Clap de fin pour le cursus du diplôme d’armes 2025-2026

  • Par la capitaine Pénélope Grondel
  • Publié le 10 juillet 2026
© GEND / SIRPA / GND F. FERROLI

Marquant la fin du cycle exigeant du Diplôme d’arme (D.A.) 2025-2026, une cérémonie de remise de brevet s’est déroulée à l’issue du stage national, ce mercredi 8 juillet 2026, au Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG), sous la présidence du général d’armée Hubert Bonneau, Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN).

Après neuf semaines de stage intensif au Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG), et plus d’un an de préparation, 546 militaires se sont vu remettre le brevet du Diplôme d’arme (D.A.), dont 361 assortis du brevet de Moniteur d’intervention professionnelle (MIP) lors de la cérémonie de fin de formation qui s’est déroulée ce mercredi 8 juillet 2026. Marquant l’importance de la formation des gradés de demain, la cérémonie était présidée par le général d’armée Hubert Bonneau, en présence de nombreuses hautes autorités de gendarmerie, réunies au centre pour l’occasion.

Le CNEFG, référence en matière de formation au maintien de l’ordre, en intervention professionnelle et au commandement opérationnel

Au cœur de la Dordogne, le CNEFG de Saint-Astier constitue depuis plus de cinquante ans une référence incontournable dans la formation des militaires de la Gendarmerie nationale. Chaque année, il accueille des milliers de stagiaires venus perfectionner leurs compétences dans les domaines du maintien de l’ordre, de l’intervention professionnelle et du commandement opérationnel. Depuis 2009, figurant parmi les formations les plus exigeantes, le stage national du Diplôme d’arme est une véritable reconnaissance de l’expertise technique et pédagogique des sous-officiers de la gendarmerie.

Le CNEFG offre aux stagiaires des infrastructures exceptionnelles : villages d’exercice, stands de tir modernes, espaces dédiés aux simulations de crise et parcours tactiques permettent de reproduire des conditions d’engagement au plus près de la réalité. Ces équipements, associés à l’expérience des instructeurs, font de Saint-Astier un centre d’excellence reconnu bien au-delà des frontières françaises. Le site accueille régulièrement des forces de sécurité étrangères et participe activement au partage des savoir-faire en matière de maintien de l’ordre et d’intervention.

Le stage national du diplôme d’arme : la formation des futurs cadres de l’institution

Le stage national du diplôme d’arme, organisé dans un environnement d’entraînement unique en Europe, s’adresse à des militaires sélectionnés au sein de leur formation administrative pour leur expérience et leur potentiel. Durant neuf semaines, les stagiaires retenus suivent un programme intensif alternant enseignements théoriques, exercices pratiques et mises en situation réalistes. L’objectif est de former des cadres capables de transmettre les savoir-faire opérationnels, d’encadrer des formations et de commander face à l’adversité dans tout le spectre paix – crise – guerre, en maîtrisant parfaitement le cadre légal de leur action.

À l’issue de la formation, les stagiaires qui ont démontré des qualités avérées en termes de commandement opérationnel obtiennent le diplôme d’arme. Pour ce faire, ils sont évalués, sous la forme d’un contrôle continu, dans les matières combat, rétablissement de l’ordre et commandement en intervention professionnelle. Par ailleurs, en complément de la formation de chef opérationnel, ils suivent une formation très exigeante dans le domaine de l’intervention professionnelle qui permet aux meilleurs du stage d’être brevetés moniteur en intervention professionnelle. Cette qualification atteste d’une parfaite maîtrise du cadre légal, des procédures de sécurité, des techniques de tir, de la maîtrise avec et sans arme de l’adversaire, mais également de qualités pédagogiques indispensables à la formation des futurs gendarmes. Les évaluations, particulièrement sélectives, exigent rigueur, sang-froid, condition physique et capacité d’adaptation face à des situations évolutives. Chaque séquence de formation est pensée pour développer les qualités attendues d’un cadre : résilience, militarité, endurance, capacité à commander, à décider sous contrainte, à gérer les risques et à adapter sa réponse aux évolutions de la situation. Cette année, il a fallu composer avec les conditions climatiques exceptionnelles qui ont rendu le stage très éprouvant tant pour les stagiaires que pour l’ensemble des formateurs et encadrants.

