Les parcs ostréicoles du bassin d’Arcachon sous haute surveillance

  • Par la rédaction du site Gendinfo
  • Publié le 21 décembre 2022, mis à jour le 04 janvier 2023
© RGNA - D.REMBERT

En plein mois de décembre, c’est le calme absolu sur le Bassin, qui a retrouvé sa quiétude hivernale. Mais si les touristes ont déserté les plages et la jetée Thiers, les eaux continuent d’attirer, pour leur part, les délinquants. Il est 22 heures, et à la lumière de la pleine lune, trois gendarmes de la brigade nautique d’Arcachon embarquent à bord de leur vedette pour effectuer une surveillance autour des parcs ostréicoles du secteur. « En 2017, le temps d’une marée, un producteur s’est fait voler 7 tonnes d’huîtres dans ses parcs situés près du Cap Ferret. Un vol hors norme, qui nous a rappelé que cela pouvait être à tout moment. Pour prévenir ce type de fait, nous multiplions les patrouilles durant la saison, qui s’étend du mois d’octobre jusqu’aux fêtes », explique le major Jérôme Goussard, à la tête de l’unité. Un engagement qui semble payer puisque, depuis 2018, les vols sont restés rares et n’ont porté que sur quelques dizaines de poches.

© RGNA - D.REMBERT

Armés de jumelles à vision nocturne, les militaires observent les parcs qui entourent l’île aux Oiseaux et tentent d’y déceler d’éventuels intrus. Problème : comment distinguer le voleur de l’ostréiculteur ? « Pour voler, il faut s’y connaître. Être équipé, savoir où aller et quelles huîtres arrivent à maturité. Il n’est pas rare que l’auteur du vol soit un ostréiculteur voisin ou un ancien employé qui veut régler ses comptes ou sauver son chiffre d’affaires à la suite d’un pic de mortalité dans sa production, remarque le gradé. Il y a quelque temps, nous avons traité une enquête où un ostréiculteur avait été volé par un concurrent. L’un des employés de ce dernier l’a dénoncé après avoir remarqué la présence de poches différentes. En effet, même si plus de 300 ostréiculteurs possèdent des parcs dans le Bassin, leurs poches sont assez facilement identifiables grâce à leur couleur, la manière dont elles sont fermées ou même fixées. »

© RGNA - D.REMBERT

La patrouille nautique n’hésite donc pas à contrôler les professionnels qu’elle croise durant la nuit et en profite pour vérifier différents points clés : titre professionnel, liste d’équipage déclarée, dernière visite de sécurité du bateau, matériel de sécurité à bord, etc. « Sauf en cas de gros manquement, nous voulons surtout les sensibiliser et leur demandons de régulariser leur situation en nous envoyant la pièce manquante par mail. Ce contrôle, c’est aussi et surtout l’occasion d’une prise de contact afin de savoir s’ils sont impactés économiquement ou s’ils ont observé des phénomènes particuliers », reconnaît le major.

Au-delà des professionnels, il n’est pas rare que certains particuliers tentent de composer leur plateau de fruits de mer en venant se servir directement sur les parcelles des producteurs. « C’est notamment le cas autour du Cap Ferret, où les parcs demeurent facilement accessibles à marée basse. » Aussi, ce soir-là, lorsque les gendarmes remarquent des individus se déplaçant à la frontale sur une plage, ils n’hésitent pas à les contrôler et à s’assurer qu’ils se limitent bien à pêcher des vers de vase.

© RGNA - D.REMBERT

Si le plus gros de la production d’huîtres devrait être récolté avant Noël, l’action des gendarmes ne va pas s’arrêter là. « Le risque de vol se déporte ensuite du parcaux cabanes ostréicoles. Nous effectuons donc, là aussi, des patrouilles régulières et entrons en contact avec les quelques vigiles employés par le syndicat mixte des ostréiculteurs. Les services portuaires permettent également d’obtenir des renseignements, là où, sur l’eau, les producteurs ont moins le temps de converser. Ils savent que nous sommes là pour protéger leur filière et sont contents de nous voir ! »

Cette patrouille nocturne se termine. Rien à signaler ! Du Bassin à l’assiette, les huîtres devraient, d’ici quelques jours, régaler bien des papilles !

Ces contenus peuvent vous intéresser

Numéros d'urgence

  • Police - Gendarmerie : 17
  • Pompier : 18
  • Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU) : 15
  • Sourds et malentendants : www.urgence114.fr ou 114 par SMS
  • Urgence Europe : 112

Sécurité et écoute

  • Enfance en danger : 119
  • Violences conjugales : 39 19
  • Maltraitance personnes âgées ou en situation de handicap : 39 77