Polynésie française : vaste opération anti-stupéfiants
- Par la rédaction du site Gendinfo
- Publié le 19 février 2025
Entre le 1er et le 16 février 2025, la Gendarmerie nationale a mené une opération anti-stupéfiants de grande ampleur sur l’ensemble du territoire de la Polynésie française. 395 personnes ont été mises en cause pour des infractions à la législation sur les stupéfiants, dont 45 placées en garde à vue.
Du 1er au 16 février 2025, le Commandement de la Gendarmerie pour la Polynésie française (COMGENDPF) a conduit une vaste opération anti-stupéfiants baptisée « Matai Rorofai ». Menée sous l’autorité conjointe du Haut-Commissaire de la République en Polynésie française et de la procureure de la République près le tribunal de première instance de Papeete, cette opération s’inscrit pleinement dans la déclinaison du plan de la sécurité du quotidien souhaitée par le ministère de l’Intérieur. Elle s’inscrit également dans la continuité des actions engagées en 2024, sous l’impulsion du Haut-commissaire de la République en Polynésie française et de la procureure de la République près le tribunal de première instance de Papeete, qui ont demandé aux forces de sécurité intérieure d’intensifier la lutte contre les trafics de stupéfiants. À titre d’exemple, l’année dernière, plus de 23 000 pieds de cannabis ont été arrachés, soit le tiers des saisies nationales. Ils représentent plus d’un milliard de francs pacifiques de saisies d’avoirs criminels.
L’objectif de ce type d’opérations est de concentrer dans le temps et dans l’espace des moyens de police judiciaire, de sécurité publique et d’intervention afin de déstabiliser les réseaux à la fois dans l’espace physique et dans l’espace numérique et ce, dans la logique d’une approche globale, en agissant sur toute la chaîne du trafic : le producteur, le dealer, le consommateur et les points de deal physiques et numériques.
Outre les gendarmes des différentes brigades territoriales de Polynésie, cette opération a mobilisé de nombreux moyens spécialisés d’enquête en matière de criminalité organisée, de lutte contre les trafics, de fraudes, de lutte contre l’économie souterraine et de cybercriminalité : analystes criminels, experts en nouvelles technologies (N’TECH), enquêteurs de la Section de recherches (S.R.), de l’antenne de l’Office anti-stupéfiants (OFAST) et du Groupe interministériel de recherches (GIR).
Des unités spécifiques ont également été engagées, notamment l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 46/3 de Châtellerault, la Cellule d’identification criminelle (CIC) du COMGEND, ainsi que des opérateurs drones et des équipes cynophiles. Enfin, les gendarmes de l’antenne du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) ont été mobilisés pour des missions d’observation, de surveillance et d’intervention.
Ainsi, chaque jour, près de 130 militaires ont procédé à des contrôles et mené des investigations autour des cinq axes du plan anti-stupéfiants du COMGEND :
- contrôle des flux routiers ;
- destruction des plantations ;
- harcèlement des points de deal ;
- démantèlement des réseaux ;
- cyber investigations.
Contrôle des flux routiers
Les gendarmes ont intensifié les contrôles aux points stratégiques d’entrée et de sortie des zones sensibles. Ces dispositifs ont permis de contrôler 1 565 véhicules et d’effectuer 270 tests de dépistage de stupéfiants dont 35 positifs, notamment avec l’engagement d’équipes cynophiles spécialisées, sur réquisition du parquet.
À titre d’exemple, lors d’un contrôle des flux à Afaahiti, les militaires de la brigade motorisée de Faa’a ont été confrontés à un refus d’obtempérer de la part d’un conducteur de deux-roues.
Rapidement interpellé, celui-ci était en possession de cannabis conditionné en sticks. Placé en garde à vue, il a permis aux enquêteurs d’identifier son fournisseur, qui a été interpellé à son tour, ainsi que cinq autres personnes impliquées dans le trafic. Les perquisitions menées aux domiciles des mis en cause ont conduit à la saisie de plus de 1,5 kilogramme d’herbe de cannabis et 1 483 475 XPF (12 439 €). Sur ces sept individus interpellés, quatre ont été immédiatement présentés au parquet pour être jugés le 10 mars prochain, un a été placé sous contrôle judiciaire en attendant l’audience du 10 mars et deux ont été laissés libres.
Une attention particulière a également été portée aux transports publics et scolaires, afin de garantir la sécurité des usagers et des élèves, aussi bien à Tahiti que dans les archipels. Les contrôles menés aux abords des établissements scolaires ont permis d’inspecter 80 bus et d’identifier trois chauffeurs positifs aux stupéfiants, soulignant l’importance de ces actions.
La Brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA) a également intensifié le contrôle des accès à l’aéroport en ciblant le personnel habilité à conduire des véhicules en zone piste. Ces vérifications, essentielles pour garantir la sécurité des passagers et le bon déroulement des opérations aéroportuaires, ont permis de contrôler 113 personnes et 54 véhicules. Au bilan, trois conducteurs ont été dépistés positifs au cannabis et un à la méthamphétamine.
