17 mai : la gendarmerie proactive dans la lutte contre les crimes de haine anti-LGBT+

  • Par la capitaine Grondel Pénélope et le major Demarconnay Luc
  • Publié le 17 mai 2026
© D.R.

Chaque année, le 17 mai, lors de la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, la gendarmerie rappelle son engagement de longue date dans la lutte contre les stéréotypes et toutes les formes de discrimination, que ce soit au sein de l’Institution ou en dehors.

Les atteintes à caractère anti-LGBT+ sont une réalité aussi méconnue que préoccupante. On observe ces dernières années une progression continue des infractions enregistrées par les services de police et de gendarmerie. En 2024, près de 4 800 faits ont été recensés, dont environ 63 % sont des crimes et délits. Ces infractions surviennent principalement dans l’espace public et en milieu résidentiel. Les victimes sont majoritairement des hommes (70 %), souvent jeunes (près de la moitié a moins de 30 ans). Les auteurs présentent un profil similaire. Les éléments statistiques sur le sujet doivent cependant être analysés avec prudence car le recours au dépôt de plainte sur ces thématiques reste très faible (environ 4 %), ce qui signifie que la réalité des violences est largement sous-estimée.

Pourquoi le 17 mai ?

Le 17 mai est une journée symbolique qui fait référence au 17 mai 1990, date à laquelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS) retire l'homosexualité de sa liste des maladies mentales. Depuis 22 ans, la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, célébrée chaque 17 mai dans plusieurs pays, mobilise des milliers de personnes à travers des campagnes et des initiatives visant à dénoncer les discriminations et promouvoir l’inclusion.
À l’occasion de cette journée internationale, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie son étude annuelle sur les atteintes « anti-LGBT+ ».
 

Former pour mieux protéger

La lutte contre les violences anti-LGBT+ repose d’abord sur la formation. Des milliers de militaires de la gendarmerie ont déjà été sensibilisés à la spécificité de ce contentieux, reconnu pour sa technicité et sa sensibilité. Des outils pédagogiques ont ainsi été développés : une mallette de formation conçue avec l’appui d’acteurs associatifs, des guides pratiques sur les crimes de haine et l’audition des victimes ou encore une application mobile permettant aux enquêteurs d’accéder rapidement aux qualifications juridiques adaptées et aux ressources utiles, y compris en intervention.
Cette montée en compétences vise un objectif clair : garantir un accueil respectueux, une qualification rigoureuse des faits et une réponse judiciaire efficace.

L’OCLCH, chef de file dans la lutte contre les infractions fondées sur des discriminations

Face à l’ampleur du phénomène des crimes de haine anti-LGBT+, la Gendarmerie nationale a renforcé son organisation en s’appuyant sur l’Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine (OCLCH). Cet office coordonne les enquêtes complexes liées aux infractions commises en raison de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre ou du sexe de la victime.
Récemment, l’OCLCH a été co-saisi avec la Brigade de recherches (B.R.) de Blaye sur un type de crime de haine anti-LGBT qui revient régulièrement dans les faits divers : les guets-apens homophobes. Dans cette affaire, quatre mineurs sont suspectés d’avoir tendu des guets-apens. Ils ont été interpellés en Gironde le 11 mars 2026.

 

Focus sur le phénomène des guets-apens homophobes

L’actualité récente a de nouveau mis en lumière plusieurs agressions homophobes à la suite de faux rendez-vous fixés via des applications de rencontre. On parle alors de « guets-apens homophobes », qui visent principalement des hommes homosexuels ou bisexuels dans un contexte de rencontre privée. Les auteurs de ces infractions procèdent souvent selon un mode opératoire éprouvé : une prise de contact en ligne, un rendez-vous donné dans un lieu discret ou au domicile de la victime, puis une agression physique accompagnée parfois de vols, de menaces ou d’extorsion. La dimension discriminatoire constitue un ressort central de ces violences, même lorsque d’autres motivations (comme le racket), peuvent s’y ajouter. Les signalements recueillis ces dernières années montrent que ces agressions touchent majoritairement des hommes, souvent isolés au moment des faits. Cette situation de huis clos favorise le passage à l’acte et complique l’identification des auteurs. Elle contribue également à la non-dénonciation des faits, certaines victimes hésitant à porter plainte par peur d’être exposées ou de ne pas être comprises. Dans une majorité des cas, les agresseurs utilisent des applications ou des sites de rencontre pour attirer leurs victimes vers un lieu choisi à l’avance. Une fois sur place, celles-ci peuvent être confrontées à un ou plusieurs individus qui profitent de l’isolement de la situation pour commettre violences et/ou extorsion. Pour les forces de sécurité intérieure, la réponse ne se limite pas à la seule dimension judiciaire. Elle implique également une attention particulière à l’accueil des victimes et à la prise en compte du mobile discriminatoire. Identifier correctement la motivation homophobe des faits, recueillir la parole sans jugement sur les circonstances de la rencontre et orienter les victimes vers les dispositifs d’accompagnement constituent des éléments essentiels pour restaurer la confiance et lutter efficacement contre ces violences.

Au-delà de la dimension judiciaire de l’action de l’OCLCH, ce dernier a récemment participé à la rédaction d’une charte d’engagement des plateformes numériques pour la prévention des violences et la sécurité des personnes LGBT+. L’office était invité le 16 mars 2026 à la signature de cette charte.
Plus largement, le renouvellement, le 18 mars 2026, de la convention entre la Gendarmerie nationale et SOS homophobie s’inscrit dans cette dynamique de partenariat renforcé avec le monde associatif. Ces échanges visent notamment à renforcer la sensibilisation des personnels et à améliorer la compréhension des réalités vécues par les victimes de LGBTphobies.


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