Cérémonie nationale d'hommage aux héros de la gendarmerie : deux militaires du PSIG de Chantilly décorés
- Par l'aspirante de réserve Colombe Delons
- Publié le 16 février 2026

Engagés en novembre 2024 lors d’une interpellation domiciliaire à haut risque dans le cadre d’un trafic de stupéfiants, les gendarmes Jason et Nicolas, du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Chantilly, ont fait face à un tir d’arme à feu. Le 16 février 2026, aux Célestins à Paris, ils recevront respectivement la médaille de la Gendarmerie nationale et la médaille d’or de la Défense nationale, lors de la cérémonie nationale d’hommage aux héros de la gendarmerie. Un moment de fierté, mais aussi de mémoire, placé sous le signe de la résilience.
Le gendarme Jason est affecté au Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Chantilly depuis juin 2024. Avant cela, il avait servi en brigade, après un premier passage en PSIG comme gendarme adjoint volontaire. « L’engagement, l’intervention, le collectif, résume-t-il. C’est un cadre qui me plaît ! »
Le gendarme Nicolas a suivi le même parcours avant de rejoindre le PSIG de Chantilly en septembre 2023. « Je voulais revenir en PSIG. C’est un environnement exigeant, mais c’est là que je me sens à ma place. »
Tous deux ont choisi une unité où l’engagement opérationnel est quotidien, où la cohésion fait la force, et où la résilience est une nécessité. Et bien que la moyenne d’âge au PSIG de Chantilly soit relativement peu élevée, « c’est une unité dynamique, au sein de laquelle on se soutient beaucoup. »
Novembre 2024 : face au feu
En novembre 2024, le PSIG de Chantilly est engagé dans le cadre d’une opération judiciaire coordonnée visant à interpeller, à son domicile, un individu impliqué dans un trafic de stupéfiants.
Le dispositif se met en place. Le gendarme Nicolas est en tête de colonne. Le gendarme Jason le suit.
« Nous nous sommes retrouvés avec le bélier derrière la porte quand l’individu a fait feu », relatent-ils.
Des copeaux de bois éclatent, projetés par l’impact de la balle. La cartouche passe à quelques centimètres seulement du visage du gendarme Nicolas. Immédiatement, le gendarme Jason riposte pour permettre à son camarade de s’extirper. Les deux militaires se retrouvent temporairement séparés. L’individu est retranché. « Une fois la riposte engagée, il n’y a plus que le cadre, les gestes, les procédures », expliquent-ils. À l’issue de cette intervention, aucun des deux gendarmes n’est blessé. Pour tous les deux, il s’agit d’un premier usage des armes en service.
Se préparer à l’imprévisible
Au PSIG, rien n’est laissé au hasard. La préparation mentale et physique est constante.
« Nous bénéficions d’instructions dispensées par les Moniteurs en intervention professionnelle (MIP). Ils veillent à ce que nous soyons toujours au plus haut niveau. » À cela s’ajoute un entraînement physique soutenu, y compris sur le temps personnel.
La préparation est aussi mentale. « On essaie d’anticiper toutes les éventualités. Dans ce cas précis, l’intervention était déjà particulière dès la phase de préparation. »
Le briefing est un moment clé. D’abord tactique, précis, méthodique. Puis, dans le véhicule, l’atmosphère évolue : « On échange, on essaie parfois de détendre l’atmosphère. Mais à l’approche de l’objectif, la concentration devient maximale. »
Le jour de l’opération, tous étaient « dedans », concentrés. La cohésion ne se décrète pas : elle se ressent.
Elle se construit notamment par le sport, notamment collectif, mais aussi par des moments informels. « On se rejoint en quartier libre, parfois avec les familles. » Cette solidarité constitue un socle. « Nous savons qu’il y aura toujours un camarade derrière nous en cas de besoin. » Une solidarité qui se retrouve avec les autres unités : « Quand nous arrivons en renfort, nos camarades de brigade sont souvent soulagés de nous voir. »
Résilience : au travail et à la maison
Ce lundi 16 février 2026, la cérémonie nationale d’hommage aux héros de la gendarmerie met en lumière la résilience des gendarmes… et de leurs familles
Le gendarme Jason est père de deux enfants, âgés d’un et trois ans. « Les missions, notamment les opérations judiciaires, commencent souvent très tôt. Il y a des quartiers libres et des temps de repos sacrifiés. C’est exigeant pour nous, mais aussi pour nos proches. » Sa conjointe assume elle aussi d’importantes responsabilités professionnelles, combinée aux siennes. « Elle me soutient énormément. Il y a une charge mentale et physique des deux côtés. »
Comment revient-on à une vie “normale” après avoir essuyé des tirs ? « Je garde totalement mon travail pour moi », confie le gendarme Jason. « Mon fils me voit en tenue et me pose des questions, mais je ne leur parle pas du danger. »
Le 16 février : fierté et mémoire
Ce 16 février 2026, aux Célestins à Paris, le gendarme Jason recevra la médaille de la Gendarmerie nationale et le gendarme Nicolas la médaille d’or de la Défense nationale. « Nous avons été surpris. Nous ne nous attendions pas à être récompensés à ce niveau-là », confie Jason. L’annonce a suscité une immense fierté, notamment au sein de leurs familles, qui seront présentes.
Chaque 16 février, la Gendarmerie nationale honore à la fois les absents et les vivants. Le gendarme Jason a connu des camarades décédés en service. « Cette journée me touche personnellement. C’est un moment de fierté, mais aussi un moment mémoriel. » Nicolas évoque l’« honneur » d’être mis en valeur lors d’une journée aussi symbolique.
Continuer, ensemble
Malgré les risques et la pression croissante sur les forces de sécurité, leur motivation demeure intacte. Tous deux souhaitent poursuivre leur carrière en PSIG, obtenir de nouvelles qualifications en intervention professionnelle et continuer à progresser au sein d’une unité où la cohésion est essentielle.
Quand le gendarme Jason et le gendarme Nicolas parlent de leur unité, ils évoquent d’abord la cohésion, la solidarité, la confiance entre camarades. Un mot revient fréquemment, comme un fil conducteur : la résilience.
Résilience opérationnelle, forgée dans l’entraînement et l’action.
Résilience collective, nourrie par la cohésion du groupe.
Résilience humaine, enfin, partagée avec les familles qui soutiennent, en silence.
Le 16 février, aux Célestins, au moment d’honorer les morts et de décorer les vivants, c’est aussi cette force silencieuse qui sera célébrée.
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