Le contrôle des flux : un héritage historique, une ambition renouvelée

  • Par LCL Nicolas TASSET
  • Publié le 09 septembre 2025
La photo représente un contrôle routier mis en place à une barrière de péage. Les gendarmes contrôlent un véhicule gris qu'ils ont arrêté.
© SIRPA-G / MDC Brice LAPOINTE

La gendarmerie a toujours su adapter ses modes d’action pour protéger les personnes et les biens en luttant contre la délinquance par la maîtrise des flux. Aujourd’hui, le contrôle des flux, jusque dans la profondeur des territoires, est plus que jamais au cœur de son action, et ce dans tous les milieux (numériques et physiques, terrestres, maritimes, fluviaux ou aériens). Avec la création des Escadrons départementaux de contrôle des flux (EDCF), la gendarmerie élargit ainsi son champ d’action à tous les vecteurs de mobilité, s'inscrivant dans une approche plus globale de lutte contre toutes les menaces, notamment la criminalité organisée et la délinquance sous toutes ses formes.

Depuis ses origines, la gendarmerie a su conjuguer tradition et adaptation. Dès le XVIᵉ siècle, les chevauchées de la maréchaussée sillonnent les grands chemins pour traquer les bandits, protéger les voyageurs et sécuriser les échanges commerciaux. Aux ponts, aux relais de poste ou aux entrées des villes, le contrôle des passages est déjà une arme contre l’insécurité. Cette mission, reprise au fil des siècles sous différentes formes – police de la voirie et du roulage, police spéciale de la route dès 1928, puis lutte contre l’insécurité routière avec les Escadrons départementaux de sécurité routière (EDSR) – a toujours eu un objectif unique : lutter contre la délinquance et protéger les personnes et les biens par la maîtrise des flux.

Or, la mobilité des personnes et des marchandises ne cesse d'évoluer. Les réseaux de transport se sont densifiés, les modes de déplacement se sont diversifiés et la criminalité itinérante exploite ces nouvelles opportunités. Aujourd’hui, le contrôle des flux est plus que jamais au cœur de notre action. Il ne s’agit pas seulement de surveiller un axe ou un point de passage, mais d’agir dans la profondeur des territoires, en cherchant le renseignement et en coordonnant les actions, pour détecter, entraver et neutraliser les flux délinquants dans tous les milieux, numériques et physiques, terrestres, maritimes, fluviaux ou aériens.

Le contrôle des flux : l'affaire de tous

Le contrôle des flux n’est pas l’apanage des seules unités spécialisées. Il engage l’ensemble des forces de la gendarmerie : brigades territoriales, pelotons motorisés, pelotons de surveillance et d’intervention de gendarmerie, brigades nautiques et fluviales, unités de recherches, etc. Chaque contact pris sur le terrain, chaque contrôle, chaque observation est potentiellement une pièce du puzzle qui permettra de cibler un réseau criminel. C’est pourquoi cette mission est et sera toujours l’affaire de tous.

Un modèle qui se transforme

Pour renforcer notre efficacité face aux menaces actuelles, les Escadrons départementaux de sécurité routière (EDSR) vont évoluer pour devenir des Escadrons départementaux de contrôle des flux (EDCF). Ce changement de dénomination qui interviendra dès le 1er octobre 2025 ne signifie naturellement pas l’abandon de la sécurité routière. Il traduit un élargissement du champ des missions couvertes, qui seront conduites selon une approche visant l’ensemble des vecteurs de transport (routier, ferroviaire, fluvial et maritime) et s’inscriront dans une dynamique plus globale de lutte contre toutes les menaces, notamment la criminalité organisée et la délinquance sous toutes ses formes. Cette transformation en appelle d’autres, et les brigades nautiques et fluviales seront pleinement intégrées à la manœuvre pour agir sur les flux criminels par voie d’eau et sécuriser les littoraux.

Les EDCF regrouperont et coordonneront ainsi les moyens spécialisés des groupements de gendarmerie départementale dans le contrôle des flux. Cette centralisation à la main des commandants d'EDCF permettra une réactivité accrue et une meilleure couverture des points de passage stratégiques.

Pour les futurs EDCF, la réforme représente une opportunité : celle de conserver leur expertise reconnue tout en élargissant leur champ d’action et leur employabilité. Pour les brigades nautiques et fluviales, c’est la perspective de s’inscrire dans un dispositif national plus cohérent et plus visible. Pour les unités généralistes, c’est l’assurance de bénéficier d’un appui technique et opérationnel capable de peser dans la lutte contre toutes les formes de criminalité.

Un engagement commun, une même finalité

Dans ce modèle, le contrôle des flux et dans la profondeur des territoires est plus que jamais une culture partagée. En assurant une présence sur tous les vecteurs de mobilité et en coordonnant nos actions, nous renforçons notre capacité à frapper les réseaux à la source. Ce maillage national, appuyé sur notre couverture territoriale et notre capacité d’analyse, constitue notre force. 

Du contrôle des ponts au XVIIᵉ siècle à la surveillance des grands nœuds autoroutiers aujourd’hui, notre mission reste immuable : garantir la liberté et la sécurité des déplacements, pour les citoyens comme pour l’économie. Demain, avec les EDCF, elle sera portée par un outil modernisé, intégré et agile. Mais elle continuera, comme hier, à reposer sur un principe simple : chaque gendarme, quelle que soit sa fonction, est un acteur du contrôle des flux.


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