Îles du Vent-Faaa et de la Brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA) de Tahiti-Faaa d'interpeller et de placer en garde à vue huit personnes, à savoir les deux exploitants des deux sites litigieux et les six représentants légaux des entreprises du BTP les plus impliquées.
Dans le même temps, le parquet de Papeete a ordonné la saisie sur les comptes bancaires et les contrats d'assurance-vie souscrits à titre personnel de l'ensemble des mis en cause d'une somme globale de 197 millions de francs pacifiques, soit 1 651 853 euros. Ces saisies pénales ont toutes été maintenues sur décision du juge des libertés et de la détention.
Vendredi 16 janvier 2026, à l'issue de leur garde à vue, les deux exploitants des sites illicites ont été déférés et présentés devant un juge d'instruction dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Papeete. Mis en examen, l'un d'entre eux a été placé sous contrôle judiciaire et le second en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet. Ce dernier avait déjà été condamné par la justice, notamment pour des faits similaires. Les six autres gardes à vue ont été levées après avoir fait l'objet d'une prolongation.
Le juge d'instruction est saisi de plusieurs chefs d'infractions, tant environnementales que financières, mettant nommément en cause ces six entreprises : exploitation sans autorisation d’une installation classée pour la protection de l’environnement ; jet ou abandon de déchets et déversement de substances nuisibles dans les eaux superficielles ou souterraines ou dans les eaux de la mer ; abandon ou dépôts de déchets dangereux par producteur ou détenteur de déchets ; violation des obligations de gestion des déchets par détenteur de déchets ; escroquerie ; abus de confiance ; abus de biens sociaux ; bris volontaire de scellé ; travail dissimulé. Les mis en cause encourent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
Le parquet de Papeete souligne que « cette procédure pénale dans laquelle ont été engagés des moyens d’enquête conséquents illustre que les enjeux environnementaux sont pleinement pris en compte par les autorités judiciaires comme étant une forme de criminalité grave et prioritaire en Polynésie française ».
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