Dans l’ombre, la force du soutien : le maréchal des logis Victor, spécialiste affaires immobilières à la DEPAFI

  • Par ASP (R) Colombe DELONS
  • Publié le 12 août 2025
Le maréchal des logis Victor
© GEND / SIRPA / ASP ( R) C. DELONS

Rendre possible la construction ou la rénovation de casernes locatives, partout en France : c’est la mission du maréchal des logis Victor. Spécialiste en affaires immobilières, il travaille depuis 2021 au sein de la Section conduite des opérations locatives (SCOL) du Bureau des affaires immobilières Gendarmerie nationale (BAIGN), rattaché à la Direction de l’évaluation de la performance, de l’achat, des finances et de l’immobilier (DEPAFI). Un intitulé technique pour un métier concret, qui touche – à distance – à la vie quotidienne de milliers de gendarmes.

Avant de rejoindre la Gendarmerie nationale, le maréchal des logis Victor a vécu une première carrière militaire : cinq années chez les chasseurs alpins à Grenoble, où il a fini adjoint chef de groupe de combat. Il y découvre la vie en haute montagne, enchaîne stages commando, missions Vigipirate, et obtient le brevet d’alpinisme et de skieur militaire. Une vie intense, physique, enrichissante, mais éloignée de ses attaches familiales.

Des Alpes à l’immeuble Lumière à Paris

À 24 ans, il se réoriente et passe un BTS professions immobilières, en parallèle de sa dernière année de service. Diplômé en 2020, il intègre pendant un an une agence immobilière dans le civil, mais ne s’y épanouit pas. « Quand j’ai découvert le concours du Corps de soutien technique et administratif de la Gendarmerie nationale (CSTAGN) en spécialité affaires immobilières, j’ai vu l’opportunité parfaite de réunir mes deux premières vies. »

Rondache Affaires immobilières
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Concours réussi du premier coup, incorporation à Rochefort en mars 2021, puis six mois de spécialisation au Génie d’Angers. Le maréchal des logis Victor sort deuxième de sa promotion et choisit d’intégrer la Section conduite des opérations locatives (SCOL) du Bureau des affaires immobilières Gendarmerie nationale (BAIGN), où il œuvre depuis.

Installé dans le bâtiment Lumière, à Paris, le maréchal des logis Victor peut bénéficier jusqu’à deux jours de télétravail par semaine, avec les outils nécessaires (Ubiquity, Néogend). L’ambiance de bureau est sereine : « Il y a une super entente dans l’équipe. Tant que le travail est fait, on a une bonne autonomie d’organisation. »

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La SCOL est composée de trois CSTAGN, d’un agent civil et de deux officiers OCTA. Au début du mois d’août 2025, la SCOL gérait plus de 500 dossiers en simultané : constructions neuves, extensions, réhabilitations partielles. Dès qu’un besoin immobilier est validé par la Direction générale de la Gendarmerie nationale (nouvelle unité, caserne vétuste, relogement), le processus démarre.

Le maréchal des logis Victor intervient à partir de la phase de conduite des opérations locatives : lecture de plans, validation des dossiers techniques, coordination avec les échelons locaux, puis suivi administratif jusqu’à la clôture de la caserne. « Une fois qu’on a validé les plans, autorisé les travaux et lancé la construction, on continue à suivre le dossier jusqu’à la clôture. C’est un processus complet. »

Il est également référent national pour les subventions « décret 93 », accordées à certains bailleurs dans le cadre de constructions de casernes pour la gendarmerie. Chaque dossier demande rigueur, précision et vérifications multiples.

Son quotidien ? Répondre aux sollicitations par mail, rédiger des décisions, dématérialiser les dossiers via le logiciel Maarch Courrier, et échanger régulièrement avec les échelons locaux. Chaque dossier qu’il rédige est relu par ses chefs, puis validé par le Sous-directeur des affaires immobilières (SDAI), qui traite également ceux de ses homologues de la Police nationale.

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Une diversité de projets stimulante

Gérer des projets d’envergure à distance n’est pas toujours simple : « Le plus difficile, c’est de traiter des dossiers lourds sans jamais aller sur place. On doit se fier aux plans, aux photos, aux retours terrain. Une mauvaise lecture, une clause mal formulée, ça peut poser problème pour toute une unité. »

Le maréchal des logis Victor utilise souvent Google Maps pour mieux visualiser les terrains et les commodités alentour. Il reste attentif aux retours de terrain pour lever tout doute technique avant décision.

Malgré la technicité du poste, la diversité des projets le stimule : « Chaque caserne est différente, chaque terrain, chaque interlocuteur. Même si je fais les mêmes décisions, cela ne devient jamais redondant. »

Le maréchal des logis Victor a déposé une candidature pour un départ outre-mer en 2026, au sein d’un COMGEND, toujours dans la spécialité affaires immobilières. Une mission de trois ans, reconductible. Ensuite ? Il se verrait bien rejoindre un service affaires immobilières en échelon local, pour être plus proche du terrain.

Son conseil à un futur CSTAGN AI ? « Ce métier a tous les bons côtés de l’immobilier, sans les contraintes du privé. Pas de prospection, un salaire fixe, des congés, du sens, de la stabilité. Et puis, c’est un bon équilibre : rigueur, technique et camaraderie militaire. »

Un slogan pour faire la promotion de son unité ? « L'immobilier au service de la sécurité. »


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