Un stage dimensionnant

Le stage est placé sous la direction d’un officier supérieur. Le chef d’escadron Samuel de Foucault, affecté à la Section perfectionnement des unités du Département rétablissement de l’ordre du CNEFG, a été désigné pour assurer cette mission exigeante. Plus gros stage organisé au sein de la gendarmerie, le diplôme d’arme nécessite environ huit mois de préparation, qui porte essentiellement sur la manœuvre logistique (préparation des plannings, appels à volontaires pour les renforts, moyens logistiques…). Durant cette longue période, le rôle du directeur de stage est de coordonner la phase de préparation interne au Centre, en liaison avec le CEGN, et de veiller au respect des échéances pour s’assurer que tous les moyens nécessaires soient bien présents pour le début de la formation.

Afin de garantir le haut niveau d’instruction recherché, les moyens déployés sont exceptionnels. Ainsi, 130 renforts sont nécessaires, 130 véhicules, environ 10 000 grenades de maintien de l’ordre et presque 130 000 munitions de 9 mm. Cette mission nécessite de la part du directeur de stage et des officiers qui arment le bureau diplôme d’arme des qualités d’organisation et, de rigueur. Durant le stage, cet officier est chargé du commandement en conduite du stage, de la gestion RH des stagiaires et cadres détachés et de veiller à la discipline.

« Le déroulé du stage au cours des neuf dernières semaines a été très satisfaisant, selon le chef d’escadron Samuel de Foucault. C’est le fruit d’une organisation très fine, avec des consignes très précises pour garantir le bon déroulement de la formation. Avec autant de stagiaires, c’est indispensable. »

La cohésion : une valeur véhiculée lors du stage national du diplôme d’arme

Cette année, la formation comptait 605 stagiaires au début du stage. Ces militaires étaient répartis en deux bataillons de douze pelotons. D’origines très variées, une part importante est issue de la gendarmerie mobile mais aussi des militaires servant en PSIG, en PSPG voire au GIGN ou l’une de ses antennes. Enfin, la Garde républicaine était également représentée par des personnels des différents régiments ou maisons militaires. Parmi les 605 stagiaires intégrés se trouvaient 51 personnels féminins et treize militaires affectés dans un territoire ultra-marin.

L’esprit de cohésion dont ont fait preuve tous les stagiaires du stage national du D.A. 2026 s’est concrétisé par l’organisation, le dernier jour, d’un défi social sportif dont les bénéfices ont été reversés intégralement à l’association des Bleuets de France et à la famille de l’adjudant Aymeric Chérhal, de la brigade motorisée de Mayenne, gravement blessé dans l’exercice de sa mission.

Plus de 90 % de réussite au stage national D.A.

« Le niveau des stagiaires est assez hétéroclite, mais globalement satisfaisant. Cela signifie que la formation réalisée en amont au sein des formations administratives est de bonne qualité », reconnaît le chef d’escadron Samuel de Foucault.

Cette année, le taux de réussite au diplôme d’arme s’établit à plus de 90 %. Ce pourcentage est sensiblement similaire à celui de l’année passée. « Dans les 10 % en échec, on observe principalement des difficultés dans l’exercice du commandement, plus que sur les savoirs-faire techniques, explique le directeur du stage. C’est rédhibitoire, car le stage D.A. est un stage de commandement. »

À Saint-Astier, chaque promotion contribue à perpétuer une tradition d’excellence au service de la sécurité publique. Le diplôme d’arme demeure une étape majeure pour les militaires appelés à devenir les référents techniques et les formateurs de demain, garants d’un haut niveau de compétence opérationnelle au sein de la Gendarmerie nationale, capables de garantir la maîtrise de l’emploi de la force et de diffuser une doctrine commune fondée sur le discernement, la sécurité, la légalité et l’efficacité.

© GEND / SIRPA / GND F. FERROLI

Le stage national D.A. 2026 s’est achevé ce mercredi 8 juillet par une cérémonie militaire présidée par le général d’armée Hubert Bonneau sur la place d’armes du CNEFG. Au cours de ce moment solennel et très attendu par les stagiaires, 546 d’entre eux se sont vu remettre le brevet du diplôme d’arme. Parmi les lauréats, 361 seront désormais également moniteur d’intervention professionnelle.

Après avoir félicité les lauréats lors de son ordre du jour, le directeur général leur a rappelé que « c’est le chef qui donne du sens à la mission et donc à l’action ». À cet égard, il leur a transmis « quelques règles et conseils [qui] doivent toujours guider un chef soucieux de son autorité […] : l’humilité ; la connaissance de ses militaires, avec leurs qualités et leurs faiblesses ; la proximité sans familiarité : le chef partage la condition des siens, surtout dans l’adversité, mais il ne cède jamais à la démagogie. Il assume son rôle et sa place. Enfin, travailler au juste niveau en fixant le cadre et les orientations, et en laissant une capacité d’initiative à ses subordonnés, tout en les contrôlant et en les responsabilisant : tels sont les principes du commandement par finalités. »


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