Rencontres AGIR 2024 : l’intuition était la bonne

  • Par le capitaine Tristan Maysounave
  • Publié le 04 décembre 2024
Speed-datings organisés à l'occasion des Rencontres AGIR.
© GEND/ SIRPAG/ GND.PERRIER

Le jeudi 28 novembre 2024, se sont tenues les rencontres AGIR. L’engouement pour cette 4e édition ne s’est pas démenti avec plus de 1 200 inscrits.

Ce jeudi 28 novembre 2024, la gendarmerie a organisé la 4e édition des Rencontres AGIR (Accompagnement par la Gendarmerie de l’Innovation, de l’industrie et de la Recherche). Soutenu par de nombreux sponsors, dont le Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres (GICAT), cet événement constitue le premier salon de la demande publique. Il est intégré au Mois de l’innovation publique et au programme « Je choisis la French Tech ». Alors qu’elles se tenaient jusqu’alors à Station F, dans le 13e arrondissement de Paris, les Rencontres 2024 ont été organisées au Beffroi de Montrouge en raison d’un engouement de plus en plus fort. Le salon, qui a pris une nouvelle dimension, a accueilli des nouveautés et a attiré plus de 1 200 personnes, dont 115 porteurs de projet, contre 90 en 2023, et 550 entreprises. Objectif : constituer un catalyseur d’innovation toujours plus grand.

Permettre au besoin de guider l’innovation

Le salon a été inauguré par le général de division Marc Boget, directeur de la stratégie digitale et technologique de la Gendarmerie nationale, le Préfet Gérard Lacroix, délégué général adjoint à la sécurité du GICAT, et par Julie Mercier, directrice des entreprises et partenariats de sécurité et des armes.

Allocution d'ouverture du GDI Boget.
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Lors de son discours d’ouverture, le général de division Boget a souligné « qu’ici, c’est le besoin qui guide l’innovation. Ces rencontres offrent une opportunité unique aux entreprises en leur permettant d’accéder directement aux besoins des forces publiques. » Cette phrase résume toute l’originalité de cette journée, au cours de laquelle se tiennent des speed datings permettant à des industriels de rencontrer des porteurs de projet d’administrations publiques, qui expriment un besoin concret.

Parmi ces porteurs de projet, de nombreux directeurs de programme de la gendarmerie nationale et d’autres institutions (police nationale, sécurité civile, douanes, ministère des Armées, justice, etc.). Nouveauté cette année, des représentants de collectivités territoriales étaient également présents. Dans la continuité de la précédente édition, le salon a poursuivi son ouverture à l’international en accueillant plus d’une dizaine de délégations étrangères.

Tancrède Doutrebente, responsable commercial grands comptes de Ksaar, s’est porté au-devant du Service de soutien à la projection opérationnelle (SSPO) de la gendarmerie nationale. « J’ai eu connaissance de leurs besoins et j’ai souhaité les rencontrer afin de leur faire part de nos solutions qui, à mon sens, répondent à leurs attentes, et qui présentent l’avantage d’être souveraines. Les Rencontres Agir sont particulièrement bien organisées et constituent un véritable accélérateur pour nous. »
« Ce type de rencontres nous permet de monter en compétences sur des réflexions de développement et d’amélioration, complète la capitaine Flore Kaposztas, du SSPO. L’entretien avec le représentant de Ksaar a été intéressant sur plusieurs aspects. Il s’agit d’entrepreneuriat français, ce qui confère un gage de qualité supplémentaire à ce collaborateur. Il s’inscrit également dans une logique d’agrégation des synergies, permettant de s’inspirer de projets similaires et de profiter d’échanges avec des partenaires publics ayant des problématiques similaires aux nôtres. »

Table ronde organisée à l'occasion des Rencontres AGIR.
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Les Rencontres AGIR sont également un lieu de réflexion sur les enjeux majeurs d’innovation. Ainsi, plusieurs tables rondes étaient organisées afin d’échanger sur l’innovation, les opportunités offertes par l’Intelligence artificielle (I.A.) ou encore le rôle des startups en matière de transformation publique.

Signe de l’importance grandissante du salon, la gendarmerie, représentée par son Major général (MGGN), le général de corps d’armée André Petillot, a profité de la concentration d’acteurs industriels pour conclure sept conventions. Par exemple avec la FIADS, l'association professionnelle des industriels français spécialisés en I.A. de défense et sécurité, ou encore avec Hexatrust, l'association professionnelle regroupant les acteurs français et européens de la cybersécurité et du cloud de confiance.

Allocution du MGGN lors des Rencontres AGIR.
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À l’occasion de son allocution de clôture, le Major général a souligné que les Rencontres AGIR remplissent quatre objectifs. Elles visent à stimuler la recherche fondamentale sur les enjeux de sécurité, à coconstruire les outils de demain, à réunir les acteurs publics et privés dans cet objectif et à intégrer l’ensemble des composantes des forces de sécurité. Le MGGN a enfin souligné que cet événement constitue à la fois « une conviction et une intuition. La conviction de faire dialoguer les administrations publiques avec les forces vives de la Nation et l’intuition de créer un salon de la demande plutôt qu’un salon de l’offre. »

Véritable catalyseur de la commande publique, cet événement a déjà permis la signature de plus de 2 millions d’euros de contrats avec des entreprises rencontrées lors des précédentes éditions.

