Séminaire de commandement : continuité et efficacité opérationnelle

  • Par la rédaction du site Gendinfo
  • Publié le 05 décembre 2025
© Sirpa-G - GND R. Culpin

Ce mercredi 3 décembre 2025, la Direction générale de la gendarmerie nationale a accueilli l’ensemble des commandants de région, de groupement de gendarmerie départementale, de sections de recherches et des formations assimilées pour un séminaire de commandement. Cette journée d’échanges a été marquée par la première intervention du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, sous ce format et par un point de situation du Directeur général, le général d’armée Hubert Bonneau.

Réunis à Issy-les-Moulineaux, les chefs territoriaux et spécialisés ont reçu une direction claire : poursuivre les orientations et intensifier les résultats. S’exprimant devant un auditoire d’officiers généraux et supérieurs, le ministre de l’Intérieur a d’emblée insisté sur la stabilité. Loin de vouloir bouleverser les plans d’action engagés ces dernières années, Laurent Nuñez a salué leur pertinence et appelé à leur application. « Mon seul objectif, c’est que nous les appliquions et que nous améliorions les résultats en matière de délinquance », a-t-il expliqué, plaçant l’efficacité au cœur de son mandat.

Le ministre a détaillé ses axes d’effort, réaffirmant la primauté de la sécurité du quotidien (PSQ) au sein du continuum de sécurité. Pour la gendarmerie, cela se traduit par une visibilité accrue en zone rurale et une méthodologie rigoureuse de traitement des zones sensibles, en partenariat étroit avec les acteurs locaux (préfectures, parquets, élus, commerçants, bailleurs, etc.).

Pour soutenir cette ambition, Laurent Nuñez souhaite poursuivre le déploiement des nouvelles brigades fixes et mobiles, contribution directe à la PSQ et à la visibilité de la gendarmerie sur le territoire. Il a également annoncé un projet de loi « Sécurité du quotidien » pour réarmer l’action publique face aux fléaux qui minent la tranquillité publique, tels que les rodéos motorisés, les rassemblements festifs illégaux ou l’usage détourné de mortiers d’artifice.

Sur le front de la criminalité, le ministre a salué les résultats « excellentissimes » obtenus par les forces de l’ordre dans la lutte contre le narcotrafic. Il a exhorté à poursuivre le démantèlement des réseaux et, point crucial, à occuper le terrain pour empêcher toute réimplantation. L’arsenal juridique et opérationnel se renforce considérablement avec la montée en puissance de l’EMCO (État-major de coordination opérationnelle), inspiré du modèle antiterroriste, et l’entrée en vigueur dès janvier 2026 de nouvelles mesures de gel des avoirs criminels.

L’immigration irrégulière et la menace terroriste ont complété ce tableau. Le ministre a notamment souligné la nécessaire transformation des Escadrons départementaux de sécurité routière (EDSR) en Escadrons départementaux de contrôle des flux (EDCF), un levier essentiel pour la maîtrise des mobilités sur le territoire. Il a de plus souligné l’importance d’un décloisonnement entre renseignement administratif et judiciaire, ainsi que son attachement à « une montée en puissance du renseignement au sein de la gendarmerie. »

En matière de soutien, Laurent Nuñez a garanti son appui total aux militaires faisant un usage proportionné de la force pour rétablir l’ordre, tout en rappelant l’exigence d’une déontologie irréprochable. Conscient des risques liés aux délais parlementaires, il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’un budget 2026 pour concrétiser la création des nouvelles brigades et soutenir l’immobilier. Avant de répondre aux questions, le ministre a conclu par ces mots forts : « Comptez sur mon engagement total, mon soutien total. Je sais la valeur de ce que vous représentez, la valeur des femmes et des hommes que vous dirigez. Je sais que je peux m’appuyer sur vous pour accomplir mes missions de ministre de l’Intérieur dans un contexte très compliqué. »

Prenant la parole à la suite du ministre, le général d’armée Hubert Bonneau a fait un point d’étape de l’action de la gendarmerie après plus d’un an à la tête de l’Institution. Dans un contexte incertain, le Directeur général a positionné la gendarmerie comme un « pôle de stabilité et de confiance dans les territoires » et a rappelé la nature profonde de l’Institution : « une force armée de couverture des territoires ». Les réformes entreprises sont le fruit « d’un véritable travail collaboratif » avec le CFMG, a-t-il insisté, tout en soulignant que les retours aux fondamentaux ne constituent pas une réforme, mais « une nécessité ». 

Le DGGN a ensuite mis l’accent sur la modernisation des moyens, condition sine qua non de la performance. Il a notamment évoqué le projet autour du système de traitement central LAPI (STCL), véritable game changer qui doit permettre de démultiplier les capacités d’enquête et de réactivité opérationnelle face à la criminalité organisée.

Sur le plan des ressources humaines, le général Bonneau a souligné l'importance des nouvelles grilles indiciaires des officiers, garantes de l’ascenseur social interne. Il a également annoncé la participation de la gendarmerie au futur Service national volontaire (SNV) aux côtés des armées, renforçant ainsi l’ancrage militaire de l’Institution et son maillage territorial.

Enfin, le Directeur général est revenu avec insistance sur la circulaire 98 000 relative au « commandement par finalités ». Cette doctrine remet l’initiative et la responsabilité au centre de l’action du chef. Elle permet au chef de donner du sens à l’action, en fixant des objectifs adaptés aux réalités locales, en donnant de la liberté de manœuvre et en accentuant la recherche d’efficacité. « C’est l’intelligence locale : être à l’initiative, manœuvrer, organiser ses priorités pour optimiser des effets », a résumé le général Bonneau.

Enfin, l’après-midi a permis des présentations spécifiques des grandes directions de la DGGN.


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