« Le succès est collectif » : l’adieu aux armes du général de corps d'armée Arnaud Browaëys

  • Par capitaine Jérémy Coquil
  • Publié le 17 juillet 2026

Le général de corps d'armée Arnaud Browaëys, commandant la région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d'Azur et la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Sud

© Adj. Benezech

Après 38 années de service sous les drapeaux, le général de corps d'armée Arnaud Browaëys a fait ses adieux aux armes le 15 juillet 2026 à Marseille. Présidée par le directeur général de la Gendarmerie nationale, le général d'armée Hubert Bonneau, cette cérémonie a rendu hommage à un parcours marqué par l'engagement opérationnel, l'innovation et une attention constante portée à l'engagement collectif et à l'humain.

Après plus de cinq années à la tête de la région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d'Azur et de la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Sud, le général de corps d'armée Arnaud Browaëys a fait ses adieux aux armes mercredi 15 juillet 2026, sur le site du Palais du Pharo à Marseille. Une cérémonie présidée par le général d'armée Hubert Bonneau, directeur général de la Gendarmerie nationale, qui referme 38 années de service sous les drapeaux.

Une cérémonie face au Vieux-Port

Il est 17 heures lorsque retentissent les honneurs au drapeau de la région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d'Azur (RGPACA). Sous un soleil écrasant, face au Vieux-Port, les pelotons de gendarmerie départementale et mobile, les réservistes, les motocyclistes et la garde au drapeau sont rassemblés sur l'esplanade du Pharo, au son de la musique de la Garde républicaine.

Après la revue des troupes et une remise de décorations, le général d'armée Hubert Bonneau prononce l'ordre du jour. Il y salue « l'homme et le chef, le gendarme et le soldat », un officier dont « l'exigence » et « la rigueur intellectuelle » n'ont jamais éclipsé « la chaleur humaine ». Des mots partagés par les autorités, camarades et familles, réunis autour celui qui commandait la région depuis le 1er février 2021.

Discours du général d'armée Hubert Bonneau, directeur général de la Gendarmerie nationale

© Adj. Benezech

Du peloton blindé aux plus hautes responsabilités

Né à Berlin en 1966, Arnaud Browaëys intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1987, au sein de la promotion « Lieutenant Tom Morel », et choisit de servir en gendarmerie. Sa carrière s'ouvre sur le terrain : peloton blindé de l'escadron de gendarmerie mobile de Bron, puis peloton motorisé du Haut-Rhin, où son action contribue à faire baisser la mortalité routière du département. De 1997 à 2000, il commande la compagnie d'Aubagne, unité sensible enclavée entre Marseille et le Var - un premier ancrage dans les Bouches-du-Rhône, bien avant d'y revenir en tant que commandant de région. En 2007, à la tête du groupement de gendarmerie départementale de la Moselle, il s'appuie sur sa fine connaissance de l'Allemagne, son pays de naissance, pour développer la coopération transfrontalière.

L'autre fil conducteur de son parcours, c'est la ressource humaine. Affecté à plusieurs reprises à la Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN), puis à la direction des ressources humaines du ministère de la Défense, il porte des dossiers qui ont marqué l'Institution : la promotion de l'égalité professionnelle, la lutte contre le harcèlement et les discriminations, ou encore l'ouverture de la gendarmerie mobile aux sous-officiers féminins. On lui doit également l'initiative des brigades territoriales de contact. Adjoint au directeur des personnels militaires à compter de 2019, il joue un rôle important dans la gestion de la crise sanitaire, avant d'être nommé général adjoint au major général de la Gendarmerie nationale en 2020.

Le 1er février 2021, il prend le commandement de la région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d'Azur et de la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Sud.

Cinq années au rythme des crises

À la tête de plus de 7 200 militaires d'active et de 3 700 réservistes, répartis entre six groupements départementaux, trois groupements de gendarmerie mobile, la section de recherches de Marseille et de nombreuses unités spécialisées, le général de corps d’armée Arnaud Browaëys a traversé un mandat dense. Traque de l'auteur d'un double homicide dans les Cévennes en 2021, grands incendies de forêt dans le Var, puis dans l'Aude, opérations d'envergure autour du chantier de l'autoroute A69 mobilisant jusqu'à 1 600 membres des forces de sécurité intérieure, émeutes urbaines de 2023, crise agricole de l'hiver 2024 : les engagements se sont enchaînés, sans oublier les grands rendez-vous que furent les visites papales à Marseille et en Corse, la conférence des Nations unies sur l'océan ou les épreuves des Jeux olympiques dans la cité phocéenne.

