Rassemblement musical illégal en Lozère : face aux 12 000 participants, la gendarmerie massivement mobilisée
- Par le capitaine Tristan Maysounave
- Publié le 18 juillet 2025

À compter du vendredi 11 juillet 2025, un Rassemblement musical illégal (RMI) s’est tenu dans le village de Mont-Lozère-et-Goulet. Réunissant jusqu’à 12 000 personnes, il a contraint la gendarmerie à déployer un dispositif de sécurisation massif pendant plusieurs jours.
Vendredi 11 juillet 2025 au soir. Dans le sud de la France, les gendarmes sont sur le qui-vive. Un risque majeur de Rassemblement musical illégal (RMI) a été identifié. Profitant de l’étendue de la zone, les organisateurs recourent également à des méthodes permettant de contourner les manœuvres de renseignement (utilisation de messageries cryptées, communication du site choisi au dernier moment sur des boucles courtes…). Malgré les tentatives visant à déjouer l’action de la gendarmerie, une patrouille découvre plusieurs véhicules utilitaires cheminant dans le village de Mont-Lozère-et-Goulet, en direction du Moure de la Gardille. Confrontée à une forte adversité, elle ne parvient pas à empêcher l’accès au site des véhicules et de leurs occupants, déterminés à organiser un RMI. Alors que la gendarmerie déploie un dispositif conséquent, trois sound-system sont installés malgré l’absence d’autorisation préfectorale concernant la tenue de cet événement et les risques d’incendie que présente le massif. Dans la soirée, un barrage est enfoncé par des participants circulant à bord d’un véhicule. Aucun gendarme n’est heureusement blessé.
Un engagement massif dans la durée
Constatant l’afflux massif de personnes en direction du RMI, les gendarmes du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Lozère se sont rapidement mobilisés sous les ordres de leur cheffe, la colonelle Marie-Béatrice Tonanny, dans le cadre d’un contrôle de zone visant à empêcher l’accès au site, à assurer la sécurité des lieux et des riverains, et à faciliter l’action des secours. Ils ont été renforcés par des gendarmes départementaux de la Région de gendarmerie Occitanie, des militaires du Centre zonal des opérations (CZO) de la Région de gendarmerie de Provence-Alpes-Côte d'Azur et des moyens spéciaux comprenant des télépilotes de drone, des équipes cynophiles et un hélicoptère de la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Montpellier. Placés en alerte en raison d’une suspicion de RMI sur le territoire national en ce week-end prolongé, trois Escadrons de gendarmerie mobile (EGM), placés sous les ordres d’un Groupement tactique gendarmerie (GTG), ont également rapidement pu être déployés sur le terrain.
Un Centre opérationnel départemental (COD) a été mis en place afin d’assurer la complémentarité des différents services de l’État concourant à la mission (Service départemental d’incendie et de secours - SDIS, gendarmerie, etc.), sous l’autorité du Préfet. Les élus locaux y ont été associés. La gendarmerie s’est également appuyée sur un Poste de commandement opérationnel (PCO) afin de coordonner ses forces, et sur un Poste de commandement judiciaire (PCjud), visant à permettre le traitement en temps réel des infractions relevées au cours du week-end, sous l’autorité du Procureur de la République.
Pendant trois jours, près de 270 gendarmes ont ainsi été mobilisés quotidiennement alors que jusqu’à 12 000 personnes et 3 000 voitures étaient réunies sur le site.
Le groupement de gendarmerie départementale de la Lozère a bénéficié du soutien de ses réservistes, de trois escadrons de gendarmerie mobile (Digne-les-Bains, Aurillac et Rosny-sous-Bois), du GTG du groupement de gendarmerie mobile I/5 de Sathonay, ainsi que des militaires de l’ensemble des départements d’Occitanie.
Tolérance zéro face à des individus particulièrement déterminés
En cette période de forte chaleur, le site choisi pour organiser le RMI présentait de nombreux risques. Risque incendie en premier lieu, ayant conduit l’autorité préfectorale à édicter un arrêté interdisant l’accès au massif, mais également un risque routier important en raison des difficultés d’accès (le 12 juillet, un accident mortel impliquant des participants est ainsi survenu) ou encore risque sanitaire sur site, en l’absence de service de secours prévu par les organisateurs.
Ces conditions, ainsi que l’hostilité manifeste d’un certain nombre d’individus, ont conduit les forces de gendarmerie à interdire certains axes et à procéder à la verbalisation massive des participants. Les gendarmes positionnés sur les postes de filtrage avaient pour objectifs principaux la verbalisation des infractions à la législation sur les stupéfiants, des conduites addictives et du travail dissimulé. La responsabilité des organisateurs et la saisie des véhicules et du matériel ayant servi à la tenue de cet événement (sonorisation, groupes électrogènes…) étaient également recherchées.
Les participants ont commencé à quitter le site le 14 juillet. Les gendarmes, confrontés à des individus cagoulés, déterminés à forcer les barrages, et recourant à des mortiers d’artifice, ont dû faire usage de la force. Dans la nuit du 14 au 15 juillet, trois gendarmes ont été légèrement blessés et sept véhicules de gendarmerie endommagés lors de tentatives de passage en force au niveau des points de contrôle tenus par les militaires.
Dans un communiqué de presse publié ce jeudi 17 juillet, annonçant la fin du rassemblement festif, la Préfecture de la Lozère indique que de nombreuses opérations de contrôle et de verbalisation ont été conduites. Douze personnes ont ainsi été placées en garde à vue. Plus de 1 400 infractions ont été relevées pour différents motifs, et 259 Amendes forfaitaires délictuelles (AFD) ont été établies pour usage de stupéfiants. De nombreuses saisies ont été réalisées, dont quatre camions, des stupéfiants, ainsi que plusieurs matériels (sonorisation, groupes électrogènes…).
Gilles Quénéhervé, préfet de la Lozère, remercie les forces de l’ordre, « qui ont été particulièrement mobilisées pour contenir cet événement ». Il souligne en outre l’engagement de la Gendarmerie, dont « l’action a permis d’empêcher l’arrivée de neuf murs de son et de limiter les arrivées. »
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