Une aventure unique au cœur de la jungle guyanaise entre un père et son fils – la préparation

  • Par le chef d'escadron Romain Bastet
  • Publié le 20 juin 2026

À gauche, le major Jérôme. À droite, le lieutenant Esteban. 

© FAG/9e RIMa

En Guyane, le major Jérôme, gradé en gendarmerie mobile, et son fils, Esteban, lieutenant d’infanterie, se retrouvent unis par le hasard des affectations. Ils partageront l’enfer vert pour lutter contre l’orpaillage illégal. Nous les avons rencontrés avant leur départ.

Dans l’enfer vert de la forêt guyanaise, là où l’humidité sature l’air et où la canopée dévore la lumière, la mission Harpie impose un rythme harassant aux forces engagées. Dans ce milieu hostile, le hasard a organisé une situation aussi incroyable qu’improbable : Jérôme, major au sein d’un escadron de gendarmerie mobile, et son fils Esteban, lieutenant d’infanterie, se retrouvent engagés côte à côte pour lutter contre l’orpaillage illégal.

L’été 2025 marque un tournant pour le major Jérôme et le lieutenant Esteban. Le premier, adjoint au commandant de peloton au sein d’un escadron de gendarmerie mobile, découvre avec surprise que son fils, chef de section dans un régiment de l’armée de Terre, sera déployé en même temps que lui en Guyane. Quand la confirmation tombe, l’incrédulité laisse place à une émotion intense. « La probabilité pour qu'on tombe sur la même période sur cette mission était quand même assez infime je pense. Au début, je n'y croyais pas, explique le major Jérôme. Quelque part, nous faisons chacun ce que j’appelle un métier passion. On aime le métier qu’on fait. C’est la quatrième fois que je réalise une mission en Guyane, mais c’est la première fois que j’y serai pour la mission Harpie. En tant que gendarme mobile, faire une carrière sans réaliser la mission Harpie aurait eu un goût d’inachevé. Mais pouvoir partager ça, maintenant, avec son fils... c’est indescriptible », poursuit-il. Le lieutenant Esteban, lui, se souvient d’une randonnée vers le Mont-Perdu, dans les Pyrénées, alors qu’il n’avait que 14 ans. « Mon père m’avait dit qu’il n’avait jamais pu faire ce genre de choses avec le sien. Ce moment m’a marqué. Aujourd’hui, partager cette mission ensemble, c’est une chance unique. »

À la fois opération de police judiciaire et de police administrative, la mission Harpie est conduite par la Gendarmerie nationale avec l’appui des Forces armées en Guyane (FAG). Pour l’occasion, le major Jérôme sera commandant du Détachement intervention orpaillage (DIO) de Maripasoula. En mission de courte durée à la 2e compagnie du 9e Régiment d’Infanterie de Marine (9e RIMa), la section du lieutenant Esteban a quant à elle reçu pour mission d’appuyer les gendarmes sur le secteur de Maripasoula lors des opérations de Lutte contre l’orpaillage illégal (LCOI).

Avant l’enfer vert, la boue de Canjuers

La rencontre opérationnelle n’a pas attendu la Guyane. Plusieurs semaines avant leur déploiement, les deux hommes se retrouvent au Détachement d’appui opérationnel (DAO) de Canjuers. Pendant une semaine, gendarmes mobiles et fantassins s’entraînent ensemble, préparant une mission hors du commun. Pour le major Jérôme et le lieutenant Esteban, cette collaboration professionnelle est facilitée par une complicité unique : celle d’un père et d’un fils qui se connaissent par cœur.

Le lieutenant Esteban, déjà rompu aux rigueurs de la jungle après un stage au Centre d’entraînement en forêt équatoriale (CEFE), apporte son expérience du terrain. Le major Jérôme, fort de vingt-cinq ans de carrière en gendarmerie mobile, partage ses conseils avisés. Ensemble, ils enchaînent les phases d’instruction : installation de bivouacs, infiltrations nocturnes, maîtrise du cadre légal, séances de tir et mises en situation.

© D.R.

« Se surpasser autrement »

À la question de savoir ce que représente cette mission pour eux, le lieutenant Esteban répond sans hésiter : « C’est dimensionnant et engageant. Un fils veut toujours rendre son père fier. En tant que chef de section, j’ai déjà une trentaine de soldats qui comptent sur moi, mais le regard de mon père… c’est différent. Ça pousse à se surpasser autrement. »

Pour le major Jérôme, « c’est un peu un aboutissement. Je passe le flambeau, en quelque sorte. Mais surtout, c’est de la Fierté, avec un grand « F ». Voir mon fils grandir, réussir, s’épanouir, et aujourd’hui commander une section, c’est magnifique. » Le lieutenant Esteban, taquin, ajoute : « Et il le dit avec les yeux un peu mouillés, mais c’est sûrement à cause de la pluie guyanaise. »

Bien que baigné dans le bleu de la gendarmerie, le lieutenant Esteban a choisi le kaki de l'infanterie. Après un passage par le Prytanée national militaire, il a tracé sa propre voie, tout en restant fidèle aux valeurs insufflées par son père.

Dans quelques jours, ils fouleront ensemble le sol de Maripasoula.

© FAG/9e RIMa

Contacter la gendarmerie

Numéros d'urgence

  • Police - Gendarmerie : 17
  • Pompier : 18
  • Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU) : 15
  • Urgence Europe : 112

Sécurité et écoute

  • Enfance en danger : 119
  • Violences conjugales : 39 19
  • Maltraitance personnes âgées ou en situation de handicap : 39 77

Ces contenus peuvent vous intéresser