Hackathon low-tech : concevoir de manière durable et simple

Autre nouveauté de cette édition 2024, la gendarmerie nationale, en partenariat avec l’Agence innovation défense (AID) du ministère des Armées et le programme Centurion (Cadre d’études de nouvelles technologies et nouveaux usages pour une rapide intégration au combattant), lancé par la Direction générale de l’armement (DGA), a organisé un hackathon low-tech. Seize projets portés par la gendarmerie et les forces armées ont été proposés à des élèves-ingénieurs issus de différentes écoles. En 24 heures, ils ont ainsi dû proposer des réalisations concrètes, en s’appuyant sur un FabLab mis à leur disposition. Comme l’expliquait l’ingénieur général de l’armement Patrick Aufort, directeur de l’Agence de l’innovation de défense (AID), lors de son discours de remise des prix du hackathon, l’objectif était de « favoriser une solution souveraine dans des délais raisonnables et à un coût accessible. »

« Nous avons mis en place un partenariat avec la Direction générale de la gendarmerie nationale et le ministère des Armées afin de créer encore plus de synergies, explique Anne-Kyra Siebert, manager portefeuille d’innovations humain augmenté au sein de l’AID. La mise en place d’un hackathon permettait d’adjoindre à cette journée un événement impliquant des étudiants. Cette idée a fait l’objet d’un véritable engouement. Nous avons sélectionné seize projets sur les 90 présentés. Des entreprises nous ont également mis gracieusement du matériel à disposition, dont douze imprimantes 3D et une découpeuse laser. Nous comptons reproduire ce format l’année prochaine. »

Imprimante 3D mise à la disposition des étudiants.
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« Les jeunes sont une cible privilégiée pour nous, complète Delphine Sampic, directrice de la communication et de l’événementiel du GICAT. Notre industrie a un vrai problème de recrutement, alors qu’elle est présente sur tout le territoire, qu’elle contribue favorablement à la balance commerciale de la France et qu’elle présente l’avantage d’offrir des emplois non délocalisables. »

Parmi les seize projets présentés aux étudiants, trois concernaient directement la gendarmerie.

Projet de réhabilitation des coffres des véhicules des brigades de gendarmerie.
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« L’objectif qui nous était fixé était de réhabiliter le coffre d’un véhicule de la gendarmerie afin de l’optimiser en vue des interventions, explique Corentin, étudiant en 4e année à l’ESILV. Ce challenge m’a permis de découvrir ce que les gendarmes embarquent comme matériels en patrouille et les contraintes auxquelles ils doivent faire face. » Pour les étudiants, il s’agissait d’une expérience très concrète, puisque le militaire à l’origine du projet était présent à leurs côtés pendant toute la durée du Hackathon. « Dans le cadre des Ateliers de l’innovation (ADI), j’ai porté la proposition d’aménagement des coffres des véhicules utilisés par les brigades, explique le maréchal des logis-chef Timothée, de la Brigade territoriale autonome (BTA) de Tassin-la-Demi-Lune. Le service de la transformation de la Direction générale de la gendarmerie nationale travaille sur le sujet. Les idées des étudiants pourront être incluses dans une réflexion plus globale. »

Récompenser l’innovation et imaginer l’avenir

Les Rencontres AGIR se sont terminées par une cérémonie de remise de prix récompensant des projets innovants.

Lauréats des Rencontres AGIR.
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Le premier prix du hackathon a été remis au groupe d’élèves-ingénieurs ayant imaginé des tranchées plastiques modulables et rapidement déployables.

Le prix de la prévention 2024 de la Direction générale de la gendarmerie nationale a été décerné au projet Kamishibai « c’est bizarre », porté par la Maison de protection des familles (MPF) de Vendée, en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale. Il s’agit d’un théâtre portatif permettant de favoriser la libération de la parole des enfants, notamment en matière d’atteintes sexuelles.

Le premier prix ADI a été remis à l’adjudant Patrick L., de l’équipe cynophile du Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) de Cahors, pour son projet de stop stick moto. Cet équipement doit permettre aux motocyclistes de pouvoir intervenir de manière plus sécurisée alors que les forces de l’ordre ont essuyé 24 000 refus d’obtempérer en 2023.

Enfin, le Prix de la transformation (PDT) a été décerné au major Sébastien C., de la Cellule d’identification criminelle (CIC) du groupement de gendarmerie départementale des Deux-Sèvres, pour le projet PTS’ASSIST. Cette application développée sur téléphone Néo constitue un véritable guide des actes de Police technique et scientifique (PTS), à destination du primo-intervenant.

Le colonel Mikaël Petit, conseiller stratégie innovation prospective auprès du Directeur général de la gendarmerie nationale, conclut en évoquant le futur des Rencontres Agir : « À l’avenir, l’objectif est de pouvoir emmener l’ensemble de la puissance publique, les ministères, les collectivités territoriales, ainsi que le plus de partenaires étrangers. »

Rendez-vous l’année prochaine !

GEND/ SIRPAG/ V.MARTIN

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