Le colonel Benoît Villeminoz prend officiellement le commandement du GIGN

  • Par le commandant Céline Morin
  • Publié le 12 décembre 2025, mis à jour le 12 décembre 2025
© SIRPA-G - MAJ F. Bourdeau

Ce vendredi 12 décembre 2025, le colonel Benoît Villeminoz, nommé le 1ᵉʳ novembre dernier à la tête du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), s’est officiellement vu confier le commandement de l’unité lors d’une cérémonie militaire présidée par le ministre de l’Intérieur, M. Laurent Nuñez, en présence du Directeur général de la Gendarmerie nationale, le général d’armée Hubert Bonneau, et du Préfet des Yvelines, M. Frédéric Rose.

Ce vendredi 12 décembre 2025 au petit matin, dans la brume hivernale recouvrant le plateau de Satory, la place d’armes de la caserne Pasquier a accueilli la cérémonie militaire marquant la prise de commandement officielle du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) par le colonel Benoît Villeminoz. L’événement s’est déroulé sous la présidence du ministre de l’Intérieur, M. Laurent Nuñez, en présence du Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN), le général d’armée Hubert Bonneau, et du Préfet des Yvelines, M. Frédéric Rose.

L’inspection des troupes, placées sous les ordres du colonel Yannick Vidal, commandant en second du GIGN, et composées de neuf détachements du GIGN ainsi que de la musique de la Garde républicaine, a traditionnellement ouvert cette cérémonie, suivie des honneurs au drapeau, avant que le ministre et le DGGN ne passent à leur tour les troupes en revue. 

Puis, dix décorations (deux médailles militaires, deux Croix de la valeur militaire échelon bronze, quatre médailles de la gendarmerie nationale étoile de bronze et deux médailles d’or de la défense nationale étoile de bronze) ont été remises par le ministre et le DGGN à des sous-officiers et à un officier issus de la force intervention, de la force observation-recherche, de la force sécurité protection, de la cellule nationale de négociation, du groupe appui cynophile, de la division technique, ainsi que de l’AGIGN de Dijon. Ces distinctions viennent saluer leur engagement dans leur cœur de métier respectif ainsi que des actions d’éclat menées en métropole, outre-mer ou sur des théâtres d’opérations extérieures.

Enfin, devant les troupes rassemblées et les nombreuses autorités civiles et militaires présentes, le colonel Benoît Villeminoz s’est officiellement vu remettre le commandement du GIGN par le DGGN selon la formule consacrée, avant de recevoir de ses mains le drapeau de l’unité, symbole d’identité, de cohésion et d’engagement.

« Un chef militaire aguerri, un homme d'action et de réflexion, un militaire d'autorité, d'expérience et de sang froid »

À l’issue de la prise d’armes, le DGGN et le ministre de l’Intérieur ont pris la parole devant les nombreux membres du GIGN et invités réunis dans les garages de l’unité. 

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« Le groupe, comme on dit chez nous, a désormais un nouveau chef à sa tête. Comme vous le savez, c'est toujours un moment extrêmement important dans la vie d'une unité mais aussi pour un chef que d'être installé, a souligné en préambule le général d’armée Bonneau. Le colonel Benoît Villeminoz est un grand professionnel, un chef militaire aguerri, un homme d'action et de réflexion, un militaire d'autorité, d'expérience et de sang froid. Il connaît très bien le GIGN, où il a déjà servi durant plusieurs années. Il est également riche de tout son parcours en gendarmerie, en unité territoriale comme à la direction générale de la gendarmerie. Je sais qu'il saura guider et commander le GIGN avec toute l'excellence requise. Le colonel Villeminoz a toute ma confiance, tout mon soutien dans l'accomplissement de sa mission. »

Dans son allocution, le ministre est quant à lui revenu plus longuement sur le parcours du colonel Villeminoz, notamment au sein du GIGN, rappelant à cette occasion plusieurs opérations marquantes auxquelles il a participé, comme la libération des otages du Ponant ou de l’assaut donné sur l’imprimerie de Dammartin-en-Goële marquant la fin de la traque des terroristes de Charlie Hebdo. « Servir le GIGN, c'est s'engager pour la vie. Mon colonel, depuis plus de 20 ans, servir le GIGN est l'engagement de la vôtre. Et puisque votre maxime de vie se faisait si justement l'écho de la devise du groupe, c'est que l'heure était venue de vous mettre à sa tête. C'est désormais chose faite. Vous prenez aujourd'hui le commandement du GIGN avec toute la légitimité du chef qui a l'expérience du terrain sur lequel il envoie ses hommes et la parfaite connaissance de la maison dont il détient les clés. L'autorité est toujours directe quand elle est naturelle », a déclaré Laurent Nuñez à l’attention du colonel Villeminoz, avant de souligner lui confier ce commandement « avec beaucoup de confiance. […] Au GIGN, la confiance est aussi un témoignage essentiel. C'est celle que placent entre eux ses frères d'armes. [...] Cette confiance totale ne peut s’accorder qu’à ceux dont on ne doute ni de l'excellence ni de la valeur. C'est la confiance réservée à l'élite. C'est celle que votre ministre place aujourd'hui en vous, mon colonel, comme en chacun des membres du GIGN. Qu’elle vous serve simplement à diriger avec rigueur et humilité ce millier d'hommes et de femmes qui ont choisi le don d'eux-mêmes, et puisqu'ils sont prêts à tout, menez-les au meilleur et donnez-leur tout autant. »

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Un parcours opérationnel marqué par l’engagement

Nommé à la tête du GIGN le 1ᵉʳ novembre 2025, le colonel Benoît Villeminoz retrouve une unité qu’il connaît intimement pour y avoir exercé les fonctions de chef de section au sein de la Force intervention (2004-2011), puis de chef d’état-major opérationnel (2014-2018). Cette nomination constitue une nouvelle étape dans un parcours riche, alternant commandements opérationnels au sein du GIGN, responsabilités en gendarmerie mobile et départementale, ainsi que fonctions stratégiques en administration centrale.

Le colonel Villeminoz est désormais à la tête des 1 000 femmes et hommes qui composent l’unité d’élite de la gendarmerie, en métropole comme en outre-mer. Les missions du GIGN s’articulent autour de trois métiers du haut du spectre : l’intervention, l’acquisition du renseignement et la protection de personnalités exposées, essentiellement des consuls et des ambassadeurs, notamment dans les pays où les intérêts français sont particulièrement menacés. À ce titre, le Groupe est aujourd’hui présent sur onze théâtres, dont l’Irak, la Libye et l’Ukraine.

En 2024, le GIGN central et ses quatorze antennes (sept en métropole et sept en outre-mer) ont réalisé 3 335 engagements, aboutissant notamment à 1 100 interpellations (+27 % par rapport à 2023), un forcené neutralisé chaque semaine, huit affaires d’enlèvements et la libération de 28 otages. Une activité intense qui s’est poursuivie en 2025, marquée notamment par de nouveaux enlèvements, dont certains liés au milieu de la cryptomonnaie, à l’image de l’affaire Ledger en janvier 2025.

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