Martinique : l’engagement sans faille des gendarmes au service de l’État et des citoyens

  • Par Hélène THIN
  • Publié le 17 octobre 2024
Un gendarme se tient debout, de dos, en uniforme, dans la rue, de nuit. ll fait face à un incendie déclenché sur la chaussée, dont s'échappe une grosse fumée blanche.
© COMGENDMQ

Tandis que la Martinique est le théâtre de violences urbaines visant de multiples communes depuis début septembre, la gendarmerie nationale a engagé d’importants moyens afin de restaurer l’ordre républicain et interpeller les auteurs des troubles.

Touchée par un mouvement de protestation contre la vie chère, qui s’exprime depuis le début du mois de septembre, la Martinique est en proie à de nombreux épisodes de violences urbaines de la part d’une minorité radicale.
Les opérations de blocage, les pillages, les destructions et les actes de vandalisme menés à l’encontre des services publics et des commerces locaux menacent de fragiliser fortement le tissu socio-économique local. Afin de protéger la population civile et restaurer l’ordre républicain sur l’île antillaise, où résident 350 000 habitants, d’importants moyens ont été engagés par la gendarmerie nationale, sous l’autorité du préfet, et en coordination avec la police nationale et le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS).

Aux gendarmes, d’active et de réserve, du Commandement de la gendarmerie de la Martinique (COMGENDMQ) déployés sur le terrain dans le cadre de leur mission de maintien de l’ordre, s’ajoutent plusieurs Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) dont un Groupement tactique de gendarmerie (GTG), ainsi que des moyens spéciaux projetés sur zone, soit un groupe d’une Antenne GIGN (AGIGN) de métropole, un détachement du Groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM), un détachement du Centre national des opérations (CNO), et un renfort judiciaire et renseignements.

Deux véhicules blindés de la gendarmerie, de couleur bleue marine, circulent en file dans une rue. L'un d'eux contourne la carcasse d'une voiture calcinée.
© COMGENDMQ

Les gendarmes présents sur tous les fronts

« Les gendarmes sont engagés sur des missions de protection et de défense de l’aéroport de Martinique – Aimé Césaire, ainsi que des casernes de la gendarmerie, ayant été la cible de diverses exactions : tirs d'arme, jets de cocktails molotov et de projectiles divers, tentatives intrusion, etc. La brigade territoriale mobile (BTM) du Carbet a ainsi été détruite par moyen incendiaire le 9 octobre, rapporte le capitaine Eric B., du COMGENDMQ. Les militaires mènent également de nombreuses actions de protection des citoyens, de dégagement des axes de circulation et de réduction des barricades tenues par l’adversaire, de lutte contre les pillages, conduits par des individus cagoulés et armés, ainsi que d’identification et d’interpellation des fauteurs de troubles ».

Depuis le début des évènements, pas moins de 136 barricades et 104 pillages ont été recensés en zone de compétence gendarmerie.
Et l’officier de préciser : « Les nuits des 9, 10 et 11 octobre ont été particulièrement intenses en matière de pillages et d’actions violentes contre les forces de l’ordre, aussi bien en zone gendarmerie qu’en zone police. »
Vingt-six blessés ont été recensés dans les rangs de la gendarmerie, lors des différentes opérations de maintien de l’ordre, dont un par arme à feu.
À ce jour, les gendarmes ont procédé à quarante-sept interpellations à l’occasion des émeutes, depuis le début de la crise. Concernant la phase judiciaire, la Section de recherches (S.R.) de Fort-de-France et l’Officier-adjoint de police judiciaire (OAPJ) du COMGENDMQ travaillent conjointement, suivant une approche ciblée, adaptée à chaque type d’infraction, en lien étroit avec la Direction territoriale de la police nationale (DTPN).

Instauré le 10 octobre sur l’ensemble de l’île, afin de préserver la sécurité des personnes et des biens face à la montée des tensions, le couvre-feu de 21 heures à 5 heures a été prolongé par la préfecture de Martinique jusqu'au 21 octobre.

Parmi les acteurs armant le Centre opérationnel départemental (COD), deux militaires de la gendarmerie sont présents aux côtés des autres services de l’État, pour participer à la conduite et à la coordination des opérations de secours et de sécurité publique.

Les capacités de planification et de projection, pilotées par le Centre national des opérations (CNO), associées à une solide expérience des territoires d’Outre-mer et au plein engagement des unités de gendarmerie, ont une nouvelle fois permis la montée en puissance rapide et le déploiement coordonné d’un dispositif pluriel sur un territoire éloigné, dans un contexte de crise.

Image d'une chaussée en feu, sur un large axe de circulation urbaine. Le feu prend toute la largeur de la voie, et il s'en dégage une fumée blanche. Il fait nuit.
© COMGENDMQ

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