C'est aussi sous son impulsion qu'est né le dispositif HARPON, poste de commandement avancé projetable de l'état-major de zone. Transportée dans un véhicule de grande capacité, cette véritable « cellule PC de campagne » — entièrement équipée en moyens de transmission, de visioconférence et d'énergie — a été engagée plusieurs dizaines de fois au profit des groupements confrontés à un événement majeur.

Des coups décisifs portés à la criminalité organisée

Le mandat du général aura été marqué par une intensification de la lutte contre la criminalité organisée, portée notamment par la Section de recherches (S.R.) de Marseille, la plus grande de France. En 2026, l'opération « Octopus », conduite contre la DZ Mafia, avec jusqu'à 900 gendarmes mobilisés, s'est soldée par 42 interpellations, 26 mises en examen et des saisies évaluées à environ 4 millions d'euros.

Convaincu que frapper les criminels au portefeuille est aussi efficace que les frapper au pénal, il a fait de la saisie des avoirs criminels une priorité : en cinq ans, plus de 260 millions d'euros de patrimoine ont été saisis. La région s'est également dotée d'une task force cyber, armée par des réservistes spécialistes et intégrée au dispositif national animé par l'Unité nationale cyber (UNCyber) de l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ), qui conjugue prévention et appui aux enquêtes.

Dernière pierre à l'édifice : l'Unité opérationnelle franco-italienne, née du traité du Quirinal et officiellement constituée à Rome le 19 mai 2026. Forte de 40 personnels — 20 gendarmes des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur et 20 carabiniers des unités « Piemonte » et « Liguria » —, elle a connu son premier engagement à l'occasion du sommet du G7 à Évian-les-Bains.

L'humain, fil rouge du commandement

Ceux qui ont servi à ses côtés le savent : Arnaud Browaëys n'a jamais dissocié l'efficacité opérationnelle des conditions de vie de ses militaires et de leurs familles. Pour exemple, en 2025, quatre millions d'euros ont été engagés pour 349 opérations de travaux sur le parc immobilier, tandis que deux nouvelles casernes locatives étaient livrées à Puget-sur-Argens et à La Crau. Le budget de la formation a, quant à lui, été triplé entre 2021 et 2026, avec la création d'un Centre régional d'instruction (CRI) disposant de trois salles de cours, de 68 hébergements et d'un centre de simulation tactique.

L'accompagnement des personnels porte également sa marque : journées dédiées aux blessés, aux orphelins et aux proches aidants, stages de reconstruction par le sport et, depuis 2025, une maison des assistantes maternelles implantée au cœur de la caserne Hetzel, joliment baptisée « Les minots de la Timone ». Un groupe de soutien psychologique, composé de cinq psychologues cliniciens sectorisés par département, complète ce dispositif.

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    Salut au drapeau de la région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d'Azur

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    Discours du général de corps d'armée Arnaud Browaëys

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    Garde au drapeau

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    Salut au drapeau de la région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d'Azur

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    Discours du général de corps d'armée Arnaud Browaëys

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    Garde au drapeau

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« Si c'était à refaire, je ne changerais rien »

Fidèle à lui-même, le général Browaëys a pris la parole avec la simplicité qu'on lui connaît, remerciant d'abord, avec humour, une assistance rassemblée « sous un soleil de plomb ». Refusant tout bilan solennel — « j'ai fait ce que je pouvais et ce que je devais » —, il a tenu à rendre à ses subordonnés ce qui, selon lui, leur appartient : « L'échec peut être individuel, le succès est collectif. Et les succès, en PACA comme en zone Sud, sont les vôtres. »

Après une pensée émue pour sa famille, c'est en éternel optimiste qu'il a conclu, invitant chacun à faire confiance à la jeunesse et citant le philosophe Alain : « Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme de volonté. »

Les militaires, réservistes et personnels civils de la région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d'Azur et de la zone Sud lui souhaitent une belle route. Merci mon général.


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