Opération « Prison Break » : les forces de sécurité intérieure mènent une vaste action de saisie de téléphones en prison

  • Par le capitaine Tristan Maysounave
  • Publié le 21 mai 2025
Comparaison de la taille du téléphone vis à vis d'un briquet.
© D.R.

Ce mardi 20 mai 2025, sous l’autorité de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (JUNALCO), gendarmes et policiers ont mené une opération de saisie de téléphones
miniatures utilisés en prison sur l’ensemble du territoire national.

Ce mardi 20 mai 2025, la section de lutte contre la cybercriminalité de la JUNALCO a déclenché l’opération baptisée « Prison break » visant à perquisitionner simultanément 66 lieux de détention sur l’ensemble du territoire, afin de saisir les téléphones miniatures mis en circulation par une société chinoise et revendus en France par le fournisseur « OPORTIK ». Des autorisations ont ainsi été délivrées pour la perquisition de près de 500 cellules.

Cette enquête, initialement ouverte d’initiative, a été confiée conjointement à la BL2C (Brigade de Lutte Contre la Cybercriminalité de la Police judiciaire de la préfecture de police de Paris) et à l’UNC (Unité Nationale Cyber de la gendarmerie nationale). Elle porte notamment sur les infractions d’administration de plateforme permettant des transactions illicites et le recel d’objet provenant d’une infraction, puisqu’il est interdit de faire parvenir un téléphone à une personne détenue. L’UNC a plus spécifiquement été chargée d’identifier les clients utilisant ces téléphones.

Portable comparé à un briquet et positionné dans une main.
© D.R.

Des téléphones de la taille d’un briquet

De la taille d’un briquet et paramétrés de façon spécifique, ces téléphones étaient vendus comme indétectables aux portiques d’entrée dans les lieux de détention. La participation du Service national de renseignement pénitentiaire (SNRP) a contribué à identifier les utilisateurs. Les investigations ont établi que certains de ces téléphones ont été utilisés pour commettre, depuis la détention, des infractions de trafic de stupéfiants, d’escroqueries, de dégradation de commerce par incendie, de tentatives de meurtre commanditées.

Des résultats probants

Le 20 mai 2025, le nom de domaine de la société « OPORTIK » a été saisi. Trois fournisseurs sur le territoire français ont été interpellés. Des téléphones seront expertisés par l’Agence nationale de la
sécurité des systèmes d'information (ANSSI) afin de vérifier l’éventuelle aspiration de données vers
l’étranger par des backdoors.

Sur les 66 lieux de détention visés, 62 relevaient de la compétence territoriale de la gendarmerie.
Les unités locales avaient donc un rôle clé à jouer. Le général d’armée Hubert Bonneau, Directeur
général de la Gendarmerie nationale, et la procureure de la République, Laure Beccuau, ont assisté à
la coordination des opérations depuis le Centre national des opérations (CNO). 

Réalisées par plus de 500 gendarmes, celles-ci ont conduit à la perquisition de 367 cellules et à la saisie de 164 téléphones, dont 88 téléphones miniatures.

200 personnes détenues ont été entendues, dont 17 sous le régime de la garde à vue.

Environ 500 téléphones destinés à la vente, et plus de 70 000 euros en espèces ont été saisis
dans un local de stockage, ainsi que 14 000 euros sur un compte bancaire.

Une action de phishing a été déclenchée sur l’ensemble des téléphones en circulation.

Le DGGN au CNO.
© GEND/ SIRPAG/ BRI.PIGOT

Porter un coup d’arrêt global à l’utilisation des téléphones miniatures

L’intégralité des 5 000 téléphones de la flotte en circulation sur le territoire national est visée par cette opération de démantèlement. Le parquet de Paris s'est dessaisi au profit de 55 parquets localement compétents sur les lieux de saisies de ces téléphones, qui apprécieront les suites pénales appropriées pour chacun des utilisateurs interpellés.

Le parquet de Paris, par l’intermédiaire d’Eurojust, a communiqué à ses partenaires le mode opératoire permettant de localiser ces téléphones largement mis en circulation, afin que des opérations similaires puissent être diligentées sur d’autres territoires.


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