Le major général à la rencontre des enquêteurs et unités mobilisés dans l’enquête sur la disparition et la mort de Lina
- Par le commandant Céline Morin
- Publié le 25 octobre 2024

Ce jeudi 24 octobre 2024, le général de corps d’armée André Petillot, major général de la gendarmerie nationale, s’est rendu à Strasbourg (Bas-Rhin), afin d’échanger avec une partie des enquêteurs mobilisés dans le cadre des investigations sur la disparition et la mort de Lina. Il a également pu s’entretenir avec des militaires issus des unités engagées dans le dispositif de recherche de la jeune fille pendant près d’un an. Son corps a été retrouvé dans la Nièvre le 16 octobre dernier.
Le 23 septembre 2023, une jeune fille nommée Lina, âgée de 15 ans, est portée disparue aux environs de Saint-Blaise-la-Roche, dans le Bas-Rhin (67), alors qu'elle devait prendre un train pour Strasbourg. Les premières vérifications confirment, le jour même, que la jeune fille n'est pas montée à bord du train. La Section de recherches (S.R.) de Strasbourg ouvre alors une enquête pour disparition inquiétante et lance un appel à témoins.
Un important dispositif de recherche pluridisciplinaire
Immédiatement un important dispositif pluridisciplinaire, mobilisant plus d’une centaine de militaires au plus fort des recherches, est déployé pour quadriller un terrain qui s’avère difficile au regard de sa typologie. Les gendarmes départementaux sont renforcés par des gendarmes mobiles, des réservistes et des moyens spécialisés, dont trois équipes cynophiles, et un hélicoptère avec caméra thermique. Des centaines de citoyens sont également mobilisés sous la coordination étroite de la gendarmerie.
Pendant une semaine, les recherches s’intensifient sur un périmètre élargi, avec le renfort de sept plongeurs de la brigade fluviale franco-allemande de Strasbourg équipés de sonars, d’une dizaine de spécialistes de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), ainsi que de Techniciens en identification criminelle (TIC) du Groupement de gendarmerie départementale du Bas-Rhin (GGD 67).
Le 1er octobre 2023, une information judiciaire des chefs d'enlèvement et de séquestration criminelle est ouverte par le Parquet de Strasbourg. L'enquête se poursuit dès lors dans le cadre d’une cellule nationale suivie par la Sous-direction de la police judiciaire (SDPJ/DGGN), mobilisant une vingtaine d’enquêteurs issus de la S.R. de Strasbourg, de la Brigade de recherches (B.R.) de Molsheim et de brigades territoriales du GGD 67, avec l’appui de services centraux d'expertises (service central de renseignement criminel de la gendarmerie nationale, dont le département des sciences du comportement / DIANE, IRCGN et ComCyber-MI).
Un minutieux travail de recoupement
Parallèlement au travail de recherche réalisé sur le terrain, avec l’appui complémentaire de différentes unités, les enquêteurs de la gendarmerie vont réaliser pendant dix mois un travail de recoupement méticuleux, qui permet d’identifier un véhicule volé intéressant pour l’enquête. Ce dernier a en effet été vu à proximité du dernier lieu où a été aperçue la jeune fille.
Le conducteur du véhicule est identifié. Tout tend désormais à démontrer son implication dans la disparition de Lina. L’homme de 43 ans, originaire de Besançon et père de deux enfants, se suicidera le 10 juillet 2024.
Le véhicule est finalement retrouvé le 26 juillet 2024. Les enquêteurs y découvrent le sac à main de Lina. Les experts de l’IRCGN retrouveront également la présence de l’ADN de la jeune fille dans l’habitacle.
Exploitation des données du véhicule
La mobilisation des gendarmes pour retrouver l’adolescente disparue ne faiblit pas. Les données GPS extraites du véhicule permettent ainsi de reconstituer le parcours du suspect, du plus près au plus loin du lieu de disparition. Progressivement, portion par portion, l’itinéraire est ratissé à pied et par les airs, jusqu’à cette funeste journée du 16 octobre 2024, au cours de laquelle le corps sans vie de Lina est retrouvé dans les environs de Nevers (Nièvre), à plus de 500 km du lieu de sa disparition. Caché des regards, le corps est immergé dans un fossé, situé à proximité d’un lieu d’arrêt du véhicule. L'analyse de l'ADN réalisée en urgence par l’IRCGN confirme l’identité de la victime le jour même, permettant d’informer immédiatement la famille.
Une mobilisation sans faille
Ce jeudi 24 octobre 2024, le général de corps d’armée André Petillot, Major général de la gendarmerie nationale (MGGN), notamment accompagné du colonel Marie-Laure Pezant, porte-parole de la gendarmerie, s’est rendu à la caserne Sénarmont de Strasbourg, abritant le GGD 67, où il a été accueilli par le général de corps d’armée Olivier Kim, commandant la Région de gendarmerie Grand Est et la gendarmerie pour la zone de défense Est, et par le général Gwendal Durand, commandant le GGD 67 et le colonel Jean-François De Decker, commandant la S.R. de Strasbourg.
Après un point de situation en comité restreint avec les enquêteurs en charge du dossier (le commandant de la S.R. de Strasbourg, le directeur des opérations, le directeur d’enquête et son adjoint, les procéduriers et le coordinateur numérique), le major général a pu échanger avec une trentaine de militaires représentant les unités particulièrement engagées dans le cadre des recherches et des investigations sur la disparition de Lina : des enquêteurs de la S.R. de Strasbourg, des effectifs du GGD 67 engagés au sein de la cellule d'enquête, des militaires du Groupe d’observation surveillance et de la Cellule d’investigations criminelles, l’Analyste criminel/ANACRIM de la section d’appui judiciaire, des militaires de l’EGM 17/7 de Thionville ayant participé aux recherches, des experts de l’antenne du centre de lutte contre les criminalités numériques de la S.R. Metz, la section aérienne de gendarmerie de Colmar, des réservistes, particulièrement engagés, et des plongeurs de la brigade fluviale franco-allemande de Strasbourg. Seuls absents ce jour, les équipes cynophiles, engagées par ailleurs.
Le général Petillot les a remerciés pour leur engagement sans faille depuis la disparition de Lina et leur persévérance afin de faire la lumière sur cette affaire et apporter des réponses à sa famille. Bien que l’avancée de l’enquête n’ait progressivement plus laissé guère de place au doute quant à l’issue des recherches, aucun effort n’a été épargné afin de retrouver le corps de l’adolescente et permettre à ses proches de faire leur deuil.
Ce sont en effet au total des centaines de signalements qui ont été recueillis, plus de 400 auditions conduites, dont les éléments ont été recoupés et vérifiés sur le terrain, plus de 300 véhicules analysés, dont 20 ont fait l’objet de constatations de police technique et scientifique, pour certaines à Pontoise, plus de 6 000 pièces procédures et plusieurs gardes à vue.
Les obsèques de Lina se dérouleront ce vendredi 25 octobre 2024 en l'église Saint-Arnould de Plaine, dans le Bas-Rhin. Tandis que l’heure est désormais au recueillement pour la famille, les amis et les proches de la jeune fille, l'enquête se poursuit afin d’éclaircir les circonstances de ce drame.
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