Dans l’ombre, la force du soutien : l’adjudante Marine, cheffe secrétaire de la Force aérienne gendarmerie Sud

  • Par Colombe Delons
  • Publié le 20 juin 2025
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Cheffe secrétaire de la Force Aérienne gendarmerie Sud (FAG-S), à Hyères, depuis 2023, l’adjudante Marine travaille au quotidien aux côtés de quatre Opérateurs aéro-surveillance avitailleurs (OASA).

Âgée de 32 ans, l’adjudante Marine commence sa carrière en 2014 en tant que Gendarme adjoint volontaire - Agent de police judiciaire adjoint (GAV APJA) à la Gendarmerie des transports aériens (GTA). Une première immersion dans le monde aéronautique… qu’elle a rapidement retrouvé par la suite !

En 2017, elle intègre le Centre national de formation du corps de soutien technique et administratif de la gendarmerie nationale (CNFCSTAGN). À l’issue de sa formation, elle est affectée au cabinet de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Elle rejoint ensuite, en 2023, qu’elle rejoint les Forces aériennes de la Gendarmerie nationale (FAGN), sur la base de Hyères, à l’occasion d’une création de poste. Une affectation qui correspond tant à ses aspirations géographiques que missionnelles.

Aujourd’hui, elle est la seule CSTAGN de son unité, ce qui ne l’a pas empêchée de rapidement trouver ses marques et sa place au sein d’une équipe soudée aux côtés des quatre Opérateurs aéro-surveillance avitailleurs.

La FAG SUD est une force importante et dimensionnée

La FAG Sud comprend environ 75 personnels, répartis sur huit unités (Toulouse, Montpellier, Digne, Briançon, Hyères, Tarbes, Pamiers et Ajaccio), avec quatre spécialités principales : pilotes, mécaniciens (cellule moteur et avionique), et OASA. À cela s’ajoute une composante montagne, avec plusieurs unités formées et mobilisables en milieux difficiles.

Zoom sur le quotidien

« Dans les FAGN, il n’y a pas de journée type », relève l’adjudante Marine, qui gère toute la sphère RH de la force aérienne Sud : chancellerie, avancement, gestion de carrière, mais aussi la formation, domaine dense et technique : « On parle de centaines de formations différentes, avec un catalogue immense. C’est passionnant, et cela représente aussi une grosse charge de travail. »

Pour mener à bien cette mission exigeante, elle a dû se former, et a pu compter sur le soutien et l’aide précieuse de ses camarades : « Les OASA m’ont formée à la gestion RH des FAGN. J’ai tout appris grâce à eux. Quand je suis arrivée, je découvrais tout. Deux ans plus tard, j’apprends encore chaque jour et j’adore ça ! C’est beau de travailler avec des gens passionnés, qui ont à cœur de vous transmettre leur métier. »

Spécificité de son poste : elle dépend de deux structures administratives. Le Commandement des forces aériennes de la gendarmerie nationale (COMFAG) pour les ressources humaines, et la Région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) pour le budget et l’opérationnel.

Elle accompagne aussi régulièrement le commandant de force dans ses visites annuelles d’unités, en trinôme avec le conseiller concertation. « C’est essentiel pour le chef pour garder le lien avec ses personnels, pour les notations ou simplement pour les rencontrer, et dans la mesure du possible, j’ai la chance d’être associée à ses déplacements. C’est également très enrichissant pour moi car cela me permet de faire connaissance avec les personnes pour qui et avec qui je travaille au quotidien. »

Ce qui pique, ce qui brille

Travailler dans l’univers aéronautique n’est pas sans défis. « Le plus difficile, c’est le jargon, note l’adjudant Marine. Entre les termes techniques liés aux vols et à la mécanique, les machines… il faut du temps pour s’y retrouver ! Heureusement, mes collègues me traduisent leur jargon quand je suis perdue lorsqu’ils échangent entre eux. »

Mais ce contexte technique et opérationnel est aussi ce qu’elle apprécie le plus : « Ce qui a pu me manquer avant d’arriver à ce poste, c’était le terrain, l’opérationnel. Ici, je suis parfois directement sollicitée pour appuyer le commandement sur des missions concrètes. C’est ce que j’aime. »

Pendant la conférence des Nations unies sur l’Océan UNOC, qui s’est déroulée à Nice du 9 au 13 juin 2025, elle était par exemple en soutien de l’unité depuis Hyères, pendant que les équipes opérationnelles de la SAG Hyères étaient déployées sur site ; un rôle-clé pour anticiper et gérer les éventuels imprévus, notamment pour le convoyage de pièces pour d’éventuels remplacements.

