Les gendarmes démantèlent un trafic de civelles en Vendée et en Charente-Maritime

  • Par le chef d'escadron Charlotte Desjardins
  • Publié le 26 mars 2025
Un gendarme de dos, veste OCLAESP
© SIRPA-G - M.A Saillet

Mardi 18 mars 2025, une opération conséquente menée par l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) et l’Office français de la biodiversité (OFB) a permis l’interpellation de sept personnes impliquées dans un trafic de civelles.

Un nouveau trafic de civelles a été démantelé en Vendée et en Charente-Maritime, suite à une enquête préliminaire menée par la gendarmerie et l’Office français de la biodiversité (OFB). Sous l’autorité du parquet du Tribunal judiciaire (T.J.) de La Roche-sur-Yon, les enquêteurs ont mis en exergue qu’un groupe de pêcheurs professionnels, en marge de leur activité légale, organisait un commerce illégal de la ressource.
Deux types de méfaits étaient réalisés : soit ils falsifiaient leurs déclarations de pêche de civelles destinée à la consommation et au repeuplement, soit ils vendaient sans autorisation leur surplus à des trafiquants espagnols. Ils dégagaient ainsi d’importants bénéfices.

La pêche de civelle

C’est une des pêcheries les plus réglementées de France, où les pêcheurs sont soumis à des quotas (selon qu’il s’agit de civelle de consommation ou de repeuplement) et à des périodes de pêche. Ils doivent respecter des obligations déclaratives afin d’assurer la traçabilité des captures et leur commercialisation.
L’espèce bénéficie d’une forte valeur ajoutée, la civelle de repeuplement étant vendue en moyenne 160 €/kg et la civelle de consommation 400 €/kg.
Des filières organisées de braconnage et de commerce illicite international s’y intéressent particulièrement, ces alevins d’anguille se vendant en Asie entre 2000 et 6000 euros le kilogramme.

Sept interpellations

Le 18 mars 2025, l’opération est déclenchée. Les enquêteurs de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP), une quarantaine d’inspecteurs de l’OFB, appuyés par autant de militaires des Groupements de gendarmerie départementale de Vendée (GGD85) et de Charente-Maritime (GGD17) interpellent et placent en garde à vue sept individus, dont cinq professionnels de la mer. Tous sont connus de la documentation judiciaire, notamment pour des infractions à la pêche.

Les gendarmes et inspecteurs de l’OFB procèdent à la recherche de déclaration frauduleuse de pêche par rapport aux quotas, ainsi à celle des civelles stockées illégalement dans des viviers clandestins.

En raison du préjudice et de la gravité des infractions commises, ces viviers sont saisis au titre des avoirs criminels, ainsi que plusieurs dizaines de milliers d’euros sur des comptes bancaires et en numéraire, mais aussi cinq véhicules dont une Porsche 718 GTS.
L’évaluation du préjudice écologique est estimé au minimum à 476 000 euros. Il est en cours de finalisation avant que des poursuites ne soient exercées.


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