La Gendarmerie nationale et la Brigade nationale vétérinaire démantèlent un trafic international de chiens en Auvergne-Rhône-Alpes

  • Par la rédaction du site Gendinfo
  • Publié le 30 janvier 2026
© Gendarmerie Nationale

Une enquête menée en cosaisine par les gendarmes du Détachement de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (DOCLAESP) de Lyon et la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP) a permis de démanteler un trafic international de chiens opérant entre la Serbie et la France.

En février 2023, le Détachement de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (DOCLAESP) de Lyon (69) et la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP), rattachée au ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, sont informés de l’existence potentielle d’un trafic de chiens de races Doberman et Rottweiler entre la Serbie et la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ces deux unités sont alors cosaisies dans le cadre d’une enquête ouverte sous l’autorité du procureur de la République de Villefranche-sur-Saône (69).

Des chiennes gestantes sont importées depuis la Serbie afin de mettre bas en France en violation des règles sanitaires en vigueur. À leur naissance, les chiots subissent des otectomies (modification de l’apparence du pavillon externe de l’oreille, généralement par ablation partielle jusqu’à la moitié de l’oreille, NDLR) et des caudectomies (amputation partielle ou totale de la queue), des pratiques interdites au sein de l’Union européenne (U.E.). Ils sont ensuite revendus sur des sites Internet, notamment à l’aide de faux carnets de vaccination et de faux passeports laissant croire à une provenance depuis l’UE.

Les premières investigations mettent en évidence l’implication d’un couple d’éleveurs installé dans la Drôme (26), qui effectue des déplacements réguliers en Serbie et entretient des relations avec des individus spécialisés dans le transport de chiens depuis ce pays. Cette activité d’élevage permet de multiplier les portées dans des conditions et des lieux totalement inadaptés.

La suite de l’enquête révèle un lien entre ce couple et une éleveuse implantée dans le Rhône (69), qui adopte des pratiques similaires avec des chiens issus d’élevages serbes. Les enquêteurs parviennent ainsi à démontrer que ces faits s’étendent à plusieurs départements.

Le 18 décembre 2025, une information judiciaire est ouverte sous l’autorité d’un juge d’instruction du tribunal judiciaire de Villefranche-sur-Saône.

Le 27 janvier 2026, une opération judiciaire permet l’interpellation des trois principaux mis en cause. Les investigations menées au sein des deux élevages conduisent à la saisie de 18 chiens adultes, de 19 chiots ainsi que de faux passeports provenant de différents pays de l’Est. Des médicaments et des outils permettant de pratiquer des otectomies et des caudectomies sont également découverts.

Présentés à un juge d’instruction le 29 janvier 2026 et mis en examen, les trois éleveurs ont été placés sous contrôle judiciaire, avec notamment l’interdiction de quitter le territoire national et d’exercer toute activité professionnelle ou bénévole impliquant le soin, le transport, la présence ou la détention d’un animal.


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