Inauguration du village des blessés au Centre national des sports de la Défense

  • Par Antoine Faure
  • Publié le 11 avril 2025

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Inauguration du village des blessés au CNSD. Coupure de ruban.
© GEND/SIRPA/BRC A. MARCE

Le village des blessés Adjudant Géo André, situé au sein du Centre national des sports de la Défense (CNSD), à Fontainebleau, a été inauguré ce vendredi 11 avril 2025, en présence de la ministre déléguée auprès du ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, Patricia Miralles, de la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marie Barsacq, du général d’armée Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, et du général de corps d’armée Édouard Hubscher, Directeur des ressources humaines de la Gendarmerie nationale (DRHGN), qui représentait le Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN).

Avec le bleu immaculé du ciel et les rayons de soleil s’infiltrant entre les branches, le village des blessés Adjudant Géo André, inauguré ce vendredi 11 avril 2025 au Centre national des sports de la Défense (CNSD), à Fontainebleau, avait des airs de village de vacances. « C’est la concrétisation d’une intuition née en 2019, de la volonté et de la forte détermination de l’Armée de Terre de compléter l’accompagnement des blessés et de leur famille engagés dans un processus de reconstruction par le sport », a indiqué le général Paul Sanzey, commissaire interarmées aux sports et commandant du CNSD. Il a tenu à remercier les nombreux donateurs pour leur contribution majeure à ce programme ambitieux, notamment le fonds de dotation pour les blessés et leur famille créé par l’Unéo, incluant SOLIDARM et la Caisse nationale du gendarme, l’association Tégo, l’Union des blessés de la face et de la tête, la Fédération nationale André Maginot et l’association Les Ailes brisées. Le général Sanzey a également souligné l’apport de la Gendarmerie nationale, co-financière du projet.

100 places d’hébergement dans une trentaine de bungalows

Cette inauguration s’est déroulée en présence de nombreuses autorités civiles et militaires, dont la ministre déléguée auprès du ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, Patricia Miralles, la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marie Barsacq, le général d’armée Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, et le général de corps d’armée Édouard Hubscher, Directeur des ressources humaines de la Gendarmerie nationale (DRHGN), qui représentait le Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN).

Après la coupure de ruban et le dévoilement de plaque, la ministre Patricia Miralles a indiqué qu’elle avait posé la première pierre du village il y a un an et quatre mois, et qu’elle se souvenait de l’émotion ressentie alors. « Ce que nous avons construit ici, c’est le prolongement d’un modèle, l’évidence d’une certitude, a-t-elle déclaré. (...) La certitude que nos militaires se construisent par le sport, grandissent par le sport, se renforcent par le sport. Et quand survient la blessure, physique ou psychique, le sport sera également l’instrument de leur reconstruction. »

Patricia Miralles a également tenu à remercier la Gendarmerie nationale, son Directeur général ainsi que son prédécesseur, qui se sont pleinement engagés pour la réussite de cette ambition.

  • Inauguration du village des blessés au CNSD
    © GEND/SIRPA/BRC A. MARCE
  • Inauguration du village des blessés au CNSD
    © GEND/SIRPA/BRC A. MARCE
  • Inauguration du village des blessés au CNSD
    © GEND/SIRPA/BRC A. MARCE
  • Inauguration du village des blessés au CNSD
    © GEND/SIRPA/BRC A. MARCE
  • Inauguration du village des blessés au CNSD
    © GEND/SIRPA/BRC A. MARCE
  • Inauguration du village des blessés au CNSD
    © GEND/SIRPA/BRC A. MARCE
  • Inauguration du village des blessés au CNSD
    © GEND/SIRPA/BRC A. MARCE
  • Inauguration du village des blessés au CNSD
    © GEND/SIRPA/BRC A. MARCE
  • Inauguration du village des blessés au CNSD
    © GEND/SIRPA/BRC A. MARCE
  • Inauguration du village des blessés au CNSD
    © GEND/SIRPA/BRC A. MARCE

Proposant cent places d’hébergement dans une trentaine de bungalows, le village accueillera ses premiers pensionnaires en janvier 2026. Il proposera aux blessés un programme adapté pouvant aller d’une semaine (stage court) à trois semaines (stage long). S’adressant aux blessés présents, la ministre a ajouté : « Je sais à quel point c’est important pour vous, chers soldats et chers gendarmes, de pouvoir être entre vous, de savoir que vous pourrez partager votre quotidien avec ceux qui vous comprennent. (…) Les familles pourront aussi être présentes, voir évoluer les blessés dans un environnement rassurant. Les familles sont la base arrière de nos blessés, le soutien bien souvent indéfectible, celles qui les accompagnent dans leur souffrance mais aussi dans leurs victoires. »

L’inauguration s’est poursuivie par la remise des médailles du challenge Ad Victoriam 2024, qui comprend huit étapes multi-activités proposées pendant l’année au CNSD. Parmi les dix militaires récompensés, deux gendarmes : le major honoraire Dominique et l’adjudant Guy.

