Cold case : le meurtrier de Katell Berrehouc condamné trente ans après les faits
- Par Antoine Faure
- Publié le 30 mai 2025

Lundi 26 mai 2025, trente ans presque jour pour jour après le meurtre de Katell Berrehouc, commis à Auvers-sur-Oise, la cour d’assises du Val-d’Oise a condamné Cyril El Baz à 25 ans de prison. L’homme de 53 ans a été confondu par un prélèvement ADN effectué sur la scène de crime et correspondant à son profil.
Le 11 mai 1995, une étudiante de 19 ans, Katell Berrehouc, est retrouvée morte à Auvers-sur-Oise, par son frère, alors âgé de 14 ans. Elle est allongée à demi-nue sur le lit de ses parents. Aucune trace de coup ni de violence n’est relevée sur le corps, en dehors de la marque de strangulation laissée par son collant noué autour du cou.
L’enquête est confiée à la Section de recherches (S.R.) de Versailles. Les gendarmes vont notamment comparer l’ADN de tous les jeunes hommes d'Auvers-sur-Oise avec celui retrouvé sous l'ongle de Katell Berrehouc et sur le legging de la jeune fille. En effet, cette trace génétique et la description d’un suspect de 25 à 30 ans, fournie par une voisine, étaient les seuls indices aux mains des enquêteurs. Mais en l’absence de piste, l’enquête s’interrompt en 2005 et le dossier est classé sans suite.
Un ADN qui « matche » au FNAEG
Douze ans plus tard, le ministère de la Justice demande aux parquets de sélectionner des affaires non élucidées dans le cadre d’un projet nommé « cold case ». Le dossier Berrehouc est ainsi rouvert, alors que les scellés étaient sur le point d’être détruits. L’échantillon prélevé est comparé avec les profils du Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). Il coïncide avec l’ADN d’un homme habitant à Fresnes, déjà condamné pour vols avec violence, puis pour violences conjugales et agression sexuelle. Alors âgé de 46 ans, il en avait 23 au moment des faits.
Les enquêteurs de la S.R. de Versailles vont montrer que le dénommé Cyril El Baz résidait dans le Val-d’Oise à l’époque du meurtre et qu’il exerçait alors le métier de vendeur en porte à porte de manière individuelle.
Le 3 juillet 2018, il est interpellé à son domicile, à Fresnes. Lors de sa garde à vue, il nie les faits, affirmant ne pas connaître la victime, ni la ville d’Auvers-sur-Oise. Il est mis en examen pour meurtre précédé, accompagné ou suivi d’un autre crime, et incarcéré le 5 juillet 2018.
L’enquête, qui se poursuit pendant l’instruction, va permettre de corroborer les soupçons, en montrant notamment comment l’individu a tenté de monter un faux alibi pour le jour du meurtre.
Par ailleurs, l’ADN de Cyril El Baz est également retrouvé sur le collant ayant servi à l’étranglement.
Lundi 26 mai 2025, il a été condamné à 25 ans de prison par la cour d’assises du Val-d'Oise. Il a fait appel de cette décision et continue de nier les faits. Requérant la peine maximale de 30 ans de réclusion, le ministère public avait insisté sur le fait que « l'ADN est la pièce centrale d'un puzzle qui se recompose autour de Cyril El Baz ».
La famille de Katell Berrehouc, présente à l’audience et qui pensait ne jamais connaître la vérité, a remercié les enquêteurs à l’issue du verdict.
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