L’adjudante Maëva, première femme plongeur en Gendarmerie maritime

  • Par Hélène THIN
  • Publié le 22 avril 2026
© SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER

Plongeur de bord depuis 2013, Maëva est aujourd’hui affectée au Centre national d’instruction de la Gendarmerie Maritime (CNIGM), à Toulon. Portrait d’une militaire guidée par la passion et le sens de l’engagement.

Lorsque Maëva devient plongeur, en 2013, elle est alors la première femme à acquérir cette qualification en Gendarmerie maritime. Née à La Réunion, il y a 36 ans, elle a grandi le cœur tourné vers la mer. Après avoir quitté son île natale, elle s’établit en métropole et réside tour à tour dans différentes régions, au gré des affectations de son père, lui aussi gendarme. Une fois son bac littéraire en poche, Maëva se tourne naturellement vers la gendarmerie. Elle intègre l’Institution en 2011, en tant que Gendarme adjoint volontaire (GAV). Au sortir de l’école de Montluçon (Allier), où elle suit sa formation initiale, Maëva rejoint le Peloton de sûreté maritime et portuaire (PSMP) de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône). En 2013, elle décroche la qualification de plongeur de bord. Direction Saint-Mandrier-sur-Mer (Var), pour y faire l’apprentissage du métier au sein de l’école de plongée ECOPLONG. Les techniques de plongée en autonomie jusqu’à 35 mètres de profondeur lui sont enseignées durant cinq semaines, la préparant à la conduite d'opérations diverses en milieu subaquatique : intervention sous coque de navire, recherche de matériel ou de corps, inspection du fond sous-marin… La validation de cette nouvelle qualification représente pour elle un aboutissement. « J’ai toujours voulu être plongeur. C’est dans cette optique que j’ai intégré la Gendarmerie nationale. J’ai la chance d’exercer un métier passion dans une Institution qui m’est chère. »

Manche, Atlantique, Méditerranée… de nombreux engagements sur plusieurs façades maritimes

À l’issue de cette formation, la jeune militaire répond à un appel à volontaires, portée par l’envie d’élargir ses horizons. C’est ainsi qu’elle embarque à bord d’une Vedette côtière de surveillance maritime et portuaire (VCSM) P617 Vésubie, qui patrouille en Méditerranée. Alors affectée à la Brigade de Gendarmerie maritime (BGMAR) P617 de Nice, elle prépare en parallèle le concours de sous-officier de gendarmerie, qu’elle passe avec succès. Elle quitte les rives de la Grande Bleue en juin 2014, pour rejoindre l’école de Châteaulin (Bretagne). 

Diplômée en mars 2015, elle est affectée au Peloton de sûreté maritime et portuaire militaire (PSMPM) de Cherbourg-en-Cotentin (Manche). Elle passe six ans et demi au sein de cette unité, au cœur de l’une des trois bases navales que compte la France métropolitaine. « Ce fut une très belle expérience ! J’ai pu passer de nombreuses qualifications auxquelles je n’avais pas accès en tant que GAV », confie-t-elle. Pilote d’embarcation Gendarmerie de niveau 2 (PEG2), Pilote opérationnel d’embarcation (POE), Officier de police judiciaire (OPJ), police en mer, police des pêches, sûreté maritime et portuaire, « Reco-NEDEX » (détection d’explosifs), fraude documentaire, anglais maritime… Maëva poursuit sa montée en compétences et engrange de nombreuses qualifications. Elle acquiert bientôt celle d’enquêteur subaquatique, décernée par le Centre national d’instruction nautique de la Gendarmerie d’Antibes.

Elle quitte finalement l’arsenal de Cherbourg en 2021, pour rejoindre le Peloton de sûreté maritime et portuaire (PSMP) de Saint-Nazaire, sur la façade Atlantique du pays. Nouvelle expérience de quatre ans, durant lesquels ses missions la conduisent de Saint-Malo à Bayonne. 
« La technicité de plongeur en Gendarmerie maritime couvre un large spectre missionnel. Nous sommes ainsi chargés de l’inspection des coques de navires de commerce du monde entier, venant s’amarrer le long des quais français, pour y détecter la présence de produits stupéfiants ou explosifs. J’ai également pris part à de nombreuses enquêtes judiciaires subaquatiques. Le travail en équipe est un autre point crucial de ce métier. Nous plongeons toujours à plusieurs, au minimum à deux, en raison des risques liés à notre activité. Mais nous sommes souvent plus nombreux, selon l’importance de la mission. Toute plongée s’effectue sous la responsabilité d’un chef de palanquée, chargé de la distribution des rôles et du bon déroulement de la manœuvre. La sécurité est au centre de chacune de nos interventions. »

