Cybercriminalité : les gendarmes démantèlent un important réseau pédopornographique international

  • Par la rédaction du site Gendinfo
  • Publié le 20 décembre 2024
Rondaches de la SR Versailles et de l'UNCyber
© D.R.

Les cyber-enquêteurs de la Section de recherches (S.R.) de Versailles, avec le concours de l'Unité nationale cyber (UNC) de la Gendarmerie nationale, ont démantelé un important réseau de diffusion d'images pornographiques mettant en scène des mineurs sur la messagerie Signal au niveau mondial. 95 personnes ont été identifiées en France sur des forums regroupant plus de 16000 utilisateurs de 130 pays.

L'enquête débute en novembre 2023 à l'occasion de la perquisition du téléphone d'un individu demeurant dans le département des Hauts-de-Seine, mis en cause pour consultation habituelle d’images pédopornographiques. Les cyber-enquêteurs de la Section de recherches (S.R.) de Versailles découvrent l’existence de plusieurs groupes de discussion sur la messagerie chiffrée Signal, dont le nom est sans équivoque sur leur objet.

Le parquet du Tribunal Judiciaire de Nanterre autorise les gendarmes à poursuivre leurs investigations dans le cadre d'une enquête préliminaire destinée à identifier tous les participants. Pendant plusieurs mois, la S.R. de Versailles, avec le concours de l'Unité nationale cyber (UNC) de la gendarmerie, va affiner les recherches et identifier 95 participants français et plus de 16000 numéros internationaux.

Une opération coordonnée destinée à interpeller toutes ces personnes en France est menée du 9 au 19 décembre 2024. À cet effet, à partir du mois de novembre, le parquet de Nanterre s'est dessaisi au profit des 64 parquets territorialement compétents et a gardé à sa main 6 dossiers. Ainsi 83 unités de gendarmerie ont reçu les dossiers permettant de procéder aux opérations judiciaires dans toute la France. À ce titre, 140 enquêteurs spécialisés cyber de la gendarmerie NTECH ou CNTECH ont été déployés parmi les 570 enquêteurs participant à l'opération sur le territoire national. La coordination a été pilotée depuis le siège de l'UNC de la gendarmerie, à Pontoise, où la direction d'enquête confiée à la S.R. de Versailles s'est temporairement déplacée au P.C. opérationnel de l'UNC.

Au total, les objectifs ont été interpellés pour être placés en garde-à-vue et leurs domiciles perquisitionnés. Parmi elles, 36 étaient déjà connues pour des infractions sexuelles à l'égard de mineurs ou consultation de sites mettant en scène des mineurs, et 7 déjà inscrites au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS). Le profil de ces mis en cause est varié. Tous sont des hommes, âgés de 18 à 74 ans, à noter également, un mineur âgé de 16 ans. Les mis en cause demeurent principalement dans les régions Île-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes ou Grand Est. L'un d'entre eux exerçait la profession de directeur d'une association d'information aux jeunes, l'un était éducateur sportif, l'adjoint d'un maire est également impliqué. Ces personnes ne se connaissaient pas, mais étaient inscrites sur les mêmes groupes dont certains avaient des droits d’administration.

Les perquisitions ont permis de découvrir 375 000 photos et 156 000 vidéos. 122 ordinateurs, 330 supports numériques et 152 smartphones ont été saisis, contenant 217 To de données intéressant l'enquête. Si des décisions de justice restent à prendre, la plupart des mis en cause ont déjà reconnu les faits. Les éléments de preuve concernant 16 320 utilisateurs étrangers vont être communiqués via Interpol aux différents pays concernés.


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