Major honoraire Dominique

Portrait du major honoraire Dominique Cleiss
© GEND/SIRPA/BRC A. MARCE

Le major honoraire Dominique a effectué sa carrière militaire, longue de 37 ans, au sein des trois Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) du département de la Meuse. Il a effectué de nombreuses opérations extérieures, dont la dernière en 2015, au Mali, sous mandat ONU, comme formateur au maintien de l’ordre. Il s’est particulièrement distingué le 20 novembre 2015 au cours de l’attaque de l’hôtel Radisson à Bamako, où il a, par son action, participé à l’évacuation de 34 otages.

« Quelques jours après mon retour du Mali, j’ai déclenché un stress post-traumatique. À l’époque, il n’y avait pas encore de cellule des blessés en gendarmerie, mais j’ai été pris en compte ensuite, en 2018, par le capitaine Thierry Rousseau, lors de la création des Phénix. Il m’a sauvé la vie. J’ai participé à un premier stage famille Ad Refectio et, l’année suivante, j’ai attaqué le challenge Ad Victoriam, pendant lequel on se retrouve ici, au CNSD, entre blessés de toutes les armes, sans regard extérieur, avec un accès à une multitude de sports qu’on peut pratiquer chacun à son rythme. J’en fais moins désormais, car j’ai beaucoup d’activités annexes. Je suis notamment délégué régional de l’association des gueules cassées. Mais ces étapes Ad Victoriam sont un besoin. Avec la blessure, la santé mentale fait du yo-yo en permanence. Parfois on se sent bien, parfois on est au fond du gouffre. Ces stages entre blessés nous permettent de communiquer entre nous, sans parler forcément de la blessure. Nous sommes devenus des frères d’armes. Je retrouve cette fraternité que j’ai quittée quand j’ai été réformé en 2021.
Ce village des blessés est conçu avec uniquement des logements PMR (Personne à Mobilité Réduite). C’est essentiel pour mes camarades qui sont en fauteuil ou qui ont un handicap physique, et ça nous permettra de sortir des infrastructures des moniteurs de sport, pour être encore davantage entre nous, partager encore plus de moments de cohésion et de symbiose. 
»

Adjudant Guy

Portrait de l'adjudant Guy Legris.
© GEND/SIRPA/BRC A. MARCE

Le 10 septembre 2019, sur l’aire d’autoroute A31, dans le sens Nancy/Dijon, le gendarme Guy, affecté au Peloton motorisé (P.Mo.) de Rolampont, est blessé à la gorge et à l’épaule par un coup de couteau lors d’un contrôle à la suite d’un excès de vitesse. Le militaire riposte avec son arme de service et neutralise l’agresseur qui, blessé, est immobilisé au sol. Le militaire alerte les renforts du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Haute-Marne et les secours. Il est affecté depuis le 1er septembre 2020 à l’école de gendarmerie de Chaumont (52).

« En janvier 2020, peu de temps après avoir repris le service actif, j’ai été contacté par le capitaine Thierry Rousseau qui m’a proposé de participer à un stage famille Ad Refectio. J’ai beaucoup hésité, mais j’ai décidé de tenter l’expérience, plus pour ma famille. Pour moi, un blessé c’était quelqu’un qui avait été amputé, qui avait une blessure visible. Ce n’était pas mon cas. Même si j’avais pris des coups de couteau, ça ne se voyait pas. Je ne me sentais pas légitime, mais ça m’a fait du bien qu’on me dise : « vous êtes blessé aussi, vous avez le droit à la reconstruction ». Ça m’a permis de changer le regard que je portais sur moi-même, d’accepter le fait que j’avais été blessé, que j’aurais pu mourir.
Je ne voulais pas me considérer comme blessé parce que ça pouvait vouloir dire quitter l’institution. Et moi, j’étais bien dans mon travail, même si j’ai changé de branche et que je me suis orienté vers la formation en école de sous-officier, parce que retourner à l’endroit où s’étaient déroulés les faits, ce n’était pas possible pour moi…
J’ai pris part ensuite aux stages
Ad Victoriam. J’ai appris beaucoup sur moi-même et fait des choses au niveau sportif que je ne pensais pas pouvoir faire. Chaque stage me fait un bien fou, je repars au boulot gonflé jusqu’au stage suivant !
Ce village des blessés, c’est une chance pour nous. C’est presque un petit village de vacances, dans un environnement naturel, calme. On a hâte de pouvoir en bénéficier avec nos familles. 
»


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