En Guyane, la lutte contre les factions brésiliennes porte ses fruits

  • Par Le capitaine Tristan Maysounave
  • Publié le 23 mai 2025
Les gendarmes de guyane interpellent un factionné brésilien
Interpellation d'un factionné brésilien par les gendarmes de Guyane
© COMGEND GUYANE

Depuis plusieurs années, des factions brésiliennes s’implantent en Guyane. À l’origine de nombreux crimes et délits, elles déstabilisent le territoire. La gendarmerie a fait de la lutte contre ces groupes armés l’une de ses priorités, avec des premiers résultats probants.

Depuis 2022, la Section de recherches de Cayenne (S.R.), avec l’appui du Centre de coopération policière (CCP) de Saint-Georges, a mis en évidence l’implantation de factions brésiliennes sur le sol guyanais. Celles-ci se livrent notamment à du trafic de stupéfiants et à de la délinquance d’appropriation, sur fond de violence et de règlements de compte. Afin d’enrayer leur développement, la S.R. a été réorganisée. Plusieurs opérations d’ampleur ont depuis été menées.

Création d’une task force judiciaire

« En raison de la difficulté à conduire les investigations concernant les factions, la S.R. a été réorganisée en 2024, explique le général de division Jean-Christophe Sintive, commandant la gendarmerie de Guyane. Ses effectifs ont été augmentés et une division criminalité organisée, spécifiquement chargée de la lutte contre les factions, a été créée ». Cette task force judiciaire vise à permettre l’identification des principaux membres et leur interpellation dès la matérialisation de leur implication dans la commission d’infractions ou la caractérisation de leur participation à une association de malfaiteurs.

À ce stade, 400 individus ont été détectés comme appartenant à une faction. 85 ont été interpellés depuis 2022.

Avant même la réorganisation de la S.R., plusieurs opérations d’ampleur avaient été menées, notamment contre l’une des principales factions, la FTA (Familia Terror do Amapá). Ainsi, en février 2023, 18 membres de cette faction avaient été interpellés.

Un premier procès historique

Le procès de ces factionnés s’est déroulé devant la Cour d’Assises des mineurs de Cayenne du 12 au 20 mai 2025. 8 d’entre eux, dont le chef de la FTA, ont été condamnés à des peines allant de 3 à 18 ans de prison. Ce procès historique et le quantum des peines prononcées devraient avoir un effet dissuasif.


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