En Moselle, les gendarmes en première ligne pour sécuriser l’un des plus grands rassemblements évangéliques tziganes d’Europe
- Par la lieutenante Floriane Hours
- Publié le 28 août 2025
Le rassemblement évangélique des gens du voyage « Vie et Lumière » réunit cette année plus de 10 000 fidèles sur le site de Grostenquin, en Moselle. Pour assurer la sécurité de l’ensemble des participants, mais également la tranquillité de la population locale, depuis le 1er août et jusqu’à la fin de l'événement, des centaines de gendarmes sont mobilisés. Un dispositif hors du commun dont l’efficacité a été saluée ce mardi 26 août par le ministre d’État, ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et par le major général de la gendarmerie nationale, le général de corps d’armée André Petillot.
À l’est de Metz, en périphérie de la base aérienne de Grostenquin, les quelques tracteurs et véhicules qui sillonnaient la petite route de campagne menant au site ont laissé place il y a quelques jours au passage de plus de 2 800 caravanes. Venus de toute la France, ils sont cette année 10 000 fidèles à avoir fait le déplacement pour assister, du 22 août au 1er septembre 2025, au grand rassemblement évangélique de la communauté tzigane « Vie et Lumière », qui se tient pour la cinquième fois en Moselle.
Si le chiffre est moindre au regard du nombre de personnes de la communauté affiliées à ce mouvement (150 000 en tout en France) et par rapport à celui des années précédentes (entre 20 000 et 30 000 en 2023 ; 2024 étant une année blanche pour cause de Jeux Olympiques), il n’en reste pas moins conséquent, d’autant plus que sur le site, le plus grand chapiteau d’Europe a été mis en place pour accueillir, durant les messes ou les traditionnels baptêmes, plus de 7 000 personnes.
Pour s’assurer que tout se déroule dans les meilleures conditions, pour les fidèles mais également pour la population locale, un important dispositif a été mis en place. Piloté par le préfet de la Moselle, Pascal Bolot, il allie l’action de plusieurs services de l’État, au premier rang desquels la gendarmerie nationale, acteur de la sécurité sur le secteur, mais également le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) et l’Agence régionale de santé (ARS).
430 gendarmes par jour
Le Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Moselle, sous le commandement du général Marc Payrar, appuyé par le CNO (Centre National des Opérations) et le CZO RGGE (Centre Zonal des Opérations de la Région de Gendarmerie du Grand Est), a déployé sur l’événement un dispositif conséquent. Chaque jour, environ 430 gendarmes sont à pied d’œuvre pour assurer des missions en lien avec le rassemblement évangélique. Parmi eux se trouvent 193 militaires issus du GGD de la Moselle (compagnie de Forbach, escadron départemental de sécurité routière-EDSR, réservistes), mais également 192 gendarmes mobiles des escadrons 19/9 de Noyon, 11/7 de Verdun et 13/7 de Thionville, aux ordres du colonel Gaël Racine, commandant le Groupement tactique de gendarmerie (GTG) II/7 de Strasbourg.
Leur action est complétée au sol par le renfort des EDSR de la Meurthe-et-Moselle et du Bas-Rhin, de l’UMZ (Unité Motocycliste Zonale de la police nationale) et de six cavaliers de la Garde républicaine. Depuis les airs, ils sont appuyés par les équipages de la SAG (Section Aérienne de la Gendarmerie) de Metz-Frescaty et par la cellule zonale de drone du Grand Est. La LAD (Lutte Anti-Drone) de la SOLC (Section Opérationnelle de Lutte contre les Cybermenaces) de Moselle.
Le groupement de la Moselle peut aussi compter sur le renfort d’unités nationales telles que la Cellule nationale observation exploitation de l'imagerie légale (CNOEIL), le Commandement pour l'environnement et la santé (CESAN), le CBH (Camion à Bras Hydraulique) ou encore la Section de protection et d’appui drones (SPAD) de la Garde républicaine. D’autres unités interviennent également plus ponctuellement afin de réaliser différents contrôles, à l’image de la brigade fluviale de Metz, ou encore de la Brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA) de Metz-Nancy-Lorraine, etc.
Quatre phases d’action
S’appuyant sur le RETEX (retour d’expérience) des années précédentes, l’emploi de l’ensemble de ces forces a été pensé autour de quatre grandes phases d’action : en amont, dès le 1er août, à l’arrivée des pèlerins, puis pendant le rassemblement, et enfin au départ des fidèles.
Après une phase de protection et de surveillance générale active, le dispositif est monté en puissance dès le lundi 18 août, avec l’installation sur le site des gendarmes chargés de la conduite des opérations, installés dans la Structure d’accueil modulaire déployable (SAMD) abritant un poste de commandement opérationnel mobile comprenant des moyens radios, informatiques et de téléphonie intégrés.
Première phase du dispositif de la gendarmerie dans le cadre de ce rassemblement : la reconnaissance et la sécurisation en amont de la base aérienne et des villages environnants pour rassurer la population locale, notamment les élus et les agriculteurs, peu favorables à la tenue de cet événement. Le 22 août, dès l’ouverture de la base et l’arrivée des premières caravanes, la deuxième phase a été amorcée. « Dans un deuxième temps, le plus gros du travail a été la gestion des flux. Plus de 2 800 caravanes sont arrivées. Il a donc fallu trouver une solution pour que tous puissent accéder au site sans bloquer l’ensemble des axes de la région », explique le capitaine Christophe Lepetit, officier du GGD 57 en charge de la manœuvre opérationnelle (J3).
Pour cela, le convoi a été orienté vers des axes bien précis, préalablement ciblés et fléchés afin que la population locale puisse circuler normalement sur le reste du réseau. Un travail conséquent réalisé en grande partie par le capitaine Nicolas Guillemin, commandant l’EDSR de la Moselle, avec l’appui des unités mobiles.
La troisième phase, en cours, consiste à gérer les différentes problématiques engendrées par une telle manifestation. Démarchages agressifs auprès de la population, insécurité et incivilités routières, tensions avec la population locale, pollution des sols et des eaux… Les faits qui crispent les habitants et nécessitent l’intervention des gendarmes sont nombreux. Pour y faire face, en plus des interventions ciblées, les gendarmes du secteur et ceux venus en renfort intensifient les patrouilles visibles dans un rayon de 25 km autour de la zone afin de dissuader et maintenir le niveau de tensions au plus bas, de rassurer la population et, si besoin, d’agir directement sur les faits constatés.
Enfin, la quatrième et dernière phase d’action de la gendarmerie se déroulera le 1er septembre à la fin de l’événement pour réguler le flux sortant.
Un engagement salué
Cette stratégie, qui affiche pour le moment une grande réussite, a été saluée mardi 26 août 2025 par le ministre d’État, ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et par le major général de la gendarmerie nationale, le général de corps d’armée André Petillot, venus à la rencontre des différentes forces mobilisées.
Un engagement qui n’est donc pas encore terminé. Dimanche 31 août et lundi 1er septembre, à la fin de la grande messe qui clôturera l'événement, plus de 5 000 véhicules quitteront la zone. Un nouveau défi pour les gendarmes, notamment ceux de l’EDSR, qui devront accompagner des cortèges de plusieurs centaines de véhicules. Pour ce faire, ils procéderont comme à l’arrivée des véhicules, en bloquant seulement certains axes pour ne pas trop impacter la population.
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