Division technique (D.T.)
- Par la rédaction du site GIGN
- Publié le 31 mars 2025, mis à jour le 01 avril 2025

Regroupant tous les services spécialisés sous un même commandement, la D.T. permet une complémentarité approfondie des moyens.
Composés de militaires experts, dotés de compétences techniques spécifiques, ses moyens peuvent être engagés sur le territoire métropolitain, dans les DROM-COM et dans le cadre d’Opérations extérieures (OPEX). Les capacités rares à forte valeur ajoutée qu’elle regroupe peuvent être mises en œuvre au profit des différentes forces mais également en autonomie, pour le GIGN ou d’autres services de la gendarmerie ou de l’État.
La section des moyens spéciaux
Difficile de réaliser une mission sans avoir de capacités techniques ! Qu’il s’agisse de la F.I., de la FOR ou de la FSP, toutes bénéficient du concours de la Section des moyens spéciaux (SMS), qui met à leur disposition les moyens techniques pour la réussite
de leur mission. Au sein de la section, les treize militaires sont des opérationnels. Soumis aux mêmes tests et au même stage probatoire, ils suivent ensuite la formation d’équipier avec, en plus, un module technique de six mois. Ce cursus fait de la section une capacité unique, puisque ses militaires sont les seuls techniciens opérationnels exerçant dans ce cadre en gendarmerie.
Être affecté aux moyens spéciaux, c’est faire partie des colonnes d’assaut. Chaque semaine, quatre militaires sont d’astreinte, dont un intègre l’alerte 1 de la F.I., aux fins d’acquisition du renseignement directement sur la zone de crise. Leur mission est primordiale.
Ils peuvent également travailler au profit de la FOR pour capter le renseignement qui sera ensuite intégré à la procédure. Sous couvert de la FOR, responsable du volet
tactique, les techniciens de la SMS vont pouvoir réaliser la pose de capteurs, audio ou vidéo, comme le prévoit la loi Perben II, ainsi que la loi Renseignement. Ces dernières permettent en effet aux services de police et de gendarmerie de poser des dispositifs
d’écoute dans les véhicules et les domiciles privés, en vue d’inculper l’auteur de criminalité organisée ou de terrorisme.
Quant à l’appui à la FSP, il engendre des départs en opérations extérieures, lors de l’ouverture de mission par exemple, où les experts déploient des mesures de sécurité passive pour le bâtiment. La réalisation de ces missions est rendue possible grâce à la détention de capacités et de moyens sans commune mesure.
Drones de toutes tailles, robots capables de progresser dans des milieux escarpés, micros, caméras… Les locaux de la SMS regorgent de matériels à la pointe de la technologie. Capables de réaliser des images nettes, de jour comme de nuit, à plusieurs kilomètres, d’agir sur les communications ou encore de prendre en compte des compartiments de terrain sans exposer de personnels, ces capacités permettent l’acquisition de renseignement en toutes circonstances, dans tout milieu.
La cellule intrusion opérationnelle
La Cellule intrusion opérationnelle (CIO) est en charge de l’ouverture, en discrétion,
des portes, cadenas ou autres systèmes d’ouverture.
L’action de la CIO vient généralement en appui de celle des forces opérationnelles. Lors d’opérations avec la Force intervention (F.I.), elle va permettre aux militaires de progresser discrètement, facilitant ainsi l’approche. Pour cette raison, on parle « d’ouverture fine », par opposition à « l’ouverture chaude », qui se réalise à l’aide d’explosifs. La CIO intervient également au profit de la Force observation recherche (FOR), pour lui permettre de mettre en place des capteurs qui permettront l’acquisition technique de renseignements.
En parallèle, ces spécialistes de l’effraction froide peuvent également être amenés à agir en autonomie, au profit d’autres entités, telles que les Groupes d’observation et de surveillance (GOS) régionaux. Dans tous les cas, toutes leurs actions se fondent sur un socle juridique, qu’il soit judiciaire (loi Perben II) ou administratif (techniques de recueil du renseignement).
La cellule innovation prospective
Avec un ingénieur de la Direction générale de l’armement (DGA) à sa tête, la Cellule innovation prospective (CIP) comprend également deux personnels du groupe et de deux stagiaires polytechniciens. De l’armement à la guerre électronique, en passant par la protection des opérationnels, les militaires qui la composent suivent toutes les innovations susceptibles de faciliter ou d’améliorer l’action de l’unité, à travers une veille technologique.
