Parution du nouveau rapport d'activité de la Miviludes

  • Par le commandant Céline Morin
  • Publié le 11 avril 2025
Bandeau bleau portant la mention Rapport d'activité 2022-2024 de la Miviludes.
© MININT

Le nouveau rapport d'activité de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, présenté ce mardi 8 avril 2025, par le ministre auprès du ministre de l’Intérieur, François-Noël Buffet, fait état de 4 571 signalements en 2024, soit une augmentation de 110 % depuis 2015.

Rattachée au ministère de l'Intérieur, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) mène une action d’observation et d’analyse du phénomène sectaire à travers ses agissements attentatoires aux droits de l’homme, aux libertés fondamentales et autres comportements répréhensibles. Elle coordonne l’action préventive et répressive des pouvoirs publics à l’encontre des dérives sectaires et contribue à la formation et l’information de ses agents. Enfin, elle informe le public sur les risques, voire les dangers auxquels il est exposé et facilite la mise en œuvre d’actions d’aide aux victimes de dérives sectaires.

Une augmentation de 110 % des signalement depuis 2015

Ce mardi 8 avril 2025, le ministre auprès du ministre de l’Intérieur, François-Noël Buffet, a présenté, aux côtés du président de la Miviludes, Étienne Apaire, le nouveau rapport d'activité de la Miviludes, portant sur la période 2022-2024. Un rapport qui sonne comme une « véritable alerte », puisqu’il fait état de 4 571 signalements adressés à la Miviludes en 2024, soit une augmentation de 110 % depuis 2015.

« Autrefois cantonnées à la sphère religieuse, cultuelle et spirituelle, les dérives sectaires concernent aujourd’hui des domaines plus étendus de notre quotidien : celui de la santé, du bien-être, de la formation et du coaching, etc. Notre vigilance collective doit donc être renforcée là où la vulnérabilité des personnes est la plus grande. C’est par exemple le cas dans le domaine de la santé, avec un accroissement des thérapies alternatives et des pratiques non conventionnelles de soin, du fait de la grande vulnérabilité des personnes en souffrance physique ou psychique. Il en va de même des risques encourus par les mineurs, parce que leur développement social, affectif et matériel est encore inachevé et qu’ils sont plus perméables aux discours relayés sur les réseaux sociaux », alerte François-Noël Buffet dans l’éditorial de ce rapport.

Une stratégie nationale de lutte

Abordant la mobilisation de l’État face aux dérives sectaires, le ministre indique que « les années 2023 et 2024 ont été marquées par plusieurs chantiers d’importance, qui ont permis de structurer la politique de prévention et de lutte contre les dérives sectaires. »

Les grandes lignes d’une stratégie nationale de lutte (2024-2027) ont ainsi été tracées à l’occasion des Assises de la lutte contre les dérives sectaires, qui se sont tenues du 9 au 10 mars 2023. « Cette stratégie doit permettre de prévenir plus efficacement les risques de dérives sectaires, de mieux accueillir, soutenir et accompagner les victimes, et de renforcer notre arsenal juridique », précise le ministre, avant de souligner que « l’évolution des dérives sectaires ne s’était jusque-là pas traduite par une évolution de notre droit, la dernière loi d’envergure en la matière datant de 2001 (loi About-Picard du 12 juin 2001). C’est désormais chose faite grâce à la loi du 10 mai 2024 visant à renforcer la lutte contre les dérives sectaires et à améliorer l’accompagnement des victimes, qui a créé notamment un délit de sujétion psychologique ou physique, ainsi qu’un délit de provocation à l’abstention de soins médicaux. »

Une déclinaison déterminante dans les territoires

Et de conclure en annonçant l’enjeu principal en 2025, qui « est désormais celui de l’animation de cette politique et de la mise en œuvre des différentes mesures prévues par la stratégie. L’animation territoriale doit reposer sur la mise en place de conseils départementaux dédiés, sous la présidence des préfets et procureurs. Cette animation territoriale est déterminante pour dresser un état des lieux actualisé des dérives sectaires dans les départements et définir des actions préventives et répressives au plus près des besoins. La mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre les dérives sectaires doit également être poursuivie, notamment pour renforcer la sensibilisation et la formation des professionnels de la protection de l’enfance et de la santé, des services de police et de gendarmerie, mais aussi outiller les élus locaux face à ce phénomène. »

Le rapport est disponible sur le site de la Miviludes.


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