2e assises de la réserve citoyenne à l’université Panthéon-Assas

  • Par Antoine Faure
  • Publié le 16 décembre 2024
Assises de la réserve citoyenne
© GEND/SIRPA/GND J. PERRIER

Les 2e assises de la réserve citoyenne de la Gendarmerie nationale se sont tenues mardi 10 décembre 2024, sous l’autorité du général de division Jean-Pierre Gesnot, Commandant la gendarmerie pour les réserves et la jeunesse (CRJ). L’objectif était de décliner la nouvelle stratégie de gouvernance et d’animation de la réserve citoyenne ainsi que celle à l’égard de la jeunesse. À cette occasion, le Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN), le général d’armée Hubert Bonneau, a présenté les grandes lignes de son plan d’action pour l’avenir.

L’université Panthéon-Assas, à Paris, a accueilli près de 600 réservistes citoyens, officiers généraux, officiers et sous-officiers de toutes les régions, mardi 10 décembre 2024, à l’occasion des 2e assises de la réserve citoyenne de la Gendarmerie nationale. La Réserve citoyenne de défense et de sécurité (RCDS) de la gendarmerie est composée de près de 2 200 hommes et femmes qui, de manière bénévole, contribuent au rayonnement de la gendarmerie, participent à ses réflexions et renforcent son expertise dans tous ses domaines missionnels.

Dans son propos liminaire, le général de division (GDI) Jean-Pierre Gesnot, Commandant la gendarmerie pour les réserves et la jeunesse (CRJ), est revenu sur le fort engagement de la réserve opérationnelle, passée de 33 000 réservistes en 2023 à 36 300 en 2024, avec un investissement particulièrement important au cours de l’été 2024, à l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris. Il a également rappelé l’objectif de 50 000 réservistes fixé par le président de la République, et le rôle que peuvent jouer les réservistes citoyens dans le recrutement, en promouvant cet engagement auprès des jeunes. Le GDI Gesnot a insisté sur « l’impérieuse nécessité pour la gendarmerie de s’appuyer sur les réservistes citoyens et opérationnels », et donc sur « le besoin de dynamiser la gouvernance et l’animation de la réserve citoyenne, pour lui permettre de devenir, au même titre que la réserve opérationnelle, un atout stratégique pour augmenter la capacité de la gendarmerie à relever ses défis ». Le colonel Guillaume Émile-Zola-Place, secrétaire général adjoint de la RCDS, a indiqué que le nombre de réservistes citoyens était passé de 400 en 2012 à 2 157 en 2024. Pour autant, il a fait le constat que « certains d’entre eux  ne sont pas suffisamment sollicités, et souhaiteraient être davantage que des ambassadeurs ».

Assises de la réserve citoyenne
© GEND/SIRPA/GND J. PERRIER

Dynamiser la gouvernance et l’animation

Pour mieux mettre à profit cette force, la gendarmerie travaillera donc suivant trois axes : définir les besoins internes, mettre en valeur les ressources et les compétences, dynamiser la gouvernance et l’animation qui seront déconcentrées dans les directions, régions et départements. « Des périodes d'acculturation vont être développées, en s’appuyant sur la remise d’un tout nouveau livret du RCDS et sur des visites d’unités organisées à la diligence de l’autorité d’emploi, a indiqué le GDI Gesnot. La création d’un site Internet dédié est à l’étude, qui permettra de proposer davantage de missions d’engagement sur tout le territoire. » Des task forces sur des thématiques à identifier seront également mises en place. Le colonel Émile-Zola-Place a par ailleurs précisé qu’il n’y aurait plus de renouvellement automatique, mais que celui-ci serait fonction à la fois des résultats et des besoins régulièrement réévalués de la gendarmerie.

Après une présentation par le général de corps d’armée Lionel Lavergne, Commandant de la gendarmerie d’outre-mer (CGOM), des enjeux de sécurité dans les territoires ultramarins et l’action de la gendarmerie, en temps de paix comme en temps de crise, le Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN), le général d’armée Hubert Bonneau, est intervenu pour exposer les grandes lignes de son plan d’action (voir encadré). Le DGGN a rappelé que la RCDS, bien utilisée, pourrait constituer un levier précieux pour renforcer l’efficacité de l’action de la gendarmerie, en insistant sur l’importance de l’influence et de la cohésion des réservistes citoyens, « un réseau auquel je tiens beaucoup et qui doit être redynamisé, a-t-il déclaré. […] La réserve citoyenne est une chance, mais nous devons vous confier des orientations, pour que vous soyez acteurs de la réflexion sur la place de la gendarmerie dans la société. J’ai besoin de vous parce qu’il y a une méconnaissance de la gendarmerie qui me frappe, une vision parfois caricaturale. Votre rôle de relais est important. »

Un engagement fort pour la jeunesse

Une table ronde sur la jeunesse a également permis de développer la stratégie à l’égard de la jeunesse de la gendarmerie et de faire témoigner cinq réservistes citoyens très engagés dans certaines des 104 associations de cadets. La Gendarmerie nationale est en effet bien plus qu'une force de sécurité. Elle est une actrice clé dans la construction d'une société forte, solidaire et sûre, particulièrement en engageant notre jeunesse.