Au-delà de cette veille, l’objectif est de proposer des solutions développées en interne ou en partenariat direct avec des industriels. « Dans toutes les forces, des militaires font encore de la prospective. La CIP centralise l’ensemble et le met ensuite en forme. Elle travaille en lien étroit avec l’opérationnel. » La solution à une problématique est en effet identifiée en lien avec les « OPS », car elle doit correspondre à leurs besoins. C’est ainsi que, parmi la centaine de projets actuels, l’exosquelette a vu le jour au GIGN.
Partant du constat que le matériel porté par les équipiers avait un poids conséquent et qu’ils le gardaient souvent plusieurs heures sur eux, la cellule a prospecté afin de trouver un moyen d’alléger la charge et donc d’assurer la longévité de la mission. La cellule interagit également avec la Cellule intégration conception opérationnelle (CICO), qui peut mettre en œuvre les innovations développées.
La section guerre électronique
Spécialistes des télécommunications opérationnelles, les militaires de la section guerre électronique ont la particularité d’être projetables sur le terrain, en appui des autres forces. À ce titre, ils ont tous suivi la formation « Intervention spécialisée » de huit
semaines. Lorsqu’ils sont intégrés à la colonne d’assaut de la F.I., leur objectif est d’optimiser les transmissions, en interne et en externe, et de faciliter les communications avec les postes de commandement mobiles et éloignés. Ils agissent pour permettre l’interopérabilité entre les différents intervenants sur une situation de crise.
Grâce à leur action, les échanges sont garantis en toutes circonstances, même dans les zones dites « blanches ». Disposant d’un drone de mapping, ils réalisent également des cartographies en temps réel, en deux ou trois dimensions. Un véritable avantage tactique pour le chef de l’opération, qui peut ainsi construire sa manœuvre et repérer la position de ses différents éléments.
La mise en œuvre des contre-mesures électroniques fait aussi partie des missions de la section guerre électronique. Il s’agit de protéger les capacités techniques amies et les unités contre la menace explosive commandée à distance, ainsi que de garantir la confidentialité des échanges et d’empêcher la fuite de données.
Pour réaliser l’ensemble de ses missions, la section dispose de matériels bien spécifiques. Dans les garages du groupe, un imposant camion leur appartient. À l’intérieur, se trouve tout le matériel leur permettant de mettre sur pied un poste de commandement quel que soit le lieu, comme dans une école à Gréolières, lors de la traque d’un individu dans les Alpes-Maritimes en juillet 2021.
La section appui / soutien technique (SAST)
Unité complètement intégrée, le GIGN dispose de ses propres services de soutien et d’appui. Ainsi, au sein de la D.T, le magasin, la Cellule technique d'adaptation opérationnelle (CTAO) et la cellule infrastructure service numérique mettent leurs capacités au profit de l’ensemble du groupe.
La cellule infrastructure service numérique (CISN)
La technologie fait aujourd’hui partie intégrante de l’activité de la gendarmerie, GIGN compris. Pour cette unité unique en son genre, dont les missions ne peuvent être réalisées par d’autres, impossible d’imaginer qu’une panne technique puisse neutraliser son action.
La Cellule technique d'adaptation opérationnelle (CTAO)
Couture, métallurgie, travail du bois et des composites, ou encore peinture n’ont pas de secrets pour les trois gendarmes de la CTAO. Dans leur atelier, ils sont capables de créer ou de reproduire n’importe quel objet, pour contribuer aux missions des opérationnels des trois forces et de la D.T. Experts dans le domaine du camouflage et de l’intégration de capteurs, ils produisent un vrai travail de précision car, de l’extérieur, rien ne doit laisser penser qu’il s’agit de faux matériels. La forme, la texture et même le poids doivent être fidèles à l’original ! Le lien avec les experts de la SMS est étroit. Ces derniers choisissent les moyens à mettre en œuvre et la CTAO réalise l’enveloppe qui permettra de les dissimuler, quel que soit le milieu dans lequel ils sont destinés à être placés. À cet effet, la cellule dispose d’un véhicule atelier permettant de réaliser des intégrations directement sur site. Ces militaires conçoivent ainsi toutes sortes de prototypes ou améliorent des matériels existants en vue de répondre aux besoins missionnels. Leurs compétences dans l’impression 3D et la Conception assistée par ordinateur décuplent les capacités techniques de la cellule.
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