Lutte contre l’insécurité et les trafics illicites : le ministre de l’Intérieur en déplacement aux Antilles
- Par la rédaction du site Gendinfo
- Publié le 28 août 2025
Le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’est rendu en Martinique et en Guadeloupe, du 21 au 23 août 2025, dans le cadre de la lutte contre la violence et les trafics illicites, enjeu de premier plan dans la zone Caraïbe. Lors de cette visite officielle, le ministre était accompagné du général de corps d’armée André Petillot, Major général de la Gendarmerie nationale.
Arrivé aux Antilles ce jeudi 21 août 2025, dans le cadre d’un déplacement dédié à la lutte contre l’insécurité et les trafics illicites, le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a débuté sa visite par une réunion de travail consacrée aux trafics illicites dans la zone Antilles, organisée à Fort-de-France, en présence du préfet et de l’ensemble des services de l’État. Étaient également présents lors de ce déplacement ultramarin le général de corps d’armée André Petillot, Major général de la gendarmerie nationale (MGGN), ainsi que le colonel Benoît Tonanny, conseiller gendarmerie du ministre.
Martinique : « Quand un territoire subit les assauts de ces semeurs de morts que sont les trafiquants, il faut que l’État soit là. »
Le ministre de l’Intérieur a ensuite participé à une opération de surveillance du trait de côte et de défense du littoral « Scotopelia », conduite par la gendarmerie dans le sud de l'île, et visant à renforcer la surveillance des côtes martiniquaises face aux flux illicites, dans une zone revêtant un intérêt stratégique pour les organisations criminelles. Le ministre s’est notamment vu présenter le dispositif en mer inter-services à bord d’une embarcation.
Les Antilles françaises, et notamment la Martinique, sont gravement touchées par différents trafics : le narcotrafic bien sûr, « parce que ces territoires se trouvent sur l’autoroute de la drogue entre les pays producteurs, notamment d’Amérique du Sud, et les pays consommateurs », a déclaré Bruno Retailleau sur son compte X. Mais aussi par le trafic d’armes, une problématique majeure liée à la proximité du Brésil et les États-Unis, « des pays disposant d’une législation très permissive, rappelle le ministre. Ces armes, qui tombent entre toutes les mains, expliquent le nombre élevé d’homicides. »
Le vendredi 22 août, au lendemain de son arrivée, le ministre de l’Intérieur a signé avec le président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de la Martinique (CTM), Serge Letchimy, une convention de financement relative à l’installation de deux scanners millimétriques à l’aéroport Martinique Aimé Césaire. Ces nouveaux équipements ont pour objet l’amélioration de la détection des produits stupéfiants et le renforcement du contrôle des passagers au sein de l’aéroport, lieu par lequel transitent les narcotrafiquants.
Bruno Retailleau a ensuite rejoint le Centre opérationnel des forces armées, où il a assisté à une présentation sur les nouveaux moyens de lutte contre le narcotrafic. « Ici, la République veille jour et nuit, a t-il déclaré, avant de saluer « la vigilance 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, de nos militaires et la coordination étroite avec la Gendarmerie, la Police et les Douanes. Renseignement partagé, décisions en temps réel, appuis mer / air / terre : c’est le cœur battant du Bouclier Antilles. »
La matinée s’est achevée par une présentation du dispositif « Ville de sécurité renforcée », mis en œuvre dans les communes et quartiers les plus touchés par la violence et les trafics. Le ministre a alors assisté à un contrôle sur le terrain conduit par les forces de l’ordre.
L’annonce de moyens sécuritaires supplémentaires
Après une rencontre avec les fonctionnaires de la police nationale, le ministre de l’Intérieur s’est rendu à la caserne Joseph France, à Fort-de-France, siège de l’État-major du Commandement de la gendarmerie de la Martinique (COMGENDMQ). Lors de cette ultime séquence de la journée, le ministre a assisté au dévoilement d’une plaque baptisant la place d’armes au nom du colonel Arnaud Beltrame, décédé en 2018 dans l'attaque terroriste de Trèbes. Le général Yvan Carbonnelle, commandant de la gendarmerie en Martinique, a présenté au ministre la stratégie du COMGENDMQ dans la lutte contre la circulation des armes à feu. Bruno Retailleau a également rencontré les gendarmes départementaux, les gendarmes mobiles déplacés, ainsi que le personnel de l’État-major. Un temps particulier a également été consacré à la présentation des réservistes martiniquais, pleinement investis aux côtés des militaires d’active.
