Conseil scientifique de la Gendarmerie nationale

  • Par Antoine Faure
  • Publié le 26 mars 2026
© GEND/SIRPA/BRC A. MARCE

Le Conseil scientifique de la Gendarmerie nationale s’est réuni à la Direction générale de la Gendarmerie nationale, mercredi 25 mars 2026, en présence de sa nouvelle directrice, Véronique Chanut, professeure des Universités à Paris Panthéon-Assas. Le thème était « le gendarme augmenté ». Le général d’armée Hubert Bonneau, Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN), a prononcé le discours d’ouverture.

Prenant part à la réflexion stratégique du Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN) sur la modernisation technologique de l’Institution, par une approche scientifique pluridisciplinaire, le Conseil scientifique existe depuis près de 10 ans. Mercredi 25 mars 2026, ses membres nommés par arrêté du 10 février 2026 se sont réunis à la Direction générale de la Gendarmerie nationale, à Issy-les-Moulineaux.

Avant de laisser la parole à Véronique Chanut, professeure des Universités à Paris Panthéon-Assas et nouvelle directrice scientifique du conseil, le général d’armée Hubert Bonneau, DGGN, a rappelé dans son propos introductif l’importance de cette instance pour la Gendarmerie nationale. « C’est un outil précieux sans lequel on prendrait le risque de passer à côté d’une transformation importante qui va nous impacter ou qui nous impacte déjà », a-t-il indiqué. Le DGGN souhaite que le Conseil scientifique s’inscrive « dans une dynamique renouvelée, dans le sens que j’ai tracé pour la gendarmerie ».

Le général d’armée Hubert Bonneau a évoqué le contexte. « La Gendarmerie nationale est en guerre, une guerre contre la criminalité organisée qui peut déstabiliser les États », a-t-il insisté, ajoutant que « les menaces sont décuplées par la technologie, le cyber et l’Intelligence artificielle. »

Le DGGN a souhaité que le thème abordé par ce Conseil scientifique soit celui du « gendarme augmenté ». « Le monde change sous nos yeux, a-t-il souligné. L’IA est un outil dont il faut se saisir sur tous les plans : RH, capacitaire, budgétaire. Le Conseil scientifique doit contribuer à cette analyse des besoins. » Le général d’armée Hubert Bonneau a rappelé que le gendarme devait rester « au cœur du dispositif » et que la réflexion devait prendre en compte plusieurs critères essentiels : constituer un progrès pour les personnels et une innovation au service des besoins du terrain ; une dimension éthique fondamentale pour renforcer la confiance ; une vision pluridisciplinaire afin de faire dialoguer la technologie et les sciences humaines et sociales ; un impératif de souveraineté.

Véronique Chanut, nouvelle directrice du Conseil scientifique

Professeure des universités, Véronique Chanut dirige, à l’université Paris Panthéon-Assas, le Laboratoire de recherche en gestion (LARGEPA), le Centre interdisciplinaire de formation à la fonction personnel (CIFFOP), ainsi que le Master "Gestion des ressources humaines et management public".

© GEND/SIRPA/BRC A. MARCE

« Nous ne partons pas d’une page blanche, mais nous devons écrire l’avenir, avec une belle ambition, celle d’articuler les connaissances scientifiques et les attentes du terrain, et un état d’esprit, celle d’une science pleinement connectée aux réalités. C’est un défi de concilier science et action, et c’est pour cela que la tâche du Conseil scientifique est passionnante.
Nous devons agir et agir vite, car le contexte nous oblige. Pour cela, le conseil doit être un espace de production. Des productions visibles, accessibles et diffusées. Ce doit être un espace de projection dans le futur, mais aussi un lieu de mémoire pour capitaliser sur les travaux scientifiques qui sont menés dans les laboratoires, les écoles, les directions et les unités de la gendarmerie. Il faut maintenir un cap entre exploration et exploitation, entre mise en mouvement et mise en cohérence de l’existant. »

La matinée s’est poursuivie par une présentation par la lieutenante-colonelle Émilie Mercier des travaux prospectifs du Service de la transformation (ST). Deux scénarios possibles ont été présentés sous la forme de vidéos. La première sur les enjeux liés à la robotique, avec des robots-gendarmes en patrouille ou à l’accueil des unités, mais aussi sur les questions que poserait la robotique comme nouvelle forme d’adversité, ou encore les problématiques liées aux moyens de transport autonomes. La seconde vidéo concernait l’éventualité d’un effacement automatique numérique d’un citoyen par une IA, le privant de ses droits et de recours.

Avant un temps d’échanges entre les participants pour initier les premières pistes de réflexions, David Naccache, professeur à l’école normale supérieure et expert international en cybersécurité, est également intervenu pour faire un focus sur l'IA, facteur de gain de temps pour certaines tâches répétitives, facteur d’efficacité opérationnelle, avec néanmoins des enjeux d’acceptabilité, juridiques et organisationnels.

Retrouvez l'Arrêté du 9 février 2026 portant création du conseil scientifique de la gendarmerie nationale au Bulletin officiel du ministère de l'Intérieur.

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