La gendarmerie propose ainsi un parcours d’engagement citoyen ouvert à tous et adapté à chaque classe d’âge, de 10 ans à la majorité, avec notamment l’opération mentorat "1 gendarme, 1 jeune", pour renforcer les liens intergénérationnels, des rallyes citoyens pour renforcer l'engagement civique et le lien armée-Nation, le dispositif des Cadets de la gendarmerie, dont le CRJ fêtera en 2025 le 10 000e Cadet, et toutes les autres actions favorisant la citoyenneté et l’engagement des jeunes.

Enfin, un fonds de dotation de la gendarmerie pour la jeunesse va voir le jour, avec notamment pour objectifs de transmettre les valeurs de citoyenneté, de défense et de mémoire, et de renforcer la cohésion sociale et l’égalité des chances, en synergie avec les associations de cadets.

Après une table ronde sur la sécurisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 (voir encadré), puis une autre sur la cybersécurité au cœur des grands événements, un dernier échange était consacré à des réservistes citoyens témoignant de leur engagement et de leurs actions. Le général de corps d'armée Olivier Kim, commandant des réserves de 2018 à 2021, a apporté son regard de commandant de région du Grand Est, où les réservistes citoyens sont particulièrement impliqués. « Vous êtes là pour nous aider, pour nous apporter votre vison, votre regard décalé », a-t-il insisté.

Le GDI Jean-Pierre Gesnot a conclu ces 2e Assises en remerciant tous les réservistes citoyens pour leur engagement, précisant que tout doit être mis en œuvre par la chaîne de commandement pour dynamiser et mieux employer notre réserve citoyenne.

Le DGGN présente les grandes lignes de son plan d’action

Assises de la réserve citoyenne
© GEND/SIRPA/GND J. PERRIER

Lors de ces assises, le directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN), le général d’armée Hubert Bonneau, a partagé sa vision et les grandes lignes de son plan d’action.

Il a rappelé le contexte de « fragilisation de la cohésion nationale et de la confiance dans l’État », avec cinq grands marqueurs : l’impact des tensions internationales sur le territoire national ; l’aggravation de la criminalité et de la violence du bas au haut du spectre, en insistant sur le climat d’insécurité lié à la criminalité organisée et sur les violences intrafamiliales qui représentent plus d’un tiers des gardes à vue prises par les gendarmes ; l’intensification des contestations radicales et environnementalistes ; les menaces dans le cyberespace ; et les atteintes à l’environnement.

« Nous sommes à un moment de bascule », a appuyé le DGGN, qui a souligné l’importance des plans anti-délinquance dans chaque département. « L’événement commande, le terrain contraint », a-t-il résumé, indiquant vouloir « des gendarmes bien formés et bien commandés pour faire face à l’adversité sur tout le spectre », et une présence sur la voie publique avec « la bonne patrouille, au bon endroit, au bon moment, pour dissuader et contrôler dans la profondeur ». Il a également affirmé son ambition de créer une unité nationale de police judiciaire, « une structure de terrain regroupant toutes les composantes de la gendarmerie dans ce domaine ».

Retour sur la sécurisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris

Assises de la réserve citoyenne
© GEND/SIRPA/GND J. PERRIER

Une table ronde était consacrée à la la sécurisation des Jeux de Paris. Commandant des forces de la gendarmerie employées sur Paris pour cette manœuvre exceptionnelle, désormais conseiller du Gouvernement pour la défense, le général d’armée Xavier Ducept est revenu sur cet engagement de 29 000 militaires d’active et de réserve et de toutes les forces et spécialités de la gendarmerie.

Le général de corps d’armée (GCA) Tony Mouchet, Directeur des opérations et de l’emploi (DOE), a abordé la génération des forces de gendarmerie mobile et départementale, notamment sur la plaque parisienne, et sur le maintien, dans le même temps, d’un même niveau de sécurité sur tout le territoire.

Enfin, le général de division (GDI) William Vaquette, commandant du Service d’information et de relations publiques des armées-gendarmerie (SIRPA-G), a expliqué que la manœuvre communication avait été essentielle « pour rassurer la population et valoriser l’Institution », soulignant « qu’il avait été facile de communiquer sur un succès collectif ».


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