Martinique : 190 militaires mobilisés pour une opération judiciaire sur la commune de Case-Pilote
- Par COMGEND MQ - GAV Le Curieux-Lafayette
- Publié le 22 février 2025

Après plusieurs mois d’enquête ayant mobilisé des moyens conséquents, y compris des renforts venus de métropole, une importante opération judiciaire a été lancée sur la commune de Case-Pilote le 18 février 2025 par la gendarmerie de Martinique (compagnie de Fort-de-France) dans le cadre d’une enquête préliminaire menée par la Brigade de recherches (B.R.) de Fort-de-France, sous l’autorité du parquet du tribunal judiciaire de Fort-de-France. Cette opération, qui a mobilisé 190 militaires, a abouti à l’interpellation et au placement en garde-à-vue de dix-sept mis en cause.
Dès le mois de septembre 2024, dans le cadre de la crise dite de « La vie chère », de nombreuses violences urbaines ont éclaté en Martinique.
Plus particulièrement, en octobre 2024, des barricades, parfois enflammées, sont érigées à Case-Pilote sur la Route Nationale 2, qui devient quasiment impraticable, et tenues par des individus violents et pour certains, au visage dissimulé. Au moins deux d’entre eux sont vus en train d’exhiber des armes.
La brigade de gendarmerie locale fait également l’objet de plusieurs attaques visant les militaires, les locaux de service, les véhicules de service, les pavillons occupés par les familles et leur véhicules personnels. Ces assauts sont coordonnés en plusieurs points de l’enceinte. Les assaillants ont le visage masqué et sont armés de cocktails Molotov, de mortiers d’artifices (dont la distribution a été organisée), de bouteilles de verre, et de pierres. Avec l’aide de renforts, les gendarmes repoussent par la force ces assauts.
Après plusieurs mois d’enquête ayant mobilisé des moyens conséquents, y compris des renforts venus de métropole, une importante opération judiciaire est lancée sur la commune de Case-Pilote le 18 février 2025 par la gendarmerie de Martinique (compagnie de Fort-de-France) dans le cadre d’une enquête préliminaire menée par la Brigade de recherches (B.R.) de Fort-de-France, sous l’autorité du parquet du tribunal judiciaire de Fort-de-France.
Cette opération, qui a mobilisé 190 militaires, a abouti à l’interpellation et au placement en garde-à-vue de dix-sept mis en cause âgés de 17 à 44 ans, pour plusieurs infractions, notamment :
- dégradation ou détérioration d'un bien par un moyen dangereux pour les personnes, commise en raison de la qualité de personne dépositaire de l'autorité publique de son propriétaire ou utilisateur ;
- participation avec arme à un attroupement par une personne dissimulant volontairement son visage afin de ne pas être identifié ;
- violences en réunion contre des personnes dépositaires de l’autorité publique ou membres de l’entourage d’une personne dépositaire de l’autorité publique ;
- détention et transport de substance ou produit incendiaire ou d'éléments destinés à composer un engin incendiaire en vue de préparer une destruction, dégradation ou atteinte aux personnes ;
- entrave à la circulation des véhicules sur une voie publique.
Les perquisitions menées permettent la saisie de plusieurs éléments utiles à la manifestation de la vérité ainsi que d’une arme à feu (arme de poing), de plusieurs munitions de différents calibres, de quelques produits stupéfiants et de cagoules.
A l’issue des gardes-à-vue, quatorze personnes ont été déferrées au parquet, le mineur convoqué devant un juge des enfants. Sept d’entre elles ont d’ores-et-déjà été condamnées en procédure de reconnaissance préalable de culpabilité à des peines conséquentes de prison avec sursis, ou de détention à domicile sous surveillance électronique, ou à d’importants travaux d’intérêt général (près de 300 heures) et à des amendes. Sept autres comparaitront très prochainement en audience correctionnelle devant le tribunal judiciaire. Dans l’attente, six sont placées sous contrôle judiciaire et une en détention provisoire.
Cette affaire porte ainsi à 137 le nombre total d’interpellations1 menées par la gendarmerie de Martinique à l’issue des récentes violences urbaines, dans le cadre d’enquêtes judiciaires menées avec détermination et avec l’appui de renforts nationaux. D’autres interpellations interviendront prochainement, sous le contrôle de l’autorité judiciaire.
1. En grande majorité des majeurs déjà connus défavorablement des services de police ou de gendarmerie.
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