Sur ces opérations routières, au total, 219 infractions ont été relevées, dont 188 délits. Ces contrôles démontrent une fois de plus la réalité d’un phénomène qui, par les effets qu’il génère sur l’attention du conducteur, peut avoir des conséquences dramatiques sur la route.
Destruction des plantations
Lors de cette opération d’envergure, les unités de Tahiti et des archipels ont détruit 7 088 plants de paka, pour un volume total de 1,3 tonne d’herbe de cannabis, et mené de nombreuses perquisitions, aboutissant quasi systématiquement à la découverte et à la saisie de plants de cannabis et à l’interpellation de plusieurs individus.
Parmi ces actions, une opération de grande ampleur a été menée le 6 février, à Raiatea, sous la direction de la compagnie des Archipels, avec le soutien de l’hélicoptère 35F, du Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) et de la brigade territoriale. Cette intervention a conduit à la découverte et à la destruction de 411 plants de cannabis répartis sur quatre sites. Pendant les quinze jours d’opération, sur la seule île de Raiatea, ce sont 1 106 plants de cannabis qui ont été détruits.
Depuis le début de l’année, les opérations de recherche et de destruction de plantations se poursuivent en Polynésie. Durant ces deux semaines, 156 opérations de destruction de plantations ont été conduites, 119 personnes ont été mises en cause, dont 10 placées en garde à vue. Dans ce cadre, au total, 9,352 kg de cannabis et 137 455 XPF (1 152,57 €) ont été saisis.
Harcèlement des points de deal
Les gendarmes ont mis en place des actions régulières pour perturber et démanteler les points de vente de stupéfiants. L’objectif est de déstabiliser les trafiquants et de sécuriser les quartiers concernés.
Des contrôles renforcés ont également été menés aux abords des établissements scolaires afin d’assurer un environnement sain et sécurisé. L’objectif poursuivi est de prévenir l’exposition des élèves aux dangers des stupéfiants et de lutter activement contre toute forme de trafic aux abords des écoles.
Ces quinze derniers jours, sur tout le territoire de la Polynésie, 86 opérations de contrôle ont été réalisées sur les différents points de deal de la zone gendarmerie, conduisant au contrôle de 488 personnes et à la saisie de 572 grammes d’herbe, 12 grammes de résine de cannabis, 142 sticks, 9 plants de cannabis et 5,1 grammes d’ice.
Ces actions, menées sur réquisition de la procureure de la République, ont notamment mobilisé les équipes cynophiles du COMGEND et ont abouti à l’interpellation de 85 mis en cause, dont six placés en garde à vue pour usage et revente de stupéfiants.
Démantèlement des réseaux
Les unités d’investigation ont mené des enquêtes approfondies pour identifier, interpeller et traduire en justice les responsables des trafics de stupéfiants. L’objectif est de remonter toute la chaîne criminelle, des revendeurs aux grossistes.
Dans le cadre de commissions rogatoires en cours portant sur des trafics internationaux de stupéfiants, plusieurs opérations ont ainsi été menées par les gendarmes de la S.R., de l’antenne de l’OFAST et du GIR.
Enfin, en coordination avec les directeurs d’établissement, trois opérations de fouilles sectorielles ont été conduites au sein du centre de détention de Tatutu et de la maison d’arrêt de Faa’a-Nuutania, révélant la présence de stupéfiants et d’objets associés. Les objets saisis matérialisent l’existence de réseaux de trafic en milieu carcéral.
Cyber-investigations
Une nouvelle offensive anti-stupéfiants a enfin été menée sur Internet et sur les réseaux sociaux pour lutter contre le trafic en ligne de substances illicites.
Sous l’égide du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) et du Parquet de Papeete, sept enquêteurs spécialisés ont mené une opération aboutissant à l’interpellation de vingt individus. Grâce aux investigations numériques accréditant la revente via les réseaux sociaux, tous les auteurs ont reconnu les faits. Les perquisitions qui ont suivi ces interpellations ont permis la saisie de 133 plants de cannabis et de 80 cachets d’ecstasy.
Face à des trafiquants qui exploitent de plus en plus les outils numériques pour organiser leurs transactions, les gendarmes spécialisés en cybercriminalité traquent ces activités illégales sur les plateformes numériques et sur les messageries sécurisées. Trois pages Facebook, cumulant 4 180 membres, servant à mettre en relation vendeurs et acheteurs, ont fait l’objet d’un signalement sur la plateforme PHAROS en vue de leur fermeture.
Ces opérations de répression ont été complétées par des actions de prévention menées par la Maison de protection des familles (MPF), qui est intervenue à six reprises dans plusieurs collèges de Tahiti afin de sensibiliser les jeunes aux problématiques des substances psychoactives.
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