Des expériences marquantes

Parfois, son engagement dépasse les murs du bureau. À plusieurs reprises, elle a ainsi servi de plastron pour les entraînements au treuillage, un rôle peu courant pour un CSTAGN. « J’ai eu la chance de participer à des exercices de treuillage à Tarbes et à Hyères. Et puis, mes camarades m’ont aussi fait quelques blagues, comme me déposer en pleine nature puis partir avec l’hélicoptère, me faire croire à une panne… avant de revenir me chercher au beau milieu de nulle part dix minutes plus tard ! »

Des instants de cohésion qui, pour elle, donnent tout son sens à son métier : « S’immerger permet de comprendre les missions de terrain, de s’intégrer pleinement dans l’unité, et d’en sortir grandie. »

Vision & avenir

Seule femme dans un univers masculin, et seule à ne pas être issue du milieu aéronautique, l’adjudante Marine a su gagner sa place par la montée en compétences et la détermination. « Mon commandant de force dit souvent que ce qui fait ma force, c’est mon caractère. Il faut savoir s’affirmer, être de bon conseil auprès de ses camarades, anticiper. On travaille beaucoup en autonomie, avec des imprévus liés à l’opérationnel. »

Elle espère rester encore quelques années à Hyères, avec un objectif en ligne de mire : passer le Brevet de cheffe de service (BCS) l’an prochain.

Et si l’expérimentation d’emploi de CSTAGN au sein des FAG venait à se généraliser ? « Je suis disponible pour échanger avec celles et ceux que ça intéresse. C’est une affectation exigeante, mais vraiment passionnante. »

Un slogan pour ton unité ? « Par mer, ciel et montagne, l'engagement au service de la vie et de la justice. ». Un slogan pour une unité polyvalente, mobilisée sur tous les terrains, avec une mission profondément humaine.

Un mot du Colonel Martin Patier – Commandant la Force Aérienne Gendarmerie Sud

« Appelé à commander la force aérienne sud il y a trois ans, j'ai immédiatement saisi l’intérêt de conduire dans mon unité l'expérimentation souhaitée par commandant des forces aériennes de la gendarmerie qui voulait à l'époque s'ouvrir davantage aux CMS pour permettre aux sous-officiers opérateur aéro surveillance de se recentrer sur leur cœur de mission: l'appui à la mise en œuvre des aéronefs. C'est à ce titre que j'ai reçu, à l'été 2023, le renfort de la maréchale des logis-cheffe Marine au sein du groupe commandement de l'unité. Sa formation rigoureuse ainsi que les expériences professionnelles acquises dans ses postes successifs lui ont permis de s'adapter très vite à un environnement très particulier. Les 75 militaires, très qualifiés et répartis dans huit unités aériennes implantés dans l'ensemble de la zone de défense et de sécurité sud, ont tout de suite saisis l'opportunité d'avoir un gestionnaire RH de proximité qui pouvait répondre à bons nombres de leurs interrogations et relayer ce qui méritait de l'être vers le bureau des ressources humaines du COMFAG. De même, l'état-major du COMFAG a rapidement mesuré l’intérêt d'avoir un interlocuteur bien identifié qui n'était pas soumis à un rythme de travail dépendant de l'activité opérationnelle de l'unité. Au-delà, prenant à sa charge une part importante des tâches administratives du groupe commandement, elle a permis à ses quatre camarades de l'unité de renforcer leurs compétences, en particulier dans les domaines du télépilotage des drones et de la retransmission d'images captées depuis un moyen aérien, habité ou non, et de réaliser davantage de missions au bénéfice des unités de gendarmerie départementale. Avec un recul de deux ans, je me félicite de la bonne intégration de cette militaire spécialiste du soutien RH et me réjouis de constater que loin de remplacer les SOG qui réalisaient son travail avant son arrivée, elle a permis d'enrichir l'unité en nous rendant plus efficaces, tant dans le domaine RH que dans les missions opérationnelles dans lesquelles ses camardes peuvent s'investir plus facilement. »

Pour aller plus loin

Le COMFAG, ce sont aussi 31 sous-officiers du CSTAGN affectés sur les différents sites, au sein desquels certains disposent de missions atypiques et parfois méconnues telles que les documentalistes (quatre sous-officiers) affectés au Département du maintien de la navigabilité du Centre national de maintenance aéronautique de la gendarmerie (CNAMAG). Ces personnels ont à leur charge le maintien à jour de la documentation, la mise à jour logiciel propre à la maintenance des aéronefs, la préparation des dossiers des visites périodiques ou encore le suivi des examens de navigabilité des aéronefs.
Un CSTAGN de la spécialité AEB (Auto-engins-blindés) est également affecté à la section atelier du CNAMAG. Plus communément appelé Choumac, il contribue aux réparations des aéronefs.


 


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