Journée de mobilisation intersyndicale : un dispositif de sécurisation d’ampleur sur l’ensemble du territoire

  • Par le commandant Céline Morin
  • Publié le 18 septembre 2025
© GGD29

Alors que près de 800 000 personnes sont attendues ce jeudi 18 septembre 2025 pour la journée d’action organisée par les intersyndicales, plus de 80 000 forces de sécurité intérieure, dont près de 40 000 gendarmes, seront de nouveau mobilisées. Ce dispositif exceptionnel vise à garantir l’exercice du droit de manifester en toute sécurité, tout en prévenant les risques de violences, de blocages et de sabotages.

Une semaine après le mouvement « Bloquons tout », où la présence en nombre, l’anticipation, la réactivité et la réponse proportionnée des Forces de sécurité intérieure (FSI) avaient permis d’empêcher tout blocage de site stratégique sans faire de blessés, une nouvelle mobilisation nationale est prévue ce jeudi 18 septembre 2025, à l’initiative cette fois des intersyndicales.

Près de 800 000 personnes sont attendues pour cette journée d’action annoncée sous un format plus traditionnel. Plus de 250 cortèges avaient ainsi été déclarés en préfecture mercredi 17 septembre en fin de journée. Toutefois, des milliers d’individus radicaux pourraient se mêler aux manifestants pacifiques. Des actions de sabotage ou des blocages ne sont pas non plus à exclure.

Interrogé hier sur BFM, le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a confirmé la nature potentiellement hybride de cette mobilisation, mêlant manifestations pacifiques et actions violentes : « Je m’attends à une mobilisation très forte, avec une journée hybride (…) et c’est ce qui en fait la difficulté. Hybride, parce qu’on risque d’avoir tôt le matin des bloqueurs, du sabotage, des groupuscules d’ultragauche qui veulent casser et qui sont ultraviolents (…) avec un risque de convergence des violents. Ensuite, il y aura les cortèges. »

Le ministre a également rappelé que la doctrine des FSI sera claire : débloquer immédiatement tout site stratégique et interpeller rapidement les auteurs de violences ou de dégradations.

Afin de garantir l’exercice du droit de manifester en toute sécurité et de prévenir les risques de violences, un dispositif d’ampleur, mobilisant 80 000 gendarmes et policiers est déployé sur l’ensemble du territoire. Certaines unités ont été prépositionnées depuis hier soir afin de protéger les sites sensibles et stratégiques.

La gendarmerie nationale engage ainsi près de 40 000 militaires : 35 000 gendarmes départementaux, appuyés par 1 700 réservistes opérationnels, et 33 escadrons de gendarmerie mobile, soit environ 2 400 militaires, dont 26 unités déployées en Île-de-France.

Des moyens spéciaux complètent le dispositif, parmi lesquels 26 Véhicules d’intervention polyvalents de la gendarmerie (VIPG-Centaure), dont huit en Île-de-France, 25 hélicoptères dédiés à la surveillance et à l’intervention rapide, ainsi que des drones.

Après une nuit globalement calme, les premières mobilisations ont débuté ce matin, notamment autour de plateformes logistiques de grands distributeurs, de ronds-points et d’établissements scolaires.

Ce matin sur CNews, le lieutenant-colonel Erwan Coiffard, porte-parole de la Gendarmerie nationale, a insisté sur le « côté hybride de la journée », citant un acte survenu en Martinique, où la coupure d’une vanne a privé près de 150 000 personnes d’eau pendant trois heures : « On voit que là on est sur une action qui peut être celle d’une personne (...) mais qui va avoir des conséquences lourdes » sur un plus grand nombre. 

Interrogé sur la mobilisation au cours des premières heures de la matinée, l’officier a évoqué « un émiettement de l’action », avant de détailler le « dispositif dimensionné » mis en place pour y faire face et auquel contribuent les gendarmes départementaux, mobiles et réservistes sur tout le territoire.

Concernant le caractère protéiforme des revendications souligné par le journaliste, le porte-parole a insisté : « Qu’importe le fond, nous sommes là pour veiller à la forme, pour veiller à ce que les personnes qui souhaitent manifester puissent le faire dans le cadre légal, (…) qu’elles puissent s’exprimer librement et en sécurité. Nous avons effectivement des manifestations qui sont déclarées, ce qui facilite notre travail (…) Là, et ce n’est pas la première fois, nous avons des événements sporadiques, répartis (…) C’est cet émiettement qui amène à une consommation importante de forces, car il faut être présents à côté de ces lieux. »

Enfin, s’agissant de la forte mobilisation de mineurs devant les lycées, le lieutenant-colonel Coiffard a rappelé le professionnalisme des gendarmes mobiles dans le cadre du maintien de l’ordre et la réponse proportionnée qu’ils apportent sur le terrain : « Ils adaptent systématiquement leur posture à celle des personnes qui sont en face (…) Le principe est avant tout la désescalade et le maintien à distance. (…) Et si jamais ils devaient intervenir, ils prendraient effectivement en considération l’intensité de la menace des personnes face à eux. »


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