Département anthropologie hématomorphologie (DAH)
- Par Contributeur 384507
- Publié le 23 juin 2016, mis à jour le 21 avril 2026

Créé en 1991, le Département anthropologie hématomorphologie (DAH) a été restructuré en 2014.
Anthropologie médico-légale
L’anthropologie médico-légale permet de fournir des réponses aux enquêteurs et aux magistrats dans un temps très limité. L’unité d’expertise d’anthropologie met en œuvre différentes activités visant à déterminer l’origine humaine ou animale de tout reste osseux découvert, à identifier les victimes et à rechercher les causes et circonstances du décès.
A partir de photographies, les anthropologues du département peuvent déterminer l’origine humaine ou animal de tout reste osseux permettant ainsi d’orienter les enquêteurs et les magistrats susceptibles d’y être confrontés.
À partir d'un squelette, l’anthropologie médico-légale permet de déterminer ses caractères biologiques permettant d’établir un profil biologique de individu (groupe biologique populationnel, sexe, âge et taille). Il est également procédé à la recherche de toutes atteintes ostéopathologiques ante-mortem, soit toute atteinte ayant eu lieu au cours de la vie du sujet (maladies, anciens traumas ou fractures, opérations chirurgicales et implantation de matériels d'ostéosynthèse à l'image de prothèses pour seuls exemples). Ces informations permettent d'obtenir des informations sur la vie du sujet avant sa mort aux fins d'identification estimative.
L’étude lésionnelle réalisée va permettre de mettre en évidence la présence de traumas péri-mortem associés aux circonstances du décès et d’en déterminer la nature (action contondante, trauma balistique, lésions tranchantes notamment). L’unité d’expertise anthropologie va également être sollicitée dans le cas de corps démembrés pour préciser quel type d’outil a pu être employé. Plus largement, dans le cadre de l’étude lésionnelle, il est possible de comparer les différents outils ayant été susceptibles d’engendrer les lésions observées.
En plus de l’estimation de l’ancienneté des restes osseux, l’examen anthropologique va chercher, via l’étude taphonomique, à caractériser la nature et l’origine des atteintes post-mortem susceptibles d’avoir engendré des altérations sur les os. Ces dernières sont évocatrices du milieu et des conditions de séjour, des conditions d’enfouissement et d’éventuelles tentatives de destruction du corps.
L’anthropologie médico-légale est également en mesure de procéder à la comparaison d’examen d’imagerie ante-mortem et post-mortem aux fins d’identification comparative. Discipline pouvant ainsi aider à identifier les corps lorsqu’aucun autre élément d’identification primaire n’est retrouvé, elle est ainsi retenue dans le cadre des missions de l’Unité de gendarmerie d’identification de victimes de catastrophes (UGIVC).
Très sollicitée dans le cas de découverte de restes osseux, l’anthropologie médico-légale peut également être appliquée à l’étude des corps non squelettisés en appui de la médecine légale aux fins d’identification estimative et/ou d’étude lésionnelle.
Archéologie forensique
Le département est également organisé pour faire face aux cas de corps enterrés, dispersés, fragmentés ou brûlés. Formés en archéologie forensique, les personnels du département peuvent engager tous les moyens nécessaires à la gestion de la scène de crime, de la phase de recherche à l’étude des ossements en laboratoire, en passant par la fouille.
Discipline à part entière, dépassant la simple application des méthodes et techniques archéologiques à une scène, l’archéologie forensique va permettre d’identifier d’éventuelles anomalies de relief et de végétation liées à la présence d’une zone de creusement ou de décomposition d’un corps, et ce, dès la phase de recherche.
Elle va notamment permettre de reconstituer la chronologie d’actions ayant amené à l’enfouissement du corps, en identifiant et en caractérisant les éventuelles modalités de dissimulation, les actions de creusement, les éventuelles manipulations du corps lors de l’enfouissement ainsi que les modalités de comblement de la fosse. Nécessitant un véritable savoir-faire, cette analyse criminalistique permet également de mettre en évidence chaque changement, ou perturbation, ayant pu perturbé l'état initial de la fosse.
Appuyée par une fouille criminalistique fine, l’archéologie forensique, combinée par l’anthropologie médico-légale, va permettre l’identification in situ des éléments anatomiques ainsi que des indices et traces afin de comprendre les circonstances associées au dépôt, à la fragmentation ou à la dispersion éventuelle du corps.
Morpho-analyse des traces de sang
La morpho-analyse des traces de sang est une science criminalistique qui s'appuie sur des principes hérités de la chimie, la biologie ou la dynamique des fluides. Elle a pour but de renseigner le requérant sur les conditions et les circonstances du déroulement des faits sanglants, qu’ils soient criminels ou accidentels, de prouver l’existence d’un crime et d’aider la justice à déterminer le mode opératoire de l’auteur, etc.
Pour ce faire, le morpho-analyste examine visuellement les traces de sang présentes sur une scène d’infraction ou tout élément pouvant s'y rattacher (objet, vêtement). Il peut avoir recours à des logiciels spécifiques pour étudier les trajectoires des projections de sang, ainsi qu’à la modélisation 3D de la scène (fixation de l’état des lieux – études techniques – études de trajectoire, etc.). Il peut également générer des visites virtuelles de synthèse ayant pour but de présenter les lieux et les éléments principaux du rapport de morpho-analyse. Ces visites virtuelles peuvent être enrichies tout au long du suivi de l’affaire (saisine initiale – reconstitution – complément d’expertise).
Enfin, elle permet de confronter les auditions et dépositions des protagonistes ou des témoins des faits, avec l’analyse morphologique des traces de sang afin d’en apprécier la compatibilité.
La détection des traces de sang latentes, activité complémentaire à la morpho-analyse des traces de sang, consiste à rechercher des traces non visibles, pouvant être d’origine sanguine et humaine, au moyen de réactifs chimiques compatibles avec l'ADN et rendant donc possibles les analyses génétiques qui seront réalisées postérieurement.
Cette discipline peut également être le point de centralisation de résultats obtenus dans d’autres domaines d’expertise (balistique, médecine légale, génétique).
Enfin, un concours peut aussi être apporté aux enquêteurs et aux magistrats pour des travaux de synthèse sur des dossiers médico-légaux complexes.
Ces contenus peuvent vous intéresser
Janus : le jumeau numérique des scènes de crime au service de la justice
Le projet Janus permet à des enquêteurs, experts et magistrats de s'immerger...
Article
Une plate-forme départementale d'identification criminelle
Dans chaque département, le groupement de gendarmerie départementale...
Article
Contacter la gendarmerie
Numéros d'urgence