Unités spécialisées, les Pelotons de sécurité maritime et portuaire (PSMP) ont été créés après les attentats du 11 septembre 2001, pour lutter contre la menace terroriste. Point d’intérêt à la fois maritime et terrestre, le transport maritime et les ports sont une cible à protéger. Les PSMP ont pour mission d’assurer la surveillance et la sécurisation des espaces portuaires. Ils sont notamment dotés de moyens nautiques spécifiques, de plongeurs spécialisés en recherche de produits explosifs et d’équipes cynophiles. Le premier PSMP a vu le jour en 2006 dans le port du Havre.

Le goût du terrain

L’année 2025 marque un changement de cap pour Maëva. Affectée au Centre national d’instruction de la Gendarmerie Maritime (CNIGM), elle rejoint la capitale varoise au cours de l’été. Spécialement dédié à la formation et à l’entraînement des militaires servant en Gendarmerie maritime ou au sein des unités nautiques, le centre accueille chaque année environ 500 stagiaires. Dans ce lieu d’excellence, creuset de la formation de ces militaires, Maëva est adjointe à la cellule navigation et instructrice en navigation. « J’avais besoin d’autre chose ! Au CNIGM, j’apprends chaque jour auprès de mes camarades, dans une atmosphère stimulante et bienveillante. » 

Cette nouvelle expérience est pour elle l’occasion de transmettre à son tour les compétences acquises sur le terrain au fil de ses affectations. Elle plonge désormais de manière épisodique pour conserver sa qualification, laquelle exige le maintien de compétences techniques, ainsi qu’une condition physique optimale. Maëva réalise également quelques plongées d’entraînement au profit du CNIGM ou du PSMPM de Toulon. 

Toutes les missions auxquelles Maëva a participé au cours de sa carrière ont été riches en enseignements. Mais une se démarque de toutes les autres par son intensité. 
La mission « MAKO », du nom du requin le plus rapide au monde, a pour but de lutter contre la pêche illégale impactant les eaux françaises au large des côtes guyanaises, et provoquant l’amenuisement des ressources. Maëva y a pris part à deux reprises (2018 et 2019). Menée sous la direction de la Gendarmerie maritime, avec l’appui notamment des moyens aériens et maritimes des Forces armées en Guyane (FAG), cette opération coup de poing se déroule sur quatre semaines. « En 2019, la mission a eu lieu du côté brésilien. Ces opérations de haute intensité provoquent une forte adrénaline, et créent une solide cohésion au sein de l’équipe. »

Son avenir, Maëva l’imagine au plus près du terrain. « Mon rêve ? M’envoler pour la Corse ou les territoires d’Outre-mer, connus pour leurs eaux claires et chaudes. Le besoin d’un renouvellement perpétuel, tout en suivant mon mari, officier de Gendarmerie, avec lequel je souhaite partager cette prochaine mutation, ainsi que l’envie de découvrir d’autres contrées, d’autres cultures… Voilà ce qui me tient ! ».

La Gendarmerie maritime compte aujourd’hui une cinquantaine de plongeurs dans ses rangs, dont deux femmes (toutes deux formées à Saint-Mandrier-sur-Mer).

  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © Gendarmerie nationale
  • © Gendarmerie nationale
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © Gendarmerie nationale
  • © Gendarmerie nationale
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER
  • © SIRPA-G / ADJ Camille HAUTIER

 


Contacter la gendarmerie

Numéros d'urgence

  • Police - Gendarmerie : 17
  • Pompier : 18
  • Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU) : 15
  • Urgence Europe : 112

Sécurité et écoute

  • Enfance en danger : 119
  • Violences conjugales : 39 19
  • Maltraitance personnes âgées ou en situation de handicap : 39 77

Ces contenus peuvent vous intéresser