Grand Est : la gendarmerie signe une convention avec l’Université de Lorraine

  • Par Antoine Faure
  • Publié le 04 février 2026
© GEND/SIRPA/BRI G. PIGOT

La Région de gendarmerie Grand Est (RGGE) a signé, mardi 27 janvier 2026, une convention avec l’Université de Lorraine afin d’officialiser un partenariat qui s’inscrit dans la montée en puissance du Lab’Est Gendarmerie, structure innovante dédiée à l’amélioration du bien-être, de la santé et de la sécurité au travail des gendarmes et de leurs familles. La signature a eu lieu au sein de l’École nationale d'ingénieurs de Metz (ENIM), où a été mené à bien l’un des premiers projets portés par le Lab’Est Gendarmerie, en coopération avec une chaire universitaire de cette école. Objectif : mesurer scientifiquement l’efficacité de la méthode ORFA (Optimisation des Ressources des Forces Armées).

Le bâtiment noir et orange à l’architecture futuriste est gardé par une sculpture en métal du Graoully, animal mythique à l'apparence d’un dragon, emblème de la ville de Metz. Au sous-sol, l’espace de 3 000 m² évoque aussi bien une usine technologique et un paddock de Formule 1, où sont garés en épi quelques prototypes conçus par des ingénieurs en herbe. C’est ici, au sein de l’École nationale d'ingénieurs de Metz (ENIM) que, le mardi 27 janvier 2026, la Gendarmerie nationale et l’Université de Lorraine ont signé une convention visant à poser le cadre stratégique de leur partenariat et son articulation avec l’ENIM et sa chaire Behaviour.

« Nous sommes très au clair sur ce que nous voulons faire, et nous aurions d’ailleurs pu signer cette convention entre nous au sein de nos bureaux, a indiqué la générale de corps d’armée Florence Guillaume, commandante de la Région de gendarmerie du Grand Est (RGGE), commandant la gendarmerie pour la Zone de défense et de sécurité Est (ZDSE). Mais c’est essentiel d’avoir un temps solennel qui permet de remercier ceux qui l’ont porté, de voir ce qui a déjà été mis en œuvre concrètement, de faire parler de ce partenariat innovant, et peut-être de donner des idées à d’autres. »

© GEND/SIRPA/BRI G. PIGOT

Cette collaboration est la première concrétisation du travail mené par le Lab’Est Gendarmerie, une structure née en début d’année 2024 d’une rencontre entre le GCA Olivier Kim, prédécesseur de la GCA Florence Guillaume à la tête de la RGGE, et les dirigeants du fonds de dotation Mercy, qui finance des études et des projets innovants pour améliorer la santé et la sécurité au travail. « Cette problématique est très importante en gendarmerie, car pour un chef, s’assurer du bien-être de ses subordonnés, c’est un devoir et cela participe de la performance globale, note le colonel Laurent Grau, conseiller aux affaires territoriales de Metz, à la manœuvre sur ce dossier depuis sa genèse. Au fil des discussions avec le Fonds Mercy, nous avons eu cette idée d’un laboratoire de recherche dédié au bien-être et à la sécurité des personnels et de leurs familles au sein de la RGGE. Ces sujets sont déjà pris en compte en gendarmerie, mais plutôt en appliquant des procédés déjà éprouvés. Il manquait une dimension recherche et innovation. »

Mesurer les outils de la méthode ORFA

Au sein du Centre régional d’instruction (CRI) Grand Est, le Lab’Est Gendarmerie est une structure légère, avec des personnels qui concourent à son fonctionnement en parallèle de leurs missions de formation. « L’objectif est de capter des projets intéressants, portés par des personnels de la RGGE comme par des partenaires extérieurs et d’aider ces porteurs à les monter en les finançant, grâce au soutien du Fonds Mercy, pour arriver in fine à un produit innovant pour améliorer les conditions de vie et de travail, poursuit le colonel Grau. Ça, c’est le but du jeu. Et la règle du jeu, c’est qu’il n’y a pas de règle trop contraignante. »

© GEND/SIRPA/BRI G. PIGOT

Le projet le plus avancé à ce jour concerne la méthode ORFA (Optimisation des Ressources des Forces Armées), bien connue des militaires. L’idée est de mesurer de manière scientifique, avec le concours de la chaire Behaviour de l’ENIM, l’efficacité de cette méthode déjà éprouvée sur le terrain. On utilise pour cela des capteurs physiologiques afin de mesurer le rythme respiratoire, le rythme cardiaque, la sudation, mais aussi d’analyser le parcours de l’œil par le procédé technique Eye tracking

Un stage ORFA s’est donc déroulé sur une durée de trois semaines (une en octobre 2025, une en décembre et une en janvier 2026) au cours duquel les participants, cobayes volontaires pour cette expérience scientifique, ont été soumis à des situations stressantes. Le dernier atelier consistant à réaliser une descente en rappel sans en avoir été averti, et donc sans avoir pu s’y préparer mentalement. Leur réaction face à cette situation a été mesurée, ainsi que l’évolution de leur réponse à ce stress grâce aux outils de la méthode ORFA.

  • © RGGE
  • © RGGE
  • © RGGE
  • © RGGE
  • © RGGE
  • © RGGE
  • © RGGE
  • © RGGE

« Une structure unique en gendarmerie »

« Avec cette collaboration avec l’ENIM, le Lab’Est Gendarmerie est entré dans le vif du sujet, estime le conseiller aux affaires territoriales. Mais ce n’est qu’un projet parmi d’autres. Nous avons d’autres idées comme, la création, en lien avec toute la chaîne des psychologues et des opérationnels, d’un vade-mecum simple et facile à utiliser, destiné à aider les gendarmes à gérer en intervention des personnes pouvant souffrir d’un problème de santé mentale, comme la schizophrénie ou la bipolarité. Nous aimerions aussi réaliser une étude plus sociologique sur la manière dont les jeunes militaires peuvent appréhender, dans toutes les acceptions du terme, leur première affectation dans des unités isolées ou défavorisées. Toujours dans l’optique, in fine, d’améliorer les conditions de vie et de travail en sollicitant l’esprit d’innovation de nos personnels. Nous allons d’ailleurs bientôt lancer nos premiers appels à projets en interne. »

© GEND/SIRPA/BRI G. PIGOT

Pour la commandante de la RGGE, « le Lab’Est Gendarmerie est une structure unique en gendarmerie, et cette convention va lui permettre de monter en compétences en profitant de celles de l’Université de Lorraine. C’est toujours extrêmement riche et précieux de croiser des approches différentes. Cette objectivation scientifique de techniques de gestion du stress aura vocation à être partagée ensuite avec d’autres institutions. »

C’est tout l’esprit de l’ingénierie. Le fait de mobiliser des expertises complémentaires pour apporter des réponses à des questions complexes, et en faire profiter des personnels qui ont besoin de développer leurs compétences pour s’adapter à un monde qui évolue de manière extrêmement rapide. Le Lab’Est Gendarmerie est bien né, souhaitons-lui longue vie !
 


Contacter la gendarmerie

Numéros d'urgence

  • Police - Gendarmerie : 17
  • Pompier : 18
  • Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU) : 15
  • Urgence Europe : 112

Sécurité et écoute

  • Enfance en danger : 119
  • Violences conjugales : 39 19
  • Maltraitance personnes âgées ou en situation de handicap : 39 77

Ces contenus peuvent vous intéresser