Crypto-rapt en Haute-Garonne : trois nouvelles interpellations par les enquêteurs de la section de recherches de Toulouse
- Par le chef d'escadron Romain Bastet
- Publié le 11 mai 2026

Dans le cadre d’une enquête menée par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux, les enquêteurs de la Section de recherches (S.R.) de Toulouse ont interpellé trois nouveaux suspects dans une affaire de crypto-rapt commis en Haute-Garonne. Tous ont été placés en détention provisoire.
Dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux, les enquêteurs de la Section de recherches (S.R.) de Toulouse ont procédé, le 4 mai 2026, dans la région marseillaise, à l’interpellation de trois nouveaux individus soupçonnés d’être impliqués dans une série de faits violents liés à des extorsions de cryptomonnaies, appelées « crypto-rapts ».
L’enquête trouve son origine dans une agression particulièrement violente commise le 23 mars 2026 en Haute-Garonne. Un particulier avait alors été séquestré à son domicile par plusieurs individus armés et cagoulés. La victime avait été contrainte de transférer près de 68 000 euros de cryptomonnaies vers des portefeuilles numériques contrôlés par les auteurs. Divers effets personnels avaient également été dérobés.
Au regard du caractère élaboré et violent des faits, de leur inscription dans un cadre récent et national de faits identiques ciblant spécifiquement des particuliers titulaires de portefeuilles numériques, dont les données personnelles avaient manifestement été piratées, la JIRS de Bordeaux s'est saisie du dossier et a confié les investigations à la S.R. de Toulouse.
Réactivité opérationnelle
Les investigations minutieuses menées par les enquêteurs de la S.R. de Toulouse, avec l’appui de l’antenne de l’Unité nationale cyber (UNC), ont rapidement permis d’identifier le véhicule utilisé lors des faits. Localisé par la suite dans les Bouches-du-Rhône, celui-ci a été placé sous surveillance. Dans la nuit du 30 au 31 mars 2026, plusieurs individus ont été observés alors qu’ils utilisaient ce même véhicule entre Marseille et Nîmes. Une tentative de contrôle par les forces de l’ordre avait donné lieu à une course-poursuite particulièrement rapide. Le véhicule a finalement été retrouvé abandonné peu après.
Des armes prêtes à l’emploi
À l’intérieur, les enquêteurs ont découvert deux armes longues chargées et prêtes à l’emploi. Les investigations ont permis d’établir que les occupants envisageaient une action violente de représailles visant les occupants d’un commerce nîmois. Deux premiers suspects, âgés de 21 et 22 ans, avaient été interpellés à Aubagne dès le 31 mars 2026. Une information judiciaire avait été ouverte le 3 avril 2026 pour des faits notamment de séquestration en bande organisée, extorsion aggravée avec arme, détention et transport d’armes de catégories A et B, refus d’obtempérer aggravé et association de malfaiteurs. Les deux hommes avaient été mis en examen et placés en détention provisoire.
Trois nouvelles interpellations
La poursuite des investigations a conduit à l’interpellation de trois nouveaux protagonistes le 4 mai dernier : deux majeurs âgés de 24 ans et un mineur de 17 ans. Lors de leurs auditions, l’un d’eux a reconnu sa participation aux faits de séquestration et d’extorsion commis en Haute-Garonne. Les deux autres ont admis leur implication dans les événements survenus à Nîmes les 30 et 31 mars. L’un des mis en cause a également évoqué son recrutement récent par l’organisation criminelle « DZ Mafia ».
Présentés au juge d’instruction le 7 mai 2026, les trois suspects ont été mis en examen et placés en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet. Les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des personnes impliquées dans cette organisation criminelle et de faire toute la lumière sur ces faits d’une particulière gravité.
Depuis le début de l’année 2026, plusieurs affaires de crypto-rapts ont émergé dans le sud-ouest de la France, conduisant la JIRS de Bordeaux à se saisir de plusieurs dossiers liés à ce phénomène criminel en expansion. Face à cette menace, la Gendarmerie nationale apporte une réponse efficace grâce à sa réactivité et sa capacité à monter en puissance rapidement permise par la complémentarité d’unités aux expertises variées, telles que l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) ou le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN).
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