« D’active et de réserve, ce sont des femmes et des hommes ancrés ici, qui vivent là où ils servent, parfois loin de leur famille. Toujours au plus près de la population et de nos élus, ils sont en première ligne contre les trafics de drogue et d’armes pour la restauration de la sécurité du quotidien », a déclaré le ministre sur son compte X à l’issue de cette rencontre.
Lors de son déplacement à la Martinique, le ministre a annoncé la mise en œuvre de nouveaux moyens humains, technologiques et d’investigations afin d’endiguer le « tsunami blanc » de la cocaïne. Un deuxième Escadron de gendarmerie mobile (EGM) sera pérennisé sur l'île, et une nouvelle brigade nautique dotée d’une cellule judiciaire d’investigation sera créée à Saint-Pierre.
Bruno Retailleau a en outre annoncé « un renfort significatif pour la filière investigations de l’Ofast (Office anti-stupéfiants) de 26 personnes », dont un tiers sera destiné à la Martinique.
Une nouvelle brigade de quartier inaugurée et d’importants moyens déployés en Guadeloupe
Samedi 23 août, Bruno Retailleau a rejoint la Guadeloupe, pour y poursuivre sa visite officielle.
Le ministre a inauguré la première brigade de gendarmerie à La Boucan Sainte-Rose, un
quartier connu pour ses incivilités et ses faits de violence. Créée mi-juillet 2025, cette nouvelle unité de quartier constitue un concept innovant, fondé sur l’association de forces complémentaires, que sont la gendarmerie, la police municipale et la réserve opérationnelle. Deux fois par semaine, une permanence de proximité et des patrouilles sont assurées par un gendarme d’active, un policier municipal et un gendarme de réserve, engagés autour d’un objectif commun : sécurité et proximité avec la population. « La présence d’un gendarme de réserve est importante, 80 % de la réserve de gendarmerie en Guadeloupe étant composée de Guadeloupéens. Cela nous permet d’accéder plus facilement aux jeunes du territoire. Nous ne sommes pas là pour les surveiller, mais bien pour échanger avec eux, faire de la prévention et montrer que La Boucan n’est pas un secteur que nous ciblons dans la délinquance, mais que nous protégeons comme d’autres secteurs à Sainte-Rose », a souligné le général Christophe Perret, commandant de la gendarmerie de Guadeloupe. Une brigade de gendarmerie fondée sur le même modèle verra prochainement le jour dans le quartier de Malendure, à Bouillante.
Outre l’inauguration de cette nouvelle brigade de quartier, le ministre de l’Intérieur a annoncé l’octroi de moyens supplémentaires en Guadeloupe. Seront ainsi créés quinze postes d’enquêteur OPJ, dont treize seront dédiés au trafic de stupéfiants et deux au trafic d’armes, afin de renforcer les unités d’investigation. Un second Escadron de gendarmerie mobile (EGM) sera également déployé.
Le Peloton d’intervention de la garde républicaine (PIGR) sera quant à lui maintenu sur l’île.
Deux nouvelles brigades nautiques verront aussi le jour, afin de renforcer la surveillance et la sécurisation des côtes : l'une en Basse-Terre à Gourbeyre, en zone gendarmerie, et la seconde
à Pointe-à-Pitre en zone police.
Parmi les autres moyens ou mesures annoncés par le ministre figurent deux nouveaux radars et un drone, installés afin de contrôler le trafic maritime, tandis que la Guadeloupe comptabilise pas moins de 700 kilomètres de côtes, répartis sur six îles.
Un laboratoire d’analyse balistique sera également créé afin d’optimiser les enquêtes judiciaires. Pour renforcer la lutte contre les trafics, les Douanes seront équipées du Système de Lecture automatisée des plaques d’immatriculation (LAPI).
En tant que points d’entrée sur le territoire, le port et l’aéroport présentent un intérêt stratégique majeur. Outre la mise en place du contrôle intégral des voyageurs et des marchandises à l’aéroport, le port est également la cible de nouvelles mesures. « Compte tenu du fait que le Grand port maritime de Guadeloupe va devenir un hub pour les Antilles et les Caraïbes », une mission d’audit sera conduite prochainement par le secrétariat général de la mer, a annoncé le ministre.
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