Le GIGN à l'international

  • Par la rédaction du site GIGN
  • Publié le 31 mars 2025, mis à jour le 01 avril 2025

Force de sécurité intérieure, la gendarmerie nationale est aussi un acteur incontournable de la scène internationale, notamment à travers cette unité bien spécifique qu’est le GIGN. Rattachée au commandant et en lien étroit avec le pôle des affaires européennes et internationales (PAEI) de la direction générale de la gendarmerie, la Cellule des relations internationales a été créée le 1er septembre 2007 et se compose d’un officier dont les missions sont de coordonner les actions de coopération et de formation du Groupe à l’international à travers trois principaux volets :
-  la création et le renforcement de partenariats bilatéraux « gagnant-gagnant »,
- la réalisation d’actions de coopération technique en lien avec la Direction de la coopération internationale de sécurité (DCIS) et la Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD),
- des échanges multilatéraux avec plusieurs réseaux européens et transcontinentaux.

Partenariats bilatéraux : gagnant-gagnant

Chaque année, les forces opérationnelles du GIGN réalisent des échanges bilatéraux avec d’autres forces d’intervention étrangères, qui se traduisent par des rendez-vous majeurs réguliers et d’autres ponctuels. Réalisées sous forme d’immersions, les rencontres régulières sont planifiées plusieurs fois par an avec des unités d’intervention et de contre-terrorisme possédant des modes opératoires et des technicités bien particulières, opérant aux quatre coins du monde, de l’Asie à l’outre-Atlantique, en passant par l’Europe et l’Afrique. Elles sont l’occasion pour le GIGN et ses « unités sœurs » de réaliser des entraînements conjoints, d’échanger sur leurs modes opératoires et leurs technicités et de partager des retours d’expérience. Ces échanges réguliers viennent enrichir les procédures tactiques et techniques des forces opérationnelles dans les domaines du contre-terrorisme, de la lutte contre la criminalité organisée ou des savoirs-faire spécifiques (ouverture fine, effraction chaude, capacités cynophiles etc.). De plus, dans une logique d’action transfrontalière, le GIGN entretient des relations privilégiées avec des unités voisines, à l’instar du GSG9 allemand (unité créée à l’issue des attentats de MUNICH en 1972), de la Direction des unités spéciales (DSU) belge (ayant débouché sur un partenariat opérationnel à VERVIERS en 2015), de la Unidad especial de intervencion (UEI) espagnole ou GIS italien. Enfin, le GIGN noue des liens étroits avec des unités plus proches des forces spéciales, comme le YAMAM israélien ou le SEAL Team 6, unité de l’US NAVY.

Coopération technique soutenue

Le deuxième axe de ces actions à l’international concerne la formation et l’influence. Grâce à la notoriété de ses quatre lettres, le GIGN peut appuyer la politique étrangère française, en répondant aux sollicitations d’unités étrangères en termes de formation et en accueillant des autorités en son sein des autorités étrangères dans le cadre de visites. Sur ce volet de coopération, la cellule RI travaille en lien direct avec la DCIS et le Ministère de l’europe et des affaires étrangères (MEAE). Les formations, point majeur de type de coopération, se déroulent sur nos infrastructures en France (par exemple lors des D18) ou à la demande du partenaire directement sur place sur les centres d’entraînement locaux. De plus, elles sont dispensées par des experts des différentes forces du GIGN et permettent de fournir des clés techniques et tactiques de résolution de crises locales. Outre le gain immédiat pour les unités formées, le GIGN y gagne aussi dans sa connaissance du terrain et dans la consolidation de ses relations avec de nombreux partenaires, ce qui peut s’avérer utile lors de certaines projections opérationnelles.
En moyenne, le GIGN et ses Antennes effectuent entre 30 et 40 actions de ce type chaque année aux quatre coins du monde. Malgré des destinations sont devenues au fil des années incontournables :

 

  • En Afrique

L’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) accueille plusieurs fois par an des experts. basée en Côte d’Ivoire, cette structure a vocation à devenir un centre d’expertise majeur pour de futurs gendarmes, douaniers, policiers ou magistrats d’Afrique de l’Ouest.
En plus de ce centre, le GIGN tient à conserver d’excellentes relations avec des unités dont l’organisation a été inspirée du modèle GIGN, à l’instar du GSIGN gabonais ou mauritanien et de l’UIGN ivoirien.

  • En Afrique du Nord et Moyen-Orient

En Tunisie, le GIGN a développé au fil des années un lien étroit avec l’Unité spéciale de la garde nationale (USGN) dont les enjeux liés au terrorisme ont directement une incidence sur le territoire européen via l’espace méditerranéen.  Au Qatar à la Lefdawiya et en Jordanie à la Garde Royale, le GIGN peut s’appuyer sur des coopérants gendarmes désignés par l’unité, en vue de nouer des relations privilégiées avec ces partenaires.

  • En Amérique – Asie Pacifique – Europe orientale

Dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée, les actions en Amérique du  Sud ont pris davantage d’ampleur ces derniers temps. En effet, les unités de police sur place sont très largement confrontées à des problèmes d’extorsion et de séquestration. Ces thématiques, suivies de près par le GIGN, donnent lieu à des échanges fructueux, notamment en matière de négociation. Enfin, bien qu’éloignée géographique, la zone indo-pacifique représente un vif intérêt pour la France et la Gendarmerie, notamment du au positionnement de ses territoires outre-mer. C’est dans ce contexte que les échanges avec des unités de bons niveaux comme en Inde, au Japon ou en Australie deviennent de plus en plus prégnants.

Une coopération multilatérale principalement à travers des réseaux européens

Animé par un esprit de communauté, le GIGN entretient des relations multilatérales avec de nombreux autres pays, et en particulier européens. Si la coopération multilatérale s’articule autour de trois principaux réseaux européens, le GIGN participe également à des réseaux internationaux.

  • Les principaux réseaux : ATLAS, BLACK GRIFFIN, ESG.

Les trois principaux réseaux sont européens et sont transposables à chacune des trois forces opérationnelles du GIGN : la F.I. s’appuie ainsi sur le réseau ATLAS, la FOR sur le réseau European union group ESG, et la FSP sur le réseau Black Griffin. Ces liens multilatéraux avec les pays européens se mettent en place aussi bien sur le territoire européen que sur des théâtres d'opérations extérieures.

ATLAS :  La F.I. est rattachée au réseau européen ATLAS financé par l’agence EUROPOl et qui compte aujourd’hui 38 unités d’intervention et de contre-terrorisme de pays de l’Union européenne ou situés à proximité des frontières de l’Europe. En France, deux unités en font partie : le GIGN et le RAID. Du contre-terrorisme aérien à ses débuts, ses missions se sont étendues, notamment aux problématiques de contre-terrorisme maritime, ou à des domaines d’expertise précis (K9, effraction, NEGO etc.). ATLAS est structuré autour de groupes thématiques ou techniques dirigés chacun par une unité membre. En l’occurrence, le GIGN est leader dans le domaine Silent (détection et acquisition du renseignement), ce qui lui permet de participer activement à la gouvernance du réseau.
Au-delà des exercices, l'action des membres de ce réseau peut également donner lieu à des opérations transfrontalières concrètes. Le 15 janvier 2015, quelques jours seulement après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercacher, l’unité spéciale de la police belge, la DSU, a ainsi démantelé une cellule djihadiste sur la commune de VERVIERS. Lors de cette interpellation d’ampleur, l’unité belge était appuyée par les gendarmes de la F.I. du GIGN.

BLACK GRIFFIN : Le réseau Black Griffin réunit cinq unités occidentales (France, Pays-Bas, Allemagne, Roumanie et Etats-Unis) qui font de la protection rapprochée, et avec lesquelles des exercices conjoints sont organisés. Durant ces séquences, les opérationnels apprennent à se connaître, à travailler ensemble, et à échanger sur leurs tactiques et leurs techniques. Une préparation qui leur permet d’agir en totale interopérabilité sur tous types de terrain, comme cela a été le cas, il y a quelques années, avec les Néerlandais sur le sol libyen.

ESG : Loin des théâtres d'opérations extérieures, la coopération multilatérale au sein de ces réseaux s’incarne aussi à travers des actions communes réalisées directement sur le territoire européen : La  FOR dispose à l’image des deux autres forces d’unités homologues dans le domaine de la surveillance et de la filature, elles aussi spécialisées sur les questions de terrorisme et de criminalité organisée. Sur ce volet, l’European surveillance group (ESG) est un réseau au sein duquel des unités de recherches se rencontrent régulièrement pour analyser la menace et effectuer des entraînements conjoints sur les techniques de filature ou encore les équipements, comme les balises et les caméras. Comme pour le réseau Black Griffin, le réseau ESG permet aux unités d’identifier des points de contact dans chacun des pays européens, offrant ainsi une plus-value essentielle en cas d’observation transfrontalière d’urgence (filature se poursuivant dans un pays voisin).

  • Les autres réseaux internationaux

IIFSOC/EIFS : Parmi ses nombreuses capacités, le GIGN est également implanté dans la communauté Air-Marshal. Seule entité française abilitée, le GIGN a fait partie des neufs pays fondateurs du réseau International flight security officer committee (IIFSOC) avec les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et cinq autres pays européens. Aujourd’hui cette communauté ne cesse de s’agrandir et regroupe aujourd’hui près d’une vingtaine de membres.  En plus de contribuer à homogénéiser les pratiques à l’échelle internationale, ce réseau permet de tisser des contacts avec un nombre important de partenaires en cas de besoin opérationnel. Des exercices peuvent même être organisés dans le cadre du réseau européen EU in-flight security (EIFS) très proche de l’IIFSOC.

CIPSE : Membre depuis 2022 de la Communidad Internacional Policial contra el Sequestro y la Extorsion (CIPSE : communauté internationale contre l’extorsion et la séquestration) dont le siège est basé en Colombie, le GIGN continue de développer ses relations avec ce réseau prometteur. L’Amérique du Sud a en effet pendant très longtemps été en première ligne face à cette forme de criminalité. Aujourd’hui, il convient pour le GIGN de partager non seulement ses savoirs-faire mais également d’anticiper l’évolution de la menace sur